Raz Simone – Cognitive Dissonance

In Chroniques by Nicolas Comments

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Raz Simone, le nom ne vous dit rien ? Pourtant, son clip Bow Down a été disséqué dans nos colonnes, on note un sérieux manque d’attention chez ceux du fond, là ! L’originalité de l’œuvre, tant visuelle que musicale, nous a donné envie d’aller creuser un peu plus profondément sur ce rappeur de Seattle. Pour en ressortir avec la pépite Cognitive Dissonance sous le bras, sortie il y a quelques mois de ça.

L’introduction, minimaliste, annonce la couleur de l’album, et sa dimension artistique. L’instrumentale de « They’ll Speak » est dépouillée, avec une ambiance solennelle et envoûtante, sans batterie ou percussion. L’absence de rythme marqué est largement compensée par le flow technique et torturé de Raz Simone. Ce trait n’est pas caractéristique de l’album, puisque la piste suivante, « 8 rangs » , possède une batterie énergique, l’artiste enchaînant aussi bien avec, que sans.

Toutefois, ce qui frappe tout au long du projet, c’est le choix des sonorités : variées, mystiques, des instruments jusqu’aux synthés. Ce que l’on a rangé dans la catégorie musique du monde, ou musique ethniqueRaz Simone le ressort pour en faire du rap, pour en faire son rap, et mettre en note son univers. Ainsi, sur « Bow Down » se conjuguent synthés lourds et oppressants avec voix mystiques et percussions tribales. La vivacité du flow de Raz Simone vient trancher avec l’instrumentale, donnant plus d’écho à sa performance musicale. Le rappeur va jusqu’à pousser la chansonnette sur le refrain, très réussi. « Don’t Shine » qui vient juste après se fait l’écho de « Bow Down » en prolongeant l’ambiance sur un morceau nouveau.

Homogène, mais terriblement varié. « Natural Ressources » a beau laisser le devant de la scène à la batterie et la basse, le flow du rappeur et les quelques accords de piano suffisent à le raccorder à l’ensemble. De même pour « Thirsty » qui constitue une vraie surprise, juste après « Don’t Shine« . Sur un synthé venu droit du sud des Etats-Unis, un saxophone élégant et hypnotique additionné à une sourde lead aiguë viennent justifier la présence du morceau dans le projet, tout en s’en écartant. Que l’on aime ou non, « Thirsty » vient apporter une parenthèse inattendue à l’opus, par sa singularité.

Au vu de la variété des sonorités qui le compose, le fil rouge de Cognitive Dissonance est à chercher dans sa dimension introspective. Pour parler de lui, le rappeur va jusqu’à sampler Adèle dans « HomeTown » , se réappropriant parfaitement le titre pop. Cette ambiance introspective se prolonge dans « Swim Away » , à la batterie étouffée et à la guitare mélancolique. Ou encore « So Far So Far » , dont le léger coté jazzy vient éviter la répétition d’une ambiance strictement mélancolique.

La conclusion de ce voyage introspectif ne se fait pas attendre, et « Still Mobbin » en fait la synthèse. Ambiance mélancolique et solennelle, batterie tortueuse, nappes fantomatiques, Raz Simone y diversifie les flows, livre ses dernières notes, avant la tombée de rideau.

Amateurs de découvertes musicales, nous vous conseillons vivement d’y jeter une oreille, d’autant que le monsieur a décidé de mettre gratuitement son album à disposition. Vous n’avez plus d’excuse !

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Nicolas

Nicolas

Puriste de la première heure qui trouve que PNL, c’était quand meme mieux que la merde actuelle, je reste fidèle au principal : le coup de Coeur !
Nicolas