Lavokato, Un dimanche de Pluie

In Chroniques by Juliette Comments

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Le Gouffre présente « Marche Arrière ». La mixtape sortie le 07 octobre dernier est l’évènement de cet automne 2013. Trois ans de travail, la réunion de 69 Mc’s francophones sur des productions de Char et I.N.C.H, les membres du collectif Le Gouffre ont vu les choses en grand et ont prouvé qu’il était possible de fédérer autour d’un projet ambitieux. La qualité et la diversité sont au rendez-vous, chacun y trouvera son bonheur.

Alors, aujourd’hui je m’attarderai sur la jolie surprise dévoilée lors de la diffusion de la tracklist de la mixtape quelques semaines avant sa sortie : la présence de Lavokato. Nous avions eu plaisir à retrouver l’ancien membre du groupe Les 10’ (groupe composé de lui-même et son frère jumeau L’Indis, et quand Nakk rejoint le duo, ils forment à eux trois Les Triplés de Boboche) sur quelques morceaux ces dernières années (J’y ai cru, Est-ce moi ?, Ce Fameux Jour, Le Retour des Triplés), mais il était peu probable qu’il nous propose un morceau solo, puisqu’il a décidé d’arrêter l’écriture il y a longtemps déjà.
De toute évidence, la passion des Gouffriers est contagieuse…

Impatiente, curieuse, quand j’ai reçu mon coffret de « Marche Arrière », je me suis empressée d’écouter ce morceau n°65. « Dimanche de Pluie ».

Autant le dire tout de suite, dès la première écoute j’ai été séduite et même assez impressionnée par ce morceau. Mais c’est au bout de plusieurs écoutes que j’ai pu en apprécier toute sa dimension. Et quel plaisir que d’écouter un morceau de nombreuses fois pour tenter d’en saisir toutes les subtilités. Car la richesse de ce texte, mise en valeur par la très belle instrumentale composée par Char et Lavokato, se joue sur plusieurs plans.

Le fond, d’abord. Les amoureux des chansons mélancoliques et enveloppantes, comme moi, seront comblés. Parce que c’est dans le décor morose d’un jour pluvieux que Lavokato se raconte, tout en s’assimilant lui-même à cette triste atmosphère.
Et c’est avec une douce intensité qu’il nous suggère alors, les sentiments intimes mais tellement universels et intemporels que sont la mélancolie, la douleur, la nostalgie, l’amertume, la résignation à travers des images plus belles les unes que les autres, tout en laissant suffisamment d’espace à l’auditeur pour qu’il puisse s’approprier le texte, chacun y mettra donc ses illusions, ses désillusions, ses rêves, ses doutes.

« La vie peut frapper, vise mes points névralgiques
Je n’suis qu’un trapéziste aux poignets fragiles
De ce genre d’homme irritable, j’rappe la galère
D’une âme perdue, l’amertume dominicale
J’sens les gouttes qui tombent, les doutes qui montent
J’fais des rêves de géant dans un tout p’tit monde
Insoumission physique, jiu-jitsu
A force de tourner je craque comme un vinyle de musique Soul »

Par ailleurs, une autre force de ce texte est bien évidemment la forme. Comme je le disais plus haut, j’ai eu plaisir à écouter ce morceau en boucle, plaisir accentué en lisant les paroles en même temps pour mieux comprendre sa technique d’écriture. Alors je ne me perdrai pas dans une analyse formelle de ce texte, là n’est pas mon propos mais ce qui me semble important de souligner est la fluidité avec laquelle s’écoute ce morceau. En effet, l’écriture si soignée de ce texte apparait à l’oreille de l’auditeur avec la plus grande harmonie. La technique de Lavokatoest à son comble et se met donc avec élégance et justesse au service du message et de l’émotion.

Et on arrive donc à ce qui me parait être la plus grande force de cet unique morceau en solo de Lavokato, le parfait équilibre entre la forme et le fond. C’est rare, précieux, remarquable. Ce morceau est une belle illustration de la finesse de son écriture, de son talent et ce pour le plus grand bonheur de nos petites oreilles.

Voilà, Dimanche de Pluie a rejoint très naturellement mes morceaux de chevet, ceux que je ne me lasse pas d’écouter. Ceux qui dès la première écoute me saisissent, me bouleversent et qui au fil du temps s’imposent à moi comme un réconfort de quelques minutes. La petite pause que je m’accorde en journée, dans le métro, chez moi, au cours d’une insomnie… ou en plein dimanche de pluie.

Le Projet « Marche arrière » du Gouffre est disponible à l’achat sur leur site officiel.

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