Les Tops de la Rédaction.

  1. Hamza – 1994
  2. Siboy – Spécial
  3. Ichon – Il suffit de le Faire
  4. Isha – La Vie Augmente
  5. Triplego – 2020
  6. Damso – Ipséité
  7. Vîrus – Les Soliloques du Pauvre
  8. Jok’Air – Big Daddy Joke
  9. Kekra – Vréel 2
  10. Krisy – Paradis d’Amour

Mais aussi : Infinit – NSMLM / Xxxtentacion – 17 /Zuukou Mayzie – Finder / IAMDDB – Hoodrich Vol.3 / Slim Lession – Fruit de la Paix / Retro X – Digi

  1. JonWayne – Rap Album Two
  2. Siboy – Spécial
  3. Xxxtentacion – 17
  4. Isha – La Vie Augmente Vol.1
  5. Kodak Black – Painting Pictures
  6. Kekra – Vréel 3
  7. Devin the Dude – Acoustic Levitation
  8. Vîrus – Les Soliloques du Pauvre
  9. Jay-Z – 4:44
  10. Ichon – Il Suffit de le Faire

Mais aussi : Freddie Gibbs – You Only Live Twice / Butter Bullets – Air mès et Hermax  / Brockhampton – Saturation II / Hyacinthe – Sarah / Shy Glizzy – Quiet Storm / Arm – Dernier Empereur / Starlito – Manifest Destiny / Hamza – 1994 / Mehyem Lauren & Dj Muggs – Equinox / Infinit – NSMLM / L.O.A.S – Tout me Fait Rire / Lucio Bukowski & Lionel Soulchildren – Simorgh / Sameer Ahmad – Un Amour Suprême

  1. Butter Bullets – Air Mès et Hermax
  2. Vîrus – Les Soliloques du Pauvre
  3. Kekra – Vréel 3
  4. Lucio Bukowski & Lionel Soulchildren – Simorgh
  5. Triplego – 2020
  6. Hamza – 1994
  7. SCH – Deo Favente
  8. Sameer Ahmad – Un Amour Suprême
  9. Klub des Loosers – Le Chat et autres Histoires
  10. Freeze Corleone – THC

Mais aussi : Rochdi – L’exorciste / Al’Tarba – La Nuit se Lève / Xxxtentacion – 17 / Veerus – Mercure / Ichon – Il Suffit de le Faire

  1. Vîrus X Rictus – Les Soliloques du Pauvre
  2. Jonwayne – Rap Album Two
  3. Kekra – Vréel 2&3
  4. Despo Rutti – Dr Sophie Saïd
  5. Tyler The Creator – Scum Fuck Flower Boy
  6. Xxxtentacion – 17
  7. Isha – La Vie Augmente Vol 1
  8. Veerus – Mercure
  9. Hyacinthe – Sarah
  10. Di-Meh – Focus

Mais aussi : Siboy – Spécial / A$AP Twelvyy – 12 / Sameer Ahmad – Un amour Suprême / Kendrick Lamar – Damn / Makala – Gun Love Fiction / Belly – Mumble Rap / Triplego – 2020 / Lil Pump – Lil pump / Ichon – Il Suffit de le Faire / Freddie Gibbs – You Only Live Twice / Infinit – NSMLM / Sean Price – Imperius Rex /  Nepal – 445 Nuits / Freez – Les minutes vides / Butter Bullets – Air mès et Hermax / Arm – Dernier Empereur / Retro X – Digi / Nusky & Vaati – Bluh / Damso – Ipséité / SZA – Ctrl

  1. Kekra – Vréel 3&2
  2. Jay-Z – 4:44
  3. Hamza – 1994
  4. Xxxtentacion – 17
  5. Triplego – 2020
  6. Jonwayne – Rap Album Two
  7. Jorrdee – Avant
  8. 2Chainz – Pretty Girls Like Trap Music
  9. Sameer Ahmad – Un Amour Suprême
  10. Tyler the Creator – Scum Fuck Flower Boy

Mais aussi : SCH – Deo Favente / Roc Marciano – Rosebudd’s Revenge / Siboy – Spécial / Kodak Black – Project Baby 2 / Freeze Corleone – THC / Kendrick Lamar – DAMN / Jok’ Air – Je suis Big Daddy / Migos – Culture / Makala – Gun Love Fiction / Big KRIT – 4eva is a Long Time / Isha – La Vie Augmente Vol.1 / Hyacinthe – Sarah / Infinit – NSMLM / Retro X – Digi

  1. Isha – La Vie Augmente Vol.1
  2. Lil Peep – Come Over When You’re Sober
  3. Makala – Gun Love Fiction
  4. Juicy J – Highly Intoxicated
  5. Freeze Corleone – THC
  6. Quavo & Travis – Huncho Jack, Jack Huncho
  7. Migos – Culture
  8. Kodak Black – Painting Pictures
  9. Xxxtentacion – 17
  10. Ketama126 – Oh Madonna

Mais aussi : Freeze Corleone – THC / Mazoo – Ah Gars La Tape / Kendrick Lamar  – Damn / The Underachievers – Renaissance / Rétro X – Digi / Vald – Agartha / Lomepal – Flip / Ho99o9 – The United States of Horror / Run the Jewels – RTJ3

  1. Roméo Elvis – Morale 2
  2. Vald – Agartha
  3. Xxxtentacion – 17
  4. Lomepal – Flip
  5. You Dee – Gear 2
  6. Loud – Une Année Record
  7. Kekra – Vréel 2
  8. Nepal – 445ième Nuits
  9. Migos – Culture

Mais aussi : Freeze Corleone – THC / Orelsan – La Fête est finie / Caballero & Jean Jass – Double Hélice 2 / A$ap Twelvyy – 12

  1. Kendrick Lamar – Damn
  2. Tyler the Creator – Scum Fuck Flower Boy
  3. Kodak Black – Painting Pictures
  4. Little Simz – Stillness in Wonderland
  5. Rapsody – Leïla’s Wisdom
  6. Meek Mill – Wins and Losses
  7. Damso – Ipséité
  8. Roc Marciano – Rosebudd’s Revenge
  9. Vald – Agartha
  10. Migos – Culture

Mais aussi : The Underachievers – Renaissance / WestSideGunn – Hitler On Steroïds / Kodak Black – Project Baby 2 / Conway – G.O.A.T / Metro Booming & 21 Savage & Offset – Without Warning / Lord Esperanza – Polaroïd / Guizmo – Amicalement Votre

Coup d’oeil sur l’année

Siboy, rappeur Spécial
Ceux qui ont connu l’artiste par le biais de ses...
Ceux qui ont connu l’artiste par le biais de ses freestyles enragés admettent généralement qu’il était difficile d’envisager à quoi pourrait ressembler un album de Siboy. Le rappeur des Hauts-de-Seine l’emportait souvent par K.O, mais les coups étaient parfois maladroits. On commençait déjà, malgré tout, à sentir l’ampleur du personnage : les trouvailles d’écriture, l’humour noir, la gestuelle, et cette manière de tout arracher à chaque passage en studio. Teasé à merveille avec le clip de Téléphone, Special est un violent mélange de bangers addictifs et d’émotion encagoulée. Siboy se dévoile, vidange la haine, et passe sans transition de la mélancolie à la violence. L’album trouve ainsi un redoutable équilibre, entre introspection mâtinée d’émotions brutales et égotrip furieux, sans oublier de toucher à des thématiques plus larges, notamment liées aux douleurs de sa communauté. Ce vaste mélange donne lieu à quelques morceaux mémorables, à l’image de Al Pacino, sûrement le titre le plus fin et le plus extrême qu’on aura entendu sur le mythe Scarface en France, ou au sublime La Nuit, et ses puissantes ruptures. Les chansons de Siboy sont non seulement déroutantes dans leur composition, mais elles s’ancrent en plus solidement dans nos têtes grâce à un sens aigu du refrain et à des gimmicks convaincants. Sa voix peut partir dans toutes les directions. Sa plume aussi. Et le poids des paradoxes résonne encore lorsque l’album s’arrête. Au revoir, merci !
Kekra – Irréel IRL
Lorsque la chaîne Viceland pose ses valises en Fr...
Lorsque la chaîne Viceland pose ses valises en France pour prendre la température de ce qui se fait outre-Atlantique, elle choisit d’angler son reportage sur les attentats qui ont touché le pays. Pourtant, les américains ont oublié celui qui a tout fait péter, du moins dans sa dimension retro-gaming : Kekra. Alors pour se rattraper, Noisey ressort son journaliste phare et envoie en appui son producteur. Rien que ça. L’interview commence et notre Jim Carrey national remet les pendules à l’heure, se dit entouré de culture vultures qui se questionnent sur le moteur. Kekra fait les questions et les réponses, règle ses comptes et n’accepte pas les fausses excuses, préférant rétablir la vérité. Sans rancune. 5 minutes chrono, un tour de piste et le young Lewis Hamilton quitte cette motherfucker . Des salons privés aux Halles il n’y a qu’un pas, le crack est sur la gazinière et lui n’attend pas. Trop loin, tellement loin, ils n’ont vu que la fumée… De Courbevoie à Tokyo, Lomé, Miami, jusqu’aux Bahamas. Des plages paradisiaques de Negril aux quartiers chauds de Vineyard Town, Kingston, en Jamaïque. Du blunt des Migos au check de l’épaule d’A$AP Rocky. Future ou Amber Rose en guise de figurants. Des milliers d’euros de sappes sur le dos. Seul rappeur invité de la très pointue Peacock Society. Le rap ressemble de plus en plus à un game que Kekra aurait cheaté. Il ne lui manque qu’une seule ligne, celle du code crédit illimité « comme dans GTA ». C’est pour prendre l’argent qu’il est encore là. Les interrogations vont bon train sur ces connexions internationales, sur les vies qu’il aurait pu avoir par le passé, sur le visage qui se cacherait derrière le masque… Laissons tout au conditionnel, la curiosité aux pucelles. Tout ce qu’il y a derrière le masque doit être vrai, c’est peut être justement pour ça qu’il faut en porter un. On ne sait pas bien si il est une erreur de la matrice ou si il a véritablement commencé une carrière dans le rap mais une chose est certaine, il en a déjà arrêté. La pierre du briquet s’étincelle, la flamme s’approche et illumine la pipe en verre, la galette chauffe, fond, le bruit sourd de l’inhalation, et enfin, tête renversée, l’expiration, la libération. Free-base. Dépendants depuis la première prise, les adeptes du Kekra ont foncé tête baissé vers leur nouvelle dimension parallèle, un monde Vréel. Les versions 2 et 3 de ce composé chimique sont sorties du labo en 2017, ont plongé les consommateurs dans une léthargie active. Les masques sont distribués, les individus anonymisés, les crackeux déjà en manque ont pris la route, traversent la nuit tout phares éteints, une ligne droite parsemée de néon, au loin le Tron. Et si Kekra était irréel IRL ?  

Krisy – Paradis d’Amour
Beatmaker sous le blaze de DeLaFuentes, Krisy reto...
Beatmaker sous le blaze de DeLaFuentes, Krisy retourne sa double casquette pour un EP à la vibe très US. Du rap, un peu de r&b et un cœur de séducteur sur les lèvres, le tout à la sauce Toronto, une belle recette balancée depuis Bruxelles. « Ébloui par les lampadaires posés sur l’trottoir », le jeune Julio est érotiquement vôtre, de la séduction il est l’apôtre. Et c’est vers ce paradis d’amour, le sample jazzy en loop, que Julio entraine sa gogo danseuse aux hanches de Betty Boop.
CHIEF KEEF – Two Zero One Seven
Après avoir tout défoncé au niveau national, Ch...
Après avoir tout défoncé au niveau national, Chief Keef est retombé à un niveau de notoriété inférieur. Ce qui ne l’empêche pas de produire de nombreuses mixtapes sans jamais se brider dans sa liberté artistique. Le 1er janvier 2017, il revenait avec un énième projet sur lequel il partageait la production avec une autre ex-vedette express, Lex Luger. En résulte un disque assez barré, parfois difficile d’accès de part ses penchants bruitistes, mais bourré de micro-idées assez passionnantes. De quoi rappeler au bon souvenir d’un film laboratoire tel que L’année dernière à Marienbad, qui aura inspiré bon nombre de pairs via ses effets, et ce malgré sa difficulté d’appréhension.
Escobar Macson – #MrPunchline
Plus de trois ans après Red Business, Escobar Mac...
Plus de trois ans après Red Business, Escobar Macson fait son grand retour avec Mr. Punchline. Le rappeur le plus grinçant de l’hexagone nous envoie une mixtape solide, avec un style sonore qui s’actualise encore un peu plus, sans jamais sombrer dans le racolage, et tout en conservant son art de la tournure de phrase et ses intonations glaçantes. Diablement efficace.
Sofiane – Je suis passé chez So
L'année Sofiane.
L'année Sofiane.
Vald – Agartha
Oscillant constamment entre paroles délirantes et...
Oscillant constamment entre paroles délirantes et revendication sérieuse, Vald réalise l’un des albums de rap conscient les moins chiants depuis longtemps. Hurlements, story-telling à quatre voix, flow malmené, vocoder criard et variations de beats, tout fonctionne et on ne peut rester indifférent face à la prise de risque que représente ce disque.
Eloquence – Balles Perdues
L’élégance est toujours de mise pour Eloquence...
L’élégance est toujours de mise pour Eloquence, qui est en train de tranquillement reprendre sa place dans le paysage du rap français. Faux rookie sur rythmiques trap, vrai vétéran au style criminogène classieux, punchlines qui brisent les lignes comme une relance de Hummels, Eloquence reste hors du temps, et c’est peut être bien cela qui le rend si unique.
Jok’Air – Big Daddy Jok
On l’attendait au tournant, le chanteur du group...
On l’attendait au tournant, le chanteur du groupe a su tout de même créé la surprise en proposant un EP très mélodique, bien plus qu’à son habitude au sein de la Mafia. Libéré de toute influence, Big Daddy Jok propose un rap chanté, un rap gospel, presque susurré à l’oreille de qui sait entendre la musique
Thundercat – Drunk
23 titres aux collaborations prestigieuses pour un...
23 titres aux collaborations prestigieuses pour un projet à l’éclectisme foisonnant, passant du groove funky diablement efficace au jazz fusion aux harmonies complexes, flirtant avec le soft-rock et la pop psychédélique. Avec Drunk, Thundercat affirme avec brio, au carrefour de du hip-hop, du jazz et de l’electro, sa position de musicien incontournable et bassiste de génie.
Nusky & Vaati – Bluh
Avec "Bluh", Nusky & Vaati font ce qu’ils ont to...
Avec "Bluh", Nusky & Vaati font ce qu’ils ont toujours fait : de la musique non-identifiée, loin des catégories. En explorateurs de la jungle musicale, ils suivent leur instinct, encore plus loin, encore plus variété, encore plus romantico-fêlé. « J’aurai du prier comme les autres au lieu d’me branler devant Bob l’éponge » : toujours maître dans l’art de manier le joli et le trash, le groovy et les mélodies-mirages, le duo est vrai. L’amour est dans le pré et dans les chansonnettes de Nusky, leur rap est mort, et vive la poésie.
Jonwayne – Rap Album Two
Ça y est, "Jonwayne is Retired" c'est fini, envol...
Ça y est, "Jonwayne is Retired" c'est fini, envolé. Cette folle histoire, "Rap Album Two" vient la contredire et y apporte la meilleure des réponses. Revenant sur le devant de la scène après 3 ans d’absence, Jonwayne nous livre une absolue pépite. Ode à la sobriété et déclaration d’amour à l’essentiel, dans ce classique jeu il sera désormais difficile de faire mieux que Jonwayne
Big Sean – I decided
Avec I Decided, Big Sean reprends les commandes de...
Avec I Decided, Big Sean reprends les commandes de sa carrière et de sa vie. Profondément introspectif, sans chercher à sortir de sa zone de confort, Sean y affronte ses erreurs et ses fautes passées. Comme à son habitude, la production est impeccable et il a su à nouveau s’entourer de prestigieux invités. Parmi eux. Eminem et les Migos. Rien que ça.
Heskis – GG Allin EP
Cet EP suinte de la solitude du rappeur resté à ...
Cet EP suinte de la solitude du rappeur resté à quai trop longtemps qui a vu son équipage suivre le courant, de l’enfant passionné que la vie rend homme désillusionné, des addictions salvatrices qui enfoncent dans la matrice, de l’écriture qui panse des plaies tracées au sang d’une plume d’acier. Un disque en 16/9e pour une plongée cinématographique dans un huit-clos enfumé à l’environnement violet où il ne fait qu’augmenter les doses jusqu’à ne plus lire les sous-titres.
Oddisee – The Iceberg
Parfaitement réalisé, Oddisee nous livre avec Th...
Parfaitement réalisé, Oddisee nous livre avec The Iceberg un album de toute beauté. Peut être son meilleur à ce jour. Varié, musical mais toujours engagé, sombre et rayonnant à la fois, The Iceberg à tout d’un album growner, s’appréciant un peu plus à chaque écoute.
Médine – Prose Elite
Comme à son habitude, punchlines engagées, flow ...
Comme à son habitude, punchlines engagées, flow et instrus énervés sont les ingrédients de la « peufra consciente » que nous balance Medine. L’album s’enchaîne naturellement, entre amertume, hargne, amour des mots et richesse des références. « Ma conscience politique n’est pas bien à gauche mais maladroite » : le plus rappeur de tous les politiques est cette fois moins dîn que Medine, et avec « Grand Paris », propose un petit classique en puissance. La force de la culture, face à la culture de la force
Steve Lacy – Steve Lacy’s Demo EP
Après Syd et Matt Martians, c’est au tour d’u...
Après Syd et Matt Martians, c’est au tour d’un troisième membre de The Internet, Steve Lacy, de sortir son projet solo en 2017. Le guitariste, choriste et plus jeune membre du groupe (18 ans !) nous emmène dans sa palette de talents à travers 6 titres ne dépassant pas les deux minutes, du pur groove à l’indie rock, chantant à tue-tête ses doux démons. Une troisième pierre à un édifice qui démontre que le groupe californien est l’un des meilleurs réservoirs de personnalités de cette nouvelle soul music.
Roc Marciano – Rosebudd’s Revenge
osebud Revenge n’est pas un nouveau virage mais ...
osebud Revenge n’est pas un nouveau virage mais juste un rappel et une confirmation que dans le style Roc Marciano, l’original prévaudra toujours sur les copies. Sombre et minimaliste et se contentant de sa garde rapprochée niveau featuring, Ka et Knowledge The Pirate, ce Rosebudd’s Revenge nous emmène faire un virée nocturne en Cadillac Coupe Deville et contempler le parterre de putes bien alignées prêtes à ramasser l’argent des michetons pour leur pimp préféré.
Migos – Culture
Aussi étonnant que cela puisse paraître, l’aur...
Aussi étonnant que cela puisse paraître, l’aura des Migos a semblé vivre une deuxième jeunesse en ce début 2017. Détaché de Zaytoven, leur producteur fétiche et attitré, le trio s’ouvre à d’autres sonorités, d’autres façons de travailler. Porté par les singles « Bad and Boujee« , « T-shirt » et « Call Casting«, Culture se révèle être dans son intégralité construit comme une usine à hits.  
Run the Jewels – RTJ 3
Les sorties RTJ ont tout d’un running gag, on a ...
Les sorties RTJ ont tout d’un running gag, on a beau connaitre la chute, on ne peut réprimer à chaque fois quelques éclats de rire. Pourtant, derrière la bonhommie du duo, c’est toujours un rap de résistants qui nous est distillé. Beats punchy et verve insoumise, RTJ3 ne réussit pas à surpasser son prédécesseur mais fait tout ce qu’on lui demande, relier les troupes, occuper le terrain et maintenir la pression. .

 

Les rappeurs et le cinéma
En 2016 et 2017, les rapports entre rap français ...
En 2016 et 2017, les rapports entre rap français et cinéma se sont multipliés. D’abord, il y a eu ce tandem inattendu entre Sadek et Gérard Depardieu avec "Tour de France", qui a mené à cette séquence un peu gênante dans laquelle notre Gérard national se met au rap. Nekfeu a également fait ses premiers pas pour jouer avec une autre légende du cinéma français, Catherine Deneuve, dans un rôle quelque peu dissonant par rapport à sa réelle image publique. Enfin, Gringe a de nouveau donné la réplique, hors de l’univers Casseurs Flowteurs cette fois, puisque Olivier Marchal, le réalisateur de polars le plus en vue de France l’a choisi pour évoluer aux côtés de Benoît Magimel et de Michael Youn dans le film "Carbone". Au programme de la BO : le Suicide Social de Orelsan, et même On pense tous Monnaie Monnaie de la Scred Connexion, qui vient rythmer une longue séquence musicale. Plus surprenant encore, Plus que toutes les putes de Orties dans l’excellent "Grave", sorti en salles cette année. Il faut reconnaître que l’on voit beaucoup plus de rappeurs français au cinéma, et que quelques réalisateurs se permettent maintenant d’user de morceaux de rap français pour leur bande-son. Seulement, si l’on se penche sur le cinéma underground français de la décennie 2010, on remarque que certains cinéastes mettaient aussi en avant cette culture dans des films moins exposés. On pense notamment au "FLA" de Djinn Carrénard qui offrait un très gros rôle à Despo Rutti, ou encore au "Brooklyn" de Pascal Tessaud, qui mettait en avant la rappeuse suisse KT Gorique. Enfin, même si le mouvement est inverse, puisqu’ils vont du rap vers le cinéma, Hamé et Ekoué de La Rumeur ont également mis en avant le milieu rap dans "De l’encre", et on même sorti un nouveau film, "Les derniers parisiens", cette année. Cette marche vers la culture hip-hop avait donc déjà logiquement été lancée par des cinéastes plus underground, dont Rachid Djaïdani, réalisateur de "Tour de France" fait aussi partie. Le cinéma français grand-public fait certes un pas vers la culture hip-hop, mais il est aujourd’hui quasiment inévitable pour lui tant le rap en France apparaît comme une musique incontournable. On peut donc se poser la question de l’honnêteté de ce soudain intérêt. Reste que, même si cela se fait de manière maladroite et discutable, les rapports entre les deux milieux semblent évoluer. Nous sommes encore loin des Etats-Unis ou de l’Angleterre dans le domaine, mais le goût prononcé de certains réalisateurs ascendants pour le rap, ainsi que la grande place qu’occupe désormais cette musique dans l’esprit des français devraient peu à peu changer les choses.
2017 : Leak moi si tu peux
D’abord, t’ouvres l’oeil un matin et te retr...
D’abord, t’ouvres l’oeil un matin et te retrouves avec tout le game en émoi, tout bon passionné au bord de la crise cardiaque, les twittos comme des foufous, les réseaux à feu et à sang. Mais 1, 2 puis 3 leak plus tard, de Yung Lean à Booba, c’est avec un sourire amusé que tu reçois la nouvelle. Parfois véritable coup de théâtre, avec des metteurs en scène comme Damso, le leak pourtant est la panure dans ton chicken burger : croustillant à la première bouchée, on finit vite par s’en lasser, tant il est devenu monnaie courante. Et il suffit d’un tour sur Has it Leaked pour avoir un idée de l’ampleur des dégâts : pas seulement pour les albums rap, il sévit partout et finirait presque par faire du téléchargement illégal une norme de consommation de la musique. Mais certains, avocats du démon, affirment que le leak serait la meilleure promotion possible pour un projet, l’emmenant sur le devant d’une scène plus importante que la seule fanbase de l’artiste. Il serait l’arme du buzz, la stratégie de comm' idéale à l’ère des Internets. Si le leak est une délivrance pour les hardcore fan après la douloureuse attente du D Day, on est ravi qu’il puisse être bénéfique également pour les artistes dont la visibilité le permet ; très bien ! Mais espérons seulement qu’en 2018 on cessera de nous bassiner de messages exagérément enthousiastes et full of points d’exclamation à chaque fuite du game ; Keep calm and stream legally. Has It Leaked.

L.O.A.S – Tout me Fait Rire
En pleine déprime, L.O.A.S est hanté par ses dé...
En pleine déprime, L.O.A.S est hanté par ses démons et les expie dans tout me faire rire. Un album touchant, instinctif ou la sensibilité brute et souvent violente du rappeur, vient se heurter à des instrumentales contemporaines et travaillées. Un album sans filtre qui a marqué l'année.
Un Amour Suprême – Jovontae EP
Le retour du meilleur pour un EP concept grandiose...
Le retour du meilleur pour un EP concept grandiose aux confins du smooth
Jorrdee – Avant
Nouveau projet, pour Jorrdee, son dixième, et il ...
Nouveau projet, pour Jorrdee, son dixième, et il est toujours aussi compliqué d’en parler. Ovni musical s’imposant peu dans le paysage culturel français, le lyonnais se prête mal au jeu de la chronique facile. Talentueux, mystérieux, surréaliste, Jorrdee est sans doute un peu de tout cela et semble au fil de géniales tentatives se trouver peu à peu. Entièrement produit par Phazz, Avant, offre à Jorrdee l’occasion de décliner son univers sur treize pistes variées, étranges, planantes ou détonnantes, et nous livre un album plus travaillé que ses précédents projets.
Veerus – Mercure
Progression et discrétion ont été maîtres mots...
Progression et discrétion ont été maîtres mots ces deux dernières années, et si la rareté crée l’envie, Veerus semble l’avoir compris. Rester « à l’abri, undercover », ne croiser le fer qu’avec ses frères, Deen Burbigo, Caballero ou Perso. « Les pieds sur terre mais le crâne élevé », Veerus cultive sa singularité et son refus de se mélanger. Pour ce nouveau projet, c’est encore « en famille », que le dunkerquois à souhaité travailler. Intégralement produit, réalisé, mixé, par Ikaz, à qui Veerus doit déjà quelques fulgurances, Mercure est un projet dense de seulement quatre titres. 18 minutes de maîtrise et de style durant lesquelles le rappeur crache le feu, porté par un Ikaz en apesanteur. Toujours à mi-chemin entre le classique et l’actuel, Veerus « Inverse le temps, comme anachronisme, et laisse concurrence à l’agonie ».
Isha – La Vie Augmente Vol 1
Du banger surréaliste « Oh Putain (avec l’acce...
Du banger surréaliste « Oh Putain (avec l’accent du sud)« , au boom bap nonchalant de « Tony Hawk« , la mue de Isha, ex-Psmaker, semblait déjà bien entamée depuis l’année dernière. La vie augmente volume 1 se pose comme le projet destiné à parachever cette mutation. Mêlant la fraîcheur d’un rookie et le vécu d’un vétéran, Isha livre un album court, à la fois instinctif et structuré. Une caractéristique qui traverse le projet tout entier, mais aussi les morceaux en eux-mêmes, car que ce soit au cœur d’un storytelling impressionniste, d’un égotrip, ou d’un morceau plus concept, Isha maîtrise parfaitement l’art de la digression, créant constamment la surprise, maîtrisant son écriture au point qu’il devient capable de prendre des pas de recul pour mieux apporter l’éclairage sur son morceau. La vie augmente pose un personnage, une vision, une capacité à tâtonner différents terrains. Un « premier » disque finalement très complet, sans véritable faux-pas.
Damso – Ipseite
Il l’avait annoncé. Subtilement, avec une grand...
Il l’avait annoncé. Subtilement, avec une grande maitrise des réseaux sociaux et leurs codes, à force de freestyles nocturnes et de visuels mystérieux. Il avait annoncé l’Ipséité, avec la maitrise de celui qui a quitté le statut de padawan. S’il est présenté comme le protégé de Booba, personne n’a jamais tiré ses ficelles comme un vulgaire Pinocchio, et cet album, dont le nom prône l’identité propre de celui qui est différent de tout autre, le confirme. Damso, avec ce 3ème projet, revient fort, sombre, et grandi.
Roméo Elvis & Le Motel – Morale 2
« Bruxelles arrive » annonçait Roméo Elvis aux...
« Bruxelles arrive » annonçait Roméo Elvis aux côtés de Caballero en juillet dernier. Au vu du bouillant Grunt #33, BX est bel et bien là. Avec La Morale 2 Elvis amène une touche lounge dans le rap jeu avec son groove désormais réputé. Les connexions sont bien choisies : Grems, Lomepal, Angèle ou encore Jan Paternoster accompagnent le prodige belge dans ses récits. Car oui, Roméo Elvis est avant tout un conteur. Un conteur qui raconte ses histoires sur les productions planantes du Motel. Des instrus parfois rock, avec une guitare faisant penser à King Krule par moment, comme dans Bébé aime la drogue ou Drôle de question. Le King de Bruxelles oscille entre rap et chant et se permet même de performer en anglais avec Switchin. On le pensait mort à Memphis en 1977, mais non, Elvis est plus vivant que jamais.
Kekra – Vréel 2
Après les trois volumes de Freebase et le premier...
Après les trois volumes de Freebase et le premier chapitre de Vréel, Kekra termine de baser cette dope, et, étape par étape, s’installe dans le game comme un de ses piliers. Annoncé par les clips de Sans Visage, AWW et 9 Milli, Vréel 2 tranche les crânes et casse les nuques. « Mon frérot j’fais comment ? J’voulais percer, pas les niquer » : l’homicide était presque accidentel mais désormais c’est trop tard, Kekra est loin, enfume ses « élève dans c’game », et se sacre professeur de sciences lyriques. Un album qui appelle au dab, un de ces albums gangsta rap comme on les aime, avec maille et Sig-Sauer à foison sans tomber dans le discours creux et l’exagération. Sans visage mais pas sans identité, Kekra confirme les espoirs placés en lui et nous fait comprendre, de manière appliquée et directe, pourquoi autour de lui, y’a walou.
Vîrus X Rictus – Les Soliloques du Pauvre
Comme à chaque son, à chaque projet, Vîrus à r...
Comme à chaque son, à chaque projet, Vîrus à réussi, poussé par un souci du détail quasi maladif, à nous absorber totalement dans son univers. La performance ici réside sans doute qu’il ne s’agit pas du sien. Une oeuvre puissante et atypique qui s’inscrit parfaitement dans la discographie du Rouennais, et qui permet une jolie mise en lumière des écrits du poète et une formidable fenêtre ouverte sur l’oeuvre de Jehan-Rictus. L’EP se terminera sur le sentiment qu’il le fallait. Sortir Rictus du placard, donner à sa vie la considération qu’elle mérite. Si Vîrus ne l’avait pas fait, qui d’autre s’en serait chargé ?
Triplego – 2020
Si Eau Calme avait éveillé chez nous une fascina...
Si Eau Calme avait éveillé chez nous une fascination intriguée et Eau Max confirmé les espoirs placés en eux, 2020 marque la consécration du phénomène TripleGo, l’explosion de ce rap bien à eux, unique et reconnaissable entre tous. De Montreuil aux studios d’OKLM, le duo suscite désormais toutes les attentions, Momo Spazz et Sanguee allant même jusqu’à revendiquer leur spleen dans les colonnes des Inrocks.

Freddie Gibbs – You Only Live 2wice
Le 31 mars 2017 marque le grand retour de Freddie ...
Le 31 mars 2017 marque le grand retour de Freddie Gibbs avec You Only Live 2wice, son troisième album après Pinata et Shadow of a Doubt. Un come back aux airs de résurrection, après cette affaire de viol dans laquelle il a été acquitté par la justice autrichienne en septembre dernier. Cette renaissance, illustrée par la très belle cover de l’album, où Gangsta Gibbs s’élève comme le Christ, est le thème de ce court album de 8 tracks. Cette fois, Gibbs abandondonne Madlib pour rapper ses vices sur des productions de Kaytranada, BadBadNotGood ou encore Aaron Bow. « Kane » parle de son passé et tente de mettre les choses au clair avec ces accusations. Un retour qui fait plaisir dans ce jeu.
Devin the Dude – Acoustic Levitation
Quatre ans après son dernier projet, le daron de ...
Quatre ans après son dernier projet, le daron de toute la nouvelle génération de rappeurs chill effectue son grand retour. Les productions puisent clairement leurs racines dans la soul, le jazz et la funk, pendant que Devin délivre un flow ultra laid-back, oscillant entre de jolis moments de storytelling et une forme d’introspection moelleuse, où même les événements quelque peu dramatiques sont abordés le sourire aux lèvres. Ceux qui connaissent déjà le Dude apprécieront forcément, pour les autres, Acoustic Levitation fera une excellente porte d’entrée..
Xxxtentacion – Members Only Vol 3
Il y a une bizarrerie dans l’univers de cette é...
Il y a une bizarrerie dans l’univers de cette équipe qui n’est pas sans rappeler celle d’un certain rock d’avant-garde, allant de The Residents à Renaldo & The Loaf, en moins calculée, mais surtout avec d’autres codes, et peut-être aussi, avec d’autres drogues… Mais il y a aussi un petit côté OG Maco chez XXXTentacion, dans l’énergie déployée, le sens de l’image, et dans cette capacité à faire le grand-écart. Difficile au moment de la sortie de Members Only Vol 3 de prédire le succès du jeune floridien, loin de son rôle de star alternative, qui atteindra quelques mois plus tard avec 17.  
Kendrick Lamar – Damn
« Arrêtez tout, arrêtez le rap, arrêtez les cl...
« Arrêtez tout, arrêtez le rap, arrêtez les clips. Eteignez les enceintes et fermez le laptop. Asseyez-vous. Soyez humble. » Voila le message asséné par une armée de fanatiques durant tout le mois d’Avril. Damn, c’est le retour du Roi, et les superlatifs dans les articles vont bon train. Gloire à Dieu au plus haut des cieux. Faut dire qu’il est quand même sacrément bon ce nouvel album. Réalisé avec brio et techniquement parfait, le projet ne s’apprécie à sa juste valeur qu’après de nombreuses écoutes attentives. Kendrick Lamar prend avec Damn une toute autre dimension et ne déçoit décidément jamais..  
Joey Bada$$ – All Amerikkkan Bada$$
En 2015, reconnaissant la réalisation de qualité...
En 2015, reconnaissant la réalisation de qualité de B4DA$$, nous nous posions la question du futur du rappeur de Brooklyn. Après avoir crié au génie trop vite, son public serait il capable de le suivre sur un second projet ? A jouer la carte du classico-classique, Jo-Vaughn, ne risquait pas de se saboter lui même ? All AmeriKKKan Badass, nous offre quelques éléments de réponse. Se donnant dès le titre une posture politique, Badass, sans faire bouger les lignes, amène plus de fond que sur ses précédents projets. Une réalisation irréprochable et une direction artistique finement choisie font passer l’épreuve du second album pour une formalité.
Kodak Black – Painting Pictures
C’est l’heure de vérité pour Kodak Black. Ma...
C’est l’heure de vérité pour Kodak Black. Malgré des imbroglios juridiques lui ayant offert un joli battage médiatique et un comportement relativement imprévisible, Dieuson Octave nous livre avec Painting Pictures son premier album chez Atlantic Records. 18 titres parfois inégaux, et quelques invités de marque (dont Future, Jeezy et Young Thug) pour un album qui semble parfois osciller entre deux eaux. Car oui Kodak Black possède ce petit truc en plus, ce talent de mêler au sein d’un univers unique et cohérent, titres sombres, plume torturée aux codes d’un rap coloré et décalé. Malheureusement sur Painting Pictures cette polyvalence prend parfois des airs d’éparpillements et quelques titres nous rappellent que Kodak Black n’a que 19 ans. Toujours en devenir. Pour le meilleur ou pour le pire.
Suicide Boys – DirtierNastierSuicide
On apprécie jamais autant $uicideboys que sur le ...
On apprécie jamais autant $uicideboys que sur le format EP. DirtierNastierSuicide fait partie de leurs cuvées les plus incisives, à base de gros sub-bass et de samples hypnotiques sur lesquels les styles vocaux des trois rappeurs se répondent parfaitement, entre des couplets démoniaques à moitié-hurlés et des pans ou les voix se font volontairement plus monotones et plus envoûtantes. Encore un bon gros shoot d’adrénaline.
Westside Gunn – Hitler on Steroids
Le 3 mars, Eminem annonçait fièrement sur Twitte...
Le 3 mars, Eminem annonçait fièrement sur Twitter avoir réussi à signer le très prolifique Westside Gunn et son frère Conway sur son label Shady Records. Cinq jours plus tard sortaient les 24 pistes d’Hitler on Steroids produites par DJ Green Lantern. Bien qu’habitant dorénavant Atlanta, WSG continue son rap hérité des vrais hustlers new-yorkais. Cette mixtape est donc dans la veine des projets précédents du Flygod : des instrus boom-bap à la Mobb Deep, sombres voire menaçantes, des bruits de flingues, une complémentarité parfaite avec Conway et de nombreux invités (Action Bronson, Royce da 5’9 ou encore Benny). En soi, un projet qui ravira les fans de la première heure.

BrockHampton – Trilogie entre amis
“2017. made three albums with my friends. met my...
“2017. made three albums with my friends. met my idols. grew up a lot. went on tour twice. got a new house. made a feature length film. made some clothes. and got a bf. solid bitch”. Voilà comment Kevin Abstract résume en un tweet sa folle année. En effet, si un groupe a solidement marqué les esprits cette année c'est bien Brockhampton, qui lâche la trilogie Saturation. Trois albums qui permettent à Kevin, Merlyn Wood, Ameer Vann, Dom McLennon, JOBA, Bearface et le reste de leur clique de faire les choux gras des médias spécialisés rap. Les gros titres se multiplient et captent autant l'attention du public que la communication pour leurs nombreux singles, martelée à coups de lettres capitales colorées. Fort heureusement, les One Direction texans sont loin d'avoir bradés leur talent pour accroître leur simple productivité. La créativité, l'originalité et la complémentarité de chaque membre offre une belle homogénéité dans cette livraison gargantuesque de quarante-huit tracks. Le Boys Band aux allures de fratrie, comme on peut l'observer dans leur documentaire All-American Trash, et, plus récemment, dans le long portrait publié par The Fader, ne se laisse pas entraîner par la tendance trap, et continue de persévérer dans son style pop propre, à la fois influencé par Tyler The Creator, Kanye West, Franck Ocean ou encore M.I.A. L'année 2017 est finie, la trilogie Saturation bouclée, mais les rookies de Brockhampton sont bien lancés pour rejoindre leurs idoles en 2018.  
Jonwayne – Le beat de l’emploi
« I don’t look like a rapper but yeah I do …...
« I don’t look like a rapper but yeah I do … I do rap. I make rap music. It’s not that great, but It’s cool ». Le second morceau de Rap album two s’ouvre sur une conversation gênante mais amusante entre Jonwayne et un homme qui vient l’interpeller car sa copine l’a reconnu. Cet interlude aux émotions contradictoires, à l’humour décalé, semble tout droit sorti de la série Louie, dans laquelle on retrouve cette même patte, intimiste jusqu’à l’extrême, mais capable de déceler le rire même dans les situations les plus dramatiques. Louis CK et Jonwayne ont également cette caractéristique en commun : celle de ne pas avoir la tête de l’emploi, de ne pas sembler aptes à distraire les gens, tout en ayant une vraie capacité à user de leur propre vie pour mettre l’auditeur face à un miroir, pour leur apprendre à sourire des situations difficiles. Ce Rap album two porte sur des thématiques très dures. Il s’ouvre sur cette fameuse soirée où Jonwayne se réveille dans son vomi et prend conscience qu’il ne peut plus continuer ainsi, et qu’il va devoir se battre contre ses démons. Pour accompagner ses propos, l’artiste choisit de garder la main sur la quasi-totalité de la production et s’offre un carcan très indie, assez minimaliste, ou quelques rares éléments participent à créer une ambiance très mélancolique. Un choix qui permet évidemment de mettre en avant un contenu lyrical très dense, dont Jonwayne souhaite pourtant peu parler, préférant mettre en avant la musique lors des quelques interviews qui ont accompagné la sortie du disque. Il faut dire que les paroles suffisent à elle même, et qu’en rajouter là dessus confierait à l’exhibitionnisme. Le fil rouge de l’album, c’est donc la sortie du trou. De la violence du réveil à la prise de conscience. Mais c’est surtout la volonté de vivre, la nécessité d’avancer coûte que coûte. Rap Album Two porte une matière assez difficile mais n’en reste pas moins plaisant à écouter tant Jonwayne parvient à y dissimuler de la poésie et de l’humour. De quoi porter encore un peu plus loin son expérience. Et peut être même de quoi aider certains à s’en sortir.

 

Lala Ace – En Attendant Xxx
Ekip toujours floqué sur le blouson, Lala Ace con...
Ekip toujours floqué sur le blouson, Lala Ace continue sa route et prend petit à petit, depuis Londres, une place de choix parmi le peloton de tête du rap hexagonal. Après nous avoir délivré sa « Parole de Lean« , et le scintillant « Bright » le mois dernier, la prêtresse de la secte 667, reviens aujourd’hui avec « En attendant xx », une mixtape cinq titres, courte et efficace. En attendant sa mixtape, Lala Ace sort donc… une mixtape. Comme à son habitude la production est impeccable, volontairement contrebalancée par des prise de voix très Low-Fi. Les textes de Lala Ace, se noient dans la mélodie, les mots se perdant à mesure que le verre de lean se vide. Entre déboires et débauche, Lala Ace nous délecte de sa souriante nonchalance et séduit de sa plainte codéinée, donnant à ses morceaux une étonnante sensualité. Subtile et suggestive, en attendant xx, Lala Ace continue de brillamment fuck ce rap jeu.
Lomepal – Flip
Pour son premier album, Lomepal aura pris son temp...
Pour son premier album, Lomepal aura pris son temps. Celui qui a commencé le rap pour s’amuser, juste pour essayer, s’est vite pris au jeu jusqu’à devenir, à mi chemin entre la Belgique et la France, l’un des MC les plus originaux de ce nouveau rap francophone. Une ambiance follement éclectique, des sonorités électro, des featurings avec Caballero, Superpoze, Roméo Elvis, Lost et 2Fingz, des clips construits comme des petits bijoux d’esthétisme véritablement bluffants, de Flip se dégage l’amour de « l’album bien fait ». Un premier album abouti qui confirme tout le sérieux de Lomepal et son équipe.
SZA – Ctrl
Après deux mixtapes et des mois à teaser la sort...
Après deux mixtapes et des mois à teaser la sortie de son premier album au sein de l’écurie TDE, la belle et talentueuse SZA, nous livre enfin « Ctrl », un album enivrant. Un peu de pop, de la nusoul, des textes autobiographiques, et une bonne grosse dose d’influence Hiphop, sur « Ctrl » Solana Rowe fait des merveilles et chante l’amour et l’amitié dans l’Amérique actuelle. Parfois cru, mais toujours juste, l’album se révèle sensuel et très cohérent. S’entourant d’Isaiah Rashad ou de Kendrick Lamar, elle réussit un joli tour de force et se place sans mal parmi les sorties RnB les plus intéressantes de ce premier semestre.
Siboy – Spécial
Teasé à merveille avec le clip de Téléphone, S...
Teasé à merveille avec le clip de Téléphone, Special est un violent mélange de bangers addictifs et d’émotion encagoulée. Siboy se dévoile et vidange la haine, passe de la mélancolie à la violence sans transition et ça résonne encore une fois le disque terminé. Coeur craquelé puis recomposé au rythme de ses rimes embrasées, à nu puis revêtu de sa plus belle trois trous de youvoi, les influences sont clairement identifiables mais bien digérées. Le Marabou est « nwar comme l’habitacle de Lucifer » et trouve sa place assise dans le Train Grande Violence du 92i ; Au revoir merci.
Retro X – Digi
Noyer la peine dans le lean et la haine dans les y...
Noyer la peine dans le lean et la haine dans les yeux des filles jusqu’à ce que mort s’enivre, telle la raison d’être de Digi. Redcup à la main, Retro X se défonce pour la libertad, la chante comme sa solitude sous le soleil parisien. La musique, signée Nxxxxxs, S Boy ou Alan Mayers, est belle, et Retro nous chante à l’oreille le cauchemar du quotidien en vert & violet. Expert en éthologie, omniscient dans sa défonce, Retro observe et crée, chantonne et se laisser planer… Sur les nuages, dans la lune ou au dessus du soleil, il est dans c’fucking Djinn.
Makala – Gun Love Fiction EP
« Ouais, ouais, c’est d’la bonne, alors imagi...
« Ouais, ouais, c’est d’la bonne, alors imagine l’album / Ça, ça vient du coeur, et ça s’loge entre les yeuz ». Avec Gun Love Fiction, Makala et Varnish La Piscine se mettent en Strike Mood et entendent bien foutre tout le monde à terre. Les 6 morceaux du projet sont légers, raffraichissants et font grandement du bien dans le paysage du rap francophone. Bon, on commence à être habitués avec les gars de la Superwak Clique. Pink Flamingo (assurément l’un des beatmakers les plus talentueux du moment) pond des prods toujours aussi belles et accompagne au chant LeMak, qui excelle dans son art. Les instrus sont entrainantes, groovy, avec des sonorités parfois funk comme sur le tube Piscine Privée ou encore sur Algenubi. La musique est enivrante, si bien que même les headbangers les plus convaincus sont envoutés et se surprennent à adopter de nouveaux moves. Bon, tu l’as pigé Makala « sors l’album s’teuplait »
Infinit – NSMLM
Cher Christian, Pourquoi diable as-tu attaqué en ...
Cher Christian, Pourquoi diable as-tu attaqué en justice Infinit alors qu’il ne faisait que dresser ton parcours scolaire ? Tu n’as fait que sortir de l’ombre ses ambiances solaires. Alors bien qu’il est toujours La Haine c’est pour te remercier qu’il a intitulé ce projet sortant d’En Bas Fondation, NSMLM. Tu es donc convié à un barbecue de l’amitié sur le toit de sa cité. Apporte les merguez et DJ Pone fera rententir le nouvel hymne du 06, sur ses scratchs tu te déchanchera à ton aise. Inf a également demandé à ce que tu gares ta Golfe sous le porche il viendra te prendre en Porshe pour aller jouer au golf. Bisous le zin.
Di-Meh – Focus Vol 1
Bourré de bangers, le rappeur ne plaisante pas lo...
Bourré de bangers, le rappeur ne plaisante pas lorsqu’il s’agit de balancer des tubes. Les flows se bousculent et les gimmicks sont efficaces. Le suisse multiplie les styles et surfe sur ses influences. Car le MC dispose d’un talent rare, et à l’instar d’un Veerus, réussit sans mal à mêler avec cohérence beat trap, autotune et kickage brut. Multicolore, tout comme la pochette du projet, bourré de références, Focus Vol.1 se révèle étonnamment varié. Polyvalent, à l’image du hits « Focus », parfois ragga, souvent chanté et très trapé, l’utilisation de l’auto-tune y est paradoxale, poussée à l’extrême sans jamais être dans l’excès. Un sens de la mélodie terriblement efficace, des refrains prêts à backer, des couplets calibrés pour créer pogos et mouvement de foule en concert, il se dégage du projet une énergie brute, et une créativité impétueuse. Porté en grâce par des productions originales et travaillées, toujours très bien entouré, on retrouve Slimka, Népal et Veerus, décidément toujours où il faut, venus soutenir en densifié l’univers du jeune suisse. Énergique, violent et varié, avec Focus Vol.1 Di-Meh se place sans mal parmi les artistes francophones en train d’écrire 2017.
Lucio Bukowski & Lionel Soulchildren – Simorgh
Bientôt la quille pour Lucio ? La plume toujours ...
Bientôt la quille pour Lucio ? La plume toujours aussi fine, l’homonyme de ce bon vieux Buk ne surprend plus vraiment. Se faisant plus sombre et mélancolique, on sent une certaine lassitude du monde de la musique pour Lucio qui semble peu à peu vouloir délaisser le rap au profit de la vie de famille et surtout de la littérature : ses deux piliers. C’est toujours très bon, plein de saveurs et de musicalités originales signées Soulchildren, aussi auriez vous tord de vous en priver. La chandelle crame et Ludovic reprend le pas.
Caballero & JeanJass – Double Hélice 2
Après avoir mis tout le monde d’accord avec Dou...
Après avoir mis tout le monde d’accord avec Double Hélice, le cavalier et le « jeune jénial » confirment la qualité de leur duo avec leur deuxième opus Double Hélice 2. Un album de 16 pistes dans lequel Caba continue de parler de Ralph Lau et JeanJass de cracher des bars à référence footballistique, le tout enfumé de skunk. La nouveauté c’est le chant qui prend plus d’importance, et ce n’est pas pour nous déplaire. On l’a compris, les deux personnages se sont bien trouvés. Ils s’épanouissent et se complètent parfaitement dans ce rap jeu, qui est en quelque sorte leur cour de récré.
SCH – Deo Favente
Lors de la sortie du premier extrait de Deo Favent...
Lors de la sortie du premier extrait de Deo Favente, dont le nom était encore tu en décembre dernier, le titre faisait débat au sein de la rédaction. Six mois plus tard, l’album n’aidera toujours pas à créer une cohésion. Et pourtant, après le décevant Anarchie, SCH vient de signer la confirmation. Prouvant ainsi qu’A7 n’était pas qu’un coup de maître isolé. Ancrant un peu plus son personnage par les thèmes biens sentis et très bien exploités, il y’a à boire et à manger sur Deo Favente. Passons sur les polémiques n’ayant pas lieu d’être, reste un album d’une puissance rare pour ceux qui sauront écouter et chercher à comprendre. De punchlines assassines aux lieux communs mis en musique, l’album dégage une réelle aura de puissance propre à SCH qui n’a certainement pas fini de nous étonner. Du moins, tant que le rap payera.
Snoop Doog – Neva Left
Einième retour pour l’original vétéran qui a ...
Einième retour pour l’original vétéran qui a cumule cette année l’honneur de sortir son 15ème album et de fêter ses 25 ans de carrière. Pour célébrer correctement l’événement, Snoop invente à sa manière le concept de « Best of d’inédits ». Souhaitant retracer toutes les étapes musicales de sa prolifique carrière, le dogg parcours ses différents influences mêlant retour aux sources et fraicheur contemporaine. Alternant entre les featurings old school comme Method Man & Redman ou B-Real, et collaborations nouvelles avec BadBadNotGood ou Kaytranada, Snoop fait ici ce qu’il sait faire de mieux. Faire du neuf avec du vieux
Brockhampton – Saturation I
Odd Future a fait des p’tits. Le collectif texan...
Odd Future a fait des p’tits. Le collectif texan Brockhampton – composé de Kevin Abstract, JOBA, Ameer Vann, Matt Champion, Dom McLennon, Rodney Tenor, et Merlyn Wood – ne renierait surement pas la filiation ni les références de ses illustres aînés. Oui mais voilà, la comparaison s’arrête là. Basses lourdes et air de gros banger, ici nous sommes dans le sale sud, et ça se sent. Le reste n’est qu’une question d’égo. Un style fou, des refrains entêtants, une musicalité incomparable, Brockhampton surprend. Variant les flows, les rappeurs s’évertuent à nous scander à quels points ils sont au dessus du lot. Jusqu’à ce qu’ils nous le prouvent.
Vinces Staples – Big Fish Theory
Avec « Big Fish Theory », Vince Staples livre un...
Avec « Big Fish Theory », Vince Staples livre une véritable expérimentation à la croisée du rap, de l’electro et de la bass music, laquelle se dérobe à toute catégorisation définitive. Une grosse prise de risque donc, et un pari clairement réussi. Ce deuxième album solo du rappeur de Long Beach est pétri d’un ping-pong d’influences, à travers les productions de Sekoff et Sophie (principaux producteurs de l’album) et les interventions de Flume ou Justin Vernon de Bon Iver (sur l’intro). Dans ce palais des glaces sonore, Vince Staples a également invité Juicy J (sur l’entraînant « Big Fish »), Kendrick Lamar et Kucka (sur « Yeah Right » signé Flume, peut-être le meilleur morceau de l’opus) et ASAP Rocky sur « Samo ». Les instrus sont variées, le plus souvent efficaces et énergiques (« Bagbak » et « 745 »), et le thème de la condition des Noirs aux Etats-Unis toujours très présent. L’intro « Crabs In A Bucket » sur les dessous peu glorieux de l’industrie de la musique évoque d’ailleurs celle de la série The Corner, qui avait été réalisée dans le sillage de The Wire. Toutes proportions gardées, Vince Staples vient peut-être de livrer le « Yeezus » de sa jeune carrière, tant l’ensemble du projet est innovant et maîtrisé de bout en bout.
Jay Z – 4:44
Au terme d’une communication digne des grandes h...
Au terme d’une communication digne des grandes heures d’Apple ayant agité le métro New Yorkais comme le reste du monde, le plus célèbre des rappeurs de Brooklyn a sorti 4:44, son treizième album. Disponible en exclusivité sur sa plateforme Tidal, l’album comme prévu a enflammé la toile, chaque auditeur y allant de sa fine analyse. Et pendant que les plus fidèles aficionados érigent des autels à la gloire de ce nouvel évangile, les plus cyniques, clament ne pas être surpris, et osent même se dire un peu déçus. La vérité se trouve sans doute au milieu. Toujours est-il que Jay Z nous a livré un album instinctif et direct, prêt à devenir classique au fur et à mesure des écoutes.
The Underachievers – Renaissance
Depuis 2013, The Underachievers peine à retrouver...
Depuis 2013, The Underachievers peine à retrouver l’ampleur du succès d’estime qu’avait généré Indigoism. Le duo a pourtant sorti quelques projets de très bonne facture, de Evermore à It Happened in Flatbush, en conservant une grosse cadence de travail. Cette année, les frangins de Brooklyn ont annoncé la sortie de trois projets. Renaissance, le premier d’entre eux, devait voir le jour en février, il a finalement été repoussé en Mai. Comme souvent, les Underachievers font quelques petites erreurs dans leurs choix de production, mais leurs qualités techniques nous font rapidement oublier cela. Renaissance semble finalement tout avoir pour s’installer dans le haut du panier de leurs sorties.
Ho99o9 – United States of Horror
Du rap avec l’énergie destructrice du punk. Du ...
Du rap avec l’énergie destructrice du punk. Du punk avec les sonorités du hip-hop. Faites vous votre propre idée avec ce premier album d’Ho99o9, duo diabolique du New Jersey exilé en Californie. The United States Of Ho99o9 est leur quatrème projet et est dans la lignée des mixtapes qu’ils ont sorties précédemment. Agressifs comme Death Grips ou Bad Brains, theOGM et Eaddy produisent une musique pour exploser vos caissons de basses. En écoutant cet album vous aurez envie de vous secouer la tête à vous en briser la nuque et de tout brûler autour de vous.
Bones – NoRedeemingQualities
Si Bones et sa TeamSESH restent en indé, c’est ...
Si Bones et sa TeamSESH restent en indé, c’est pour rester libres dans leur art, mais aussi pour pouvoir sortir des projets gratos quand ils le désirent. Après Disgrace en janvier et Unrendered en avril, voici NoRedeemQualities pour ce beau mois de juin. Il s’agit du troisième album de l’année pour le prolifique « Th@ Kid », et d’un énième dans son incommensurable discographie. Dans ce nouvel opus, Bones fait ce qu’il sait faire de mieux : entrecouper des morceaux planants par des bangers conçus pour les mosh pits. Il alterne son flow doux chantonné avec ses hurlements dignes d’un fan de Behemoth, avec pour transition sa voix monotone au rythme saccadé. Les productions choisies par le rappeur renforcent comme toujours son univers sombre et sinistre de vagabond qui erre dans la forêt la nuit. On retrouve ainsi quelques-uns de ses beatmakers fétiches : Fleece, Hnrk ou encore Drew The Architect. La petite nouveauté, c’est le featuring avec Danny Brown, peut être pour se rappeler l’air des grands lacs du Michigan et l’ambiance de la lugubre ville de Détroit.  

REVUE DE PRESSE

 

Action Bronson – Blue Chip 7000
Trop occupé à vendre goodies et émissions tél...
Trop occupé à vendre goodies et émissions télé, il aura fallu deux ans, à Action Bronson pour donner un digne successeur à "Mr Wonderful". Un projet de 13 titres concoctés en famille et assaisonné de mélancolie et d'auto-dérision. Si le projet à de quoi désorienter, force est de constater, que la livraison est toujours à la hauteur.
Daniel Cesar – Freudian
Toronto et ses pépites. Cet été, c’est le che...
Toronto et ses pépites. Cet été, c’est le chercheur d’or Daniel Caesar qui a sorti son premier album, intitulé Freudian. R&b atmosphérique, gospel et soul, le sucre est fin, le sucre est doux, ça fond dans les oreilles et se transforme en miel par une mystique alchimie. De l’enfer de l’amour au paradis de la solitude, le nouvel empereur dépeint son monde et le nôtre sur des rythmes lents et remplis d’exaltation, faisant se mélanger les sentiments les plus contradictoires et révélant les extraits cachés d’une innocence enfouie au plus profond. La lune est pleine, les cœurs aussi, le love est ailleurs mais n’attend que nos petites personnes pour se pointer. Et une analyse façon Freud pour commencer à s’aimer soi-même, avant de donner aux autres.
Tyler the Creator
Quatrième album studio pour Tyler, qui après Gob...
Quatrième album studio pour Tyler, qui après Goblin (2011) Wolf (2013) et Cherry Bomb (2015) nous livre au beau milieu de l’été, Flower Boy, son premier album signé en major. Un projet comme toujours, complexe et dense au air d’exutoire pour le californien. Emmenant ses démons en vacances, le créateur nous livre une véritable balade, bande son pour toutes sortes de rides estivales. Dans un projet très introspectif, Tyler s’éloigne prends ses distances avec son personnage d’éternel adolescent agité pour se laisser aller à une certaine mélancolie. Entouré de ses potes Franck Ocean, Asap Rocky ou Jaden Smith, le MC nous apparait sur des productions très travaillées, sensible et réfléchi, presque apaisé. Bourré de titres accrocheurs, doté d’une production parfaite et de featuring intelligemment disséminés, l’album se révèle plus lisse, plus accessible, mais aussi plus touchant, que ses précédents projets, et fait de Flower Boy sans nul doute la meilleure carte de visite de Tyler à ce jour.
Xxxtentacion – 17
Controversé, déroutant, hors norme, Xxxtentacion...
Controversé, déroutant, hors norme, Xxxtentacion s’est imposé en 2017 comme le meilleur exemple de la diversité que le rap a à nous proposer. Des tréfonds de Soundcloud aux Freshmen d’XXL, Jahseh Onfro a su mêler les styles et brouiller les pistes, jusqu’à réaliser avec 17 l’album le plus abouti de sa carrière et le plus beau contre-pied de la rentrée. Avec simplicité et franchise, 17 incarne à la perfection toute la souffrance de X, et le récit de ses (réels) soucis psychologiques. Voyage de 22 minutes dans son esprit torturé, à demi-conscient de ses erreurs et pas certain de vouloir les éviter, X n’a « que faire de notre argent, il vise notre acceptation et notre loyauté ». Si le personnage de X a tout de l’adolescent perturbé, l’album se révèle d’une maturité étonnante. Les peines sont multiples, les influences le seront tout autant. Loin de proposer un rap-fusion daté, X mélange les styles avec élégance et une étonnante maîtrise de leurs codes, si bien qu’il est impossible de parcourir l’album sans entendre, cachés derrière une guitare, le mix d’un micro, ou une ligne de chant d’illustres aînés, allant de Pink Floyd aux Smashing Pumpkins.
Lil Peep – Come Over When You’re Sober
Seul album de Lil Peep, sorti de son vivant, Comme...
Seul album de Lil Peep, sorti de son vivant, Comme Over When You're Sober, reste à ce jour l'un des plus fringants projets que le "Rap Emo" nous ait légué. Récit d'une génération perdue fredonnant sa dépression sur d'entêtantes mélodie, cet album-testament est un indispensable de l'année.
BrockHampton – Saturation II
Deuxième projet de l'année pour le phénomène B...
Deuxième projet de l'année pour le phénomène BrockHampton. Dans la continuité de Saturation I, le collectif nous balance son lot de basses lourdes et gros bangers. Un style fou, des refrains entêtants, une musicalité incomparable : 2017 : l'année Brockhampton.
A$ap Twelvyy – 12
Membre du crew depuis le début, A$ap Twelvyy, Jam...
Membre du crew depuis le début, A$ap Twelvyy, Jamel Phillips de son vrai nom, aura attendu l’aurée de ses 28 ans pour sortir enfin son premier album, le bien nommé 12. Parfois éclipsé par ses illustres compères, à commencer par Yams et Rocky, le MC d’Harlem aura attendu près de 10 ans pour enfin toucher ses rêves de gloire. Se développer ensemble, pour mieux briller solo, tel pourrait être son crédo. C’est donc « remis », aussi bien que l’on puisse l’être, de la disparition de Yam$, et très sur de lui, que Twelvyy nous balance son projet. Et quel projet ! Aidé de Fredro Starr, Joey Bada$$, A$AP Rocky , A$AP Nast, Flatbush Zombies ou A$AP Ant, et sur des productions de Harry Fraud, Erick Arc Elliott, Maaly Raw ou Jim Jonsin, Tvelvyy nous offre un album extrêmement plaisant et parfaitement maîtrisé. Malgré des textes parfois trop lisses, Jamel Phillips réussit à varier les styles, et nous démontre sans forcer toute l’étendue de sa musicalité. Efficace et attachant, le personnage de Twelvyy nous embarque sans tout au long des 40 minutes du projet, sans jamais nous lasser. Au point de laisser le projet tourner toute une soirée… sans forcer.
A$ap Ferg – Still Striving
L’été 2017 sous le sigle A$ap passait égaleme...
L’été 2017 sous le sigle A$ap passait également avec Ferg. Le Trap Lord nous a balancé début août Still Striving, mixtape aux allures d’album, même si les titres solo sont ultra-minoritaires (trois sur quatorze). Et depuis son premier disque, on sait pertinemment que le gars peut lâcher bangers sur bangers, c’est ce qu’on attendait après le plutôt décevant Always Strive and Prosper sorti l’an dernier. Une attente salutaire, puisque les muscles cervicaux se mettent directement en action dès la première piste, et ne s’octroient que peu de répit. « Oww Yeah », « Nasty » et surtout le hit « East Coast Remix » avec A$AP Rocky, Busta Rhymes, Dave East, French Montana, Rick Ross ou Snoop Dogg nous tiennent en haleine en fronçant les babines. Flows sautillants, chantants ou bien plus durs, Ferg nous a encore une fois démontré la polyvalence du Mobb, summer crew 2017.
Dave East – Paranoia a true story
Après 7 ans de carrière à diffuser ça et là m...
Après 7 ans de carrière à diffuser ça et là mixtapes de qualité, Dave East est aux portes de la renommée. Un pied dans le succès, l’autre toujours enraciné dans les rues sombres de Harlem. Aidé de la machine Def Jam, Dave East nous entraîne donc cette fois, seul, dans sa Paranoia. Regardant le game par dessus son épaule, plus vraiment sur de son avance, Dave East joue les contorsionnistes. Au point qu’il semble avoir ici besoin de rentrer dans toutes les cases, rapper tous les textes, tous les styles, pour toucher tous les publics, et éviter de chuter juste avant la ligne d’arrivée. Entre l’introspectif et le superficiel, Dave East ne cesse durant ce projet de passer des rues sales aux clubs hype de New York, de nous conter la mort de ses proches, tout en s’autorisant un featuring plein de douceur avec Chris Brown. Vendu comme un apéritif avant l’album, les interludes à rallonge et les ouvertures mainstream manquent de maîtrise et ne réussissent malheureusement pas toujours à convaincre, jusqu’à diluer cette dureté pourtant revendiquée jusqu’au titre. Une paranoïa visiblement justifiée, Dave East loupe l’Or à quelques mètres de l’arrivée.
Asap Mob – Cozy Tape Vol 2
Eté chargé pour les A$AP, qui après nous avoir ...
Eté chargé pour les A$AP, qui après nous avoir balancé les très bons 12 et Still Striving respectivement par A$ap Twelvy et A$ap Ferg, le crew nous délecte de sa Cozy Tape Vol 2. Alors que le premier volume des Cozy Tape, sorti en 2016 avait été échafaudé, ou en tout cas, imaginé, par A$Ap Yams peu avant sa mort, ce second volet s’est fort logiquement élaboré sans la regrettée tête pensante du crew. Pourtant la recette reste la même, 17 tracks sur lesquels se bousculent un nombre incalculable de talents. Après avoir invité Onyx, Skepta ou Tyler the Creator en 2016,Rocky, Ferg, Twelvy, Nast et les autres partagent cette fois le micro avec Jaden Smith, Chief Keef, Lil Yachty, Big Sean, and Schoolboy Q. De quoi faire craindre une nouvelle fois aux plus exigeants auditeurs l’embouteillage stylistique. Pourtant malgré quelques longueurs, disparités et baisses de régime, Too Cozy nous offre tout de même son lot de titres forts et une très belle palette de flow.
21 Savage – Issa
21 Savage avait marqué l’année 2016 du son cod...
21 Savage avait marqué l’année 2016 du son codéiné de son très bon projet « Savage Mode » produit par un Metro Boomin’ en grande forme. Ce dernier était parvenu à capturer l’essence de l’univers du rappeur d’ATL, lui permettant ainsi de livrer son meilleur opus jusqu’alors. Avec son premier album studio sorti le 7 Juillet dernier, affublé d’un titre qui pourrait être un hommage au personnage de Jar Jar Binks sans que nul ne s’en soucie au regard de ses ténèbres fantaisistes, le mumble rappeur le plus célèbre du moment passe encore un palier. On continue de s’enfoncer dans la caverne sombre et poussiéreuse qui tient lieu de conscience à notre sauvageon préféré. A l’arrivée, 21 Savage livre un premier album globalement convainquant qui en dépit de quelques faiblesses respecte la promesse formée dans son précédent opus.
Sean Price – Imperius Rex
Deux ans déjà. Le 8 août 2015 s’éteignait ch...
Deux ans déjà. Le 8 août 2015 s’éteignait chez lui l’auto-proclamé meilleur rappeur de Brownsville. A seulement 43 ans, c’est une véritable légende de l’underground qui tirait sa révérence, laissant femme, enfant, et armée de fans orphelins et désœuvrés. Après un premier album posthume, Songs in the Key of Price sorti en 2015 dans une certaine précipitation, c’est au tour d’Imperius Rex de voir le jour. Loin d’être, comme on pourrait le craindre, un projet mercantile et bâclé, cet album se révèle être en réalité le sacre tant mérité de Master P. Duck Down Music, et surtout Bernadette Price, sa veuve, ont vu les choses en grand, et c’est avec humilité et respect qu’ils nous livrent ce qui pourrait bien être le meilleur album solo du New Yorkais. Avec les featuring de MF Doom, Prodigy, Method Man, Raekwon, Swif-N-Wessun, Freeway ou Buckshot, l’album est un véritable must have, ode aux cassages de bouches et à l’humour gras de ce regretté P !
Laylow – Digitalova
Teasé au début de l’été par le clip de « Bi...
Teasé au début de l’été par le clip de « Bionic », Laylow nous a livré une petite douceur estivale acide et sucrée, idéale pour s’ambiancer lors de chaudes soirées romantiques sous lean. En effet, Digitalova (de l’amour et du toucher) tomba à point nommé pour le lancement officiel de la saison et faire une razzia sur juillet/août. Pari réussi pour l’homme aux cheveux noodles, doué et prometteur. Si l’album n’est pas à mettre en toutes les mains, il est clair que les Jean Puristes n’y trouveront pas leurs comptes. Faut vous y faire les gars. Une nouvelle vague arrive, et il faut faire de la place. Je conviens qu’il peut être difficile d’assumer qu’on aime se dandiner sur de la musique sensuelle, voire même parfois sexuelle, mais l’époque est réceptive à ce genre de bonbons savoureux. Reste à savoir comment évoluera Laylow, et les choix artistiques qu’il prendra définiront si oui ou non il laissera une empreinte définitive sur la route de la musique urbaine francophone. C’est tout ce qu’on lui souhaite !
Ash Kidd – Mila 809
Troisième projet, pour l'artiste strasbourgeois A...
Troisième projet, pour l'artiste strasbourgeois Ash Kidd. Un EP douze titres, entre rue et romantisme, love et désespoir, dans lequel Ash Kidd assume son appétence pour la chanson française et chante l'amour sombre, juste reflet de l'époque.
Fally Ipupa – Tokooos
Retour en grâce pour l'héritier de Papa Wemba, q...
Retour en grâce pour l'héritier de Papa Wemba, qui avec Tokoos, amorce un virage dans sa carrière musicale. Délaissant quelques peu la rumba avec laquelle on l'a connu, Fally Ipupa s'envole vers d'autres horizons musicaux, créant un son hybride : Le Tokooos.
Niro – Ox7
Et voilà… Encore une fois… Il a recommencé...
Et voilà… Encore une fois… Il a recommencé… Et encore une fois, il a réussi son coup. Vrai marketing du tur-fu pour celui qui balance ses projets sans prévenir. Sans promo, sans préventes, sans télés et sans radios, OX7 vient se placer numéro un des ventes Itunes en moins de vingt-quatre heures. Qui peut encore, aujourd’hui, se targuer de telles prouesses ? Après avoir involontairement snobé Les Autres, qui avait clairement déboussolé une partie du public de Niro, il était hors (game) de question de passer à côté de cette petite merveille d’OX7. Quand l’opus précédent mettait du temps à être digéré, et c’est sans doute ce qui explique le manque d’engouement populaire ayant suivi sa sortie, le nouveau missile du barbu à lunettes fait très vite son petit effet. Une vraie bouffée d’oxygène symbolisée par le retour de l’enfant prodigue. Celui que l’on attend pas mais qui ne manque jamais ses sorties.  
Majdon Co – Okinawa DSTR
Majdon Co est high fly dans la street comme Pégaz...
Majdon Co est high fly dans la street comme Pégazus sur une instru west coast, à la recherche de filles fraiches tout droit sorties d’un Hentai. Dans cette honorable quête, il est épaulé par les chevaliers de son solide posse Francis Trash. Un projet nocturne au cours duquel Majdon Co nous fait voyager à travers les différentes atmosphères de la vie cachée d’Okinawa District.  
Toro Y Moi – Boo Boo
Le clip de « Girl Like You » a lancé ce triste ...
Le clip de « Girl Like You » a lancé ce triste été de la meilleure des manières : une funk lente et mélancolique, des espoirs d’amours impossibles à concrétiser, brasier crépitant en fond. Ce titre annonçait Boo Boo, le nouvel album de Chaz Bundick. Entre Prince, la Madonna eighties ou J. Dilla, le californien nous envoie doucettement vers un coucher de soleil en solitaire sur un rooftop et les émotions qui vont avec, impossibles à approcher dans les époques les plus stables de nos petites vies. Sensualité, tristesse, désir langoureux et romantisme, ce disque doux-amer nous laisse quand même ce léger rictus de satisfaction irraisonnée qui vaut mieux que mille amours éphémères.

 

Hyacinthe – l’éclosion
2017, c'est aussi l'éclosion de Hyacinthe. Le jeu...
2017, c'est aussi l'éclosion de Hyacinthe. Le jeune rappeur parisien a enfin étalé son talent à la face d'un public plus important cette année avec « Sarah », son premier véritable album. La torture ne disparaît pas avec le temps, elle change juste d'époque, et la dépression post-adolescente des précédents opus se transforme en mélancolie d'adulte, moins en surface, plus profonde. Et cela se traduit dans son interprétation : les syllabes s'appuient et se rallongent, la voix sort de son coffre et se libère comme s'il avait retrouvé la clé, juste pendue à son cou. Les choix instrumentaux de ce disque renforcent ce constat, les mélodies synthétiques s'effaçant pour laisser place à l'interprétation, revenant de plus belle par nappes électroniques s'abattant sur un auditeur parfois surpris par ces envolées vocales et musicales, du chant lyrique aux passages « gabber ». Le contenu lyrical ne dénote pas avec le reste, difficile de trouver de la joie dans ce disque, même si l'hypersensibilité est difficile à traduire et à analyser. Toujours très personnel dans l'écriture, Hyacinthe aborde ces thèmes qui ne peuvent que toucher les jeunes adultes que nous sommes encore ou que l'on devient, comme l'amour et ses difficultés, la famille que l'on ne choisit jamais, la crainte des heures qui passent... Dans ce tourbillon musical, il n’y a qu’un seul signe écrit dans la buée générée par ce souffle chaud venant du plus profond, sur une fenêtre opaque, mais entrouverte en direction d’un océan dans lequel nous nous sommes tous noyés. Un océan qui prendra le prénom que vous voulez.
Hamza – Sur le toit du monde
Il aura fallu 5 projets à Hamza pour qu’il se t...
Il aura fallu 5 projets à Hamza pour qu’il se trouve enfin en tête des bilans annuels de la presse spécialisée. 5 projets tous propres, tous portant une identité cohérente, tout en explorant doucement l’océan des possibles musicaux. 2 ans que le belge fait écarquiller les oreilles des mélomanes, forcément séduites par ses mélodies chantées et enchantées par cette vibe dont il a le secret. Et en 2017, à défaut de remporter le succès commercial, les critiques encensent le jeune Hamza, pour un projet dont l’arrogance du titre, 1994, rappelle qu’à 23 ans, il dicte déjà ses règles sur le game. Sexe, mula, drogues et encore sexe, jalousies et amours, les mots d’Hamza sont crus et malicieux, provocants sans être vulgaires. Son délicieux mélange de french et d’anglais presque canadien, ajouté aux vibes venues d’Amérique, font de lui un artiste transatlantique, qualification méritée à force de travail et d’un talent délicieux. Avec Hamza, il ne s’agit pas seulement d’une voix et d’une prod, il y a autre chose, un doux mélanges de skirts, de râles et de voix cassées susurrant ces « habibi » qui adoucissent les coeurs. Un autre chose qui apporte au hip hop ; il ne s’agit non plus de se casser les cervicales mais de faire onduler les corps et les esprits ; plus seulement viril, le rappeur est sensuel, il est un personnage pluriel accouchant de vibes multiples, comme autant de bitches meublant le monde imagé du New Michael Jackson. « Sauce God caliente coach personnel », Hamza a ça de professionnel qu’il s’entoure des meilleurs producteurs, dont l’excellent Ponko, Myth syezr, Ikaz Boi ou lui-même pour ne citer qu’eux. Il est un artiste complet, ridant à merveille sur cette vibe qui fonctionne si bien en 2017 et continuera sans aucun doute à le faire en 2018.  

 

Belly – Mumble Rap
Plus de 10 ans après ses premiers émois musicaux...
Plus de 10 ans après ses premiers émois musicaux, Belly, le rappeur canadien d’origine palestinienne a sorti Mumble Rap. Un projet au titre volontairement réducteur et déroutant dont le but avoué n’est autre que décourager les auditeurs bornés. D’emblée, Belly rime avec ouverture d’esprit, et l’artiste, encore confidentiel, se mérite. Pourtant Belly impressionne. Par sa maîtrise et par ses prises de risques. Surtout pas mumble, pas vraiment trap, l’album produit par Boi-1da se veut sombre et déclame un ton sinistre sur des beats énergiques. Une ambivalence qui fait toute la différence, et permet au canadien de livrer un projet de onze titres cohérents sur lesquels on ne peut s’empêcher de revenir souvent. Ne reste à Belly qu’à obtenir la consécration qu’il mérite.
Rapsody – Laila’s Wisdom
Fraîchement signée sur Roc Nation, Rapsody nous ...
Fraîchement signée sur Roc Nation, Rapsody nous revient avec un second album : Laila’s wisdom. Toujours accompagnée par 9th Wonder, la rappeuse délivre un projet aux forts accents funk, gospel et néo-soul. Armé d’un flow rebondi qui mise sur une diction appuyée, Rapsody nous balade entre des morceaux introspectifs et des thèmes de société, bien accompagnée par des featurings prestigieux, de Kendrick Lamar à Busta Rhymes en passant par Anderson Paak et Black Thought. En résulte un disque enlevé et résolument positif aux accents proches de la Native Tongues. Pas toujours passionnant, mais avec de franches réussites.
Lil Pump – Lil Pump
Flow saccadé, rimes percutantes et paroles au for...
Flow saccadé, rimes percutantes et paroles au format Twitter, le rappeur défraie la chronique autant sur Soundclound où il fait sensation, que sur les réseaux. A peine âgé de 17 ans, il évoque sans détours la prise de drogue dure ou sa bisexualité qu’il illustre au travers d’une vidéo particulièrement explicite. Violent dans sa musique comme dans son usage des réseaux sociaux, Lil Pump se presse d’ajouter toutes sortes de lignes sur son CV alors que sa carrière vient de débuter. Mais au delà de la controverse, l’artiste frappe fort, classé numéro 2 au top Billboard hip-hop dès la sortie de son premier projet le 6 octobre dernier, et prouve qu’on peut transformer un éphémère succès Soundcloud en véritable coup d’éclat commercial.
PLK – Ténébreux
Pétris dans l’univers des années 90 – décen...
Pétris dans l’univers des années 90 – décennie qui les a vu naître – les membres du Panama Bende peuvent s’appuyer sur le meilleur de l’ancien temps pour fabriquer la musique de demain. Un subtil équilibre entre classicisme et futurisme qui est en passe de séduire la critique comme le public. Le rappeur parisien d’origine polonaise sait jouer collectif. A l’image du single éponyme, Ténébreux danse entre confessions humbles et sincères, et performances efficaces et enjolivées. Plusieurs facettes que l’artiste cultive et qui donnent tant de contraste à la mixtape, bien loin de n’être qu’un simple patchwork de titres décousus, mais bien plus proche d’un projet étendard, arborant la palette variée de style que PLK maîtrise.
Klub des Loosers – Le Chat et autres Histoires
Près de vingt ans après ses débuts, Fuzati bais...
Près de vingt ans après ses débuts, Fuzati baise toujours les gens et nous le prouve magistralement avec ce nouvel album. Originalité, éclectisme, influences, textes, tout est là pour permettre au Chat et autres histoires de résister, comme les précédents, à l’épreuve du temps. Et tant pis si, annoncé à l’origine comme une trilogie, l’histoire du Klub dont Fuzati est désormais le seul membre semble avoir pris un chemin différent, laissant l’histoire en suspens. A la fin morbide, Fuzati préfère la fuite.
Hugo TSR – Tant qu’on est là
Pas de réchauffé, tant qu’il est là, Hugo fai...
Pas de réchauffé, tant qu’il est là, Hugo fait dans le classicisme sans concessions, la dignité rebelle d’un chef qui a gratté avec tellement d’plumes qu’il a d’quoi se monter une coiffe d’indien. Si l’alchimie continue d’opérer, c’est qu’Hugo est fidèle à lui-même, mais toujours un peu plus fort. « Un stylo, un quet-bri, moi j’ai deux Bic, les deux crachent des flammes », des egotrips légendaires pour une concurrence qui doit l’avoir amère. Mais « Si tout l’monde fait d’la merde, pourquoi s’aligner ? Toujours sur la brèche, j’fais c’que j’aime y a de quoi saliver, j’suis pas sur leurs compils, j’suis en combi, où est ma fusée ? ».
Sadek – Vulgaire, Violent et Ravi D’être Là
Petit prince du rap, lossa sans âme et sans amour...
Petit prince du rap, lossa sans âme et sans amours, Sadek est fatigué d’être vivant, dégoûté des hommes et des femmes, et il s’éloigne d’eux, peu à peu, du bas du bloc à la tour d’ivoire. Posséder pour se soigner et rapper pour l’exprimer, c’est cette désillusion douloureuse qui porte l’album, de morceaux ambiançants en kickages en bonne et due forme. De « Zahouania » à « Petit Prince », VVRDL regorge de morceaux marquants, à tel point qu’on voit en quelques titres des pistes superflues, et qu’on passe facilement du replay au forward.
Ninho – Comme prévu
Au menu de ce nouveau projet, des titres streets k...
Au menu de ce nouveau projet, des titres streets kickés sur des ambiances trap et sur lesquels l’artiste dévoile toute l’adresse qu’on lui connaissait déjà. Ninho y reste dans le consensus en terme de sonorités, mais s’en tire souvent par le haut grâce à la qualité de ses propositions en termes de flows, mais aussi grâce une écriture maligne, embrayant des jeux de mots et des tournures de phrases crues, sans jamais lésiner sur l’humour noir.
Lk de l’Hotel Moscou – Xanadu
Xanadu, c’est une structure archétypale dans la...
Xanadu, c’est une structure archétypale dans laquelle Laurent Kia démontre toute sa capacité à voir par ensembles tout en truffant ses textes d’émotions et micro-impressions, accumulées en blocs, se suffisant à elles-mêmes tout en appuyant le gros du texte. En résulte une traversée vertigineuse où l’on peut à la fois être touché par la simple puissance d’une image et par l’ensemble de l’histoire. Un disque qui s’écouterait donc plutôt dans son intégralité, mais dans lequel on prendra forcément plaisir à aller piocher un ou deux morceaux, comme l’on prendrait plaisir à revoir une scène culte de cinéma, capable à elle seule de porter des sentiments qui la dépasserait. En somme, plus l’on appréhende Xanadu, plus les portes d’accès y sont nombreuses. Laurent Kia se pose définitivement comme l’un des rappeurs les plus singuliers du rap francophone.
Arm – Dernier Empereur
Quinze années qu’Arm traîne sa jolie plume aux...
Quinze années qu’Arm traîne sa jolie plume aux quatre coins de la musique rap de France, brisant tous les codes possibles du genre de sa diction particulière, de son vocabulaire soutenu et de ses envolées personnelles et poétiques. Du rock au spoken word, en passant par le théâtre, le rennais aura quasiment tout exploré, définissant les fluctuations de sa musique et de son écriture singulière. Dernier Empereur est son neuvième disque. Magnifique.
Hamza – 1994
Si 1994 n’est pas un album mais une mixtape, c...
Si 1994 n’est pas un album mais une mixtape, c’est qu’Hamza a souhaité en finir avec le passé, l’écrire et le chanter pour mieux en tirer un trait. Celui qui ouvre son projet en avouant « J’faisais partie d’ces gens affamés juste avant qu’je graille », construit sur 14 titres l’évidence, si il est Just Woke Up (comme son nouveau label) c’est pour instaurer sa Vibe. Une atmosphère très r&b qui nous transporte sur les plages de Malibu, short rouge taillé serré et pectoraux gonflés. Mais au détour d’une ligne de basse puissante, on se retrouve dans l’effervescence du club, entre drogue dure et douce compagnie. Il a fallu attendre le dernier morceau, celui de la naissance, pour qu’Hamza se livre, 1994 c’est la fin d’un petit homme, le début d’un grand dieu. Sauce God Caliente, ton coach personnel.
Nepal – 445 Nuits
Népal joint le temps d’une 445ième nuit la per...
Népal joint le temps d’une 445ième nuit la performance à l’artistique, et parvient à faire cohabiter l’aube et le crépuscule, les sonorités modernes et les références classiques. Un aperçu de ce que donne la pilule rouge, celle du rap technique et hostile, lorsqu’elle est combiné à la bleue, celle des sons classiques et ouatés. Disponible uniquement en téléchargement gratuit, le projet est sorti de manière très discrète, entouré de mystère, et pourtant il commence à faire grand bruit. De quoi troubler le silence nocturne essentiel à l’endormissement. Le game est désormais prévenu, c’est la nuit que Népal vient tuer le truc.
Freeze Corleone & TheHashClique – Thc
Comme à l’accoutumée dans le rap jeu, le 11/09...
Comme à l’accoutumée dans le rap jeu, le 11/09 n’est pas jour de commémoration du WTC, mais bien le bombardement auditif de Freeze Corleone. Cette fois-ci le Prof Agrégé sort de la mixtape pour proposer un album de 12 titres disponible sur toutes les plateformes de streaming. Le projet est en collaboration intégrale avec les beatmakers du TheHashClique, formée par Sboy et Bobby San. Ceux là mêmes qui s’étaient chargés de produire les sons « Luffy » et « Le Chen » sur F.D.T, ou encore le gros banger « Gaucho ». Un consortium ultrapuissant qui crache les flammes tout au long de l’album. La trap du gourou de la Ligue des Ombres est toujours aussi sombre, agressive et défractée, à l’image des tracks « Présence Menaçante » ou « Prof Chen » pour ne citer qu’elles. Les bars à base de name dropping, métaphores, références et codes sont toujours aussi présents et plus poussés encore. Le Chen est revenu plus puissant que jamais en ce 11/09, de quoi rendre la tâche encore plus difficile à tous les usurpateurs qui tentent de l’imiter.
Hyacinthe – Sarah
Meilleur projet et premier véritable album du mem...
Meilleur projet et premier véritable album du membre de DFHDGB, Sarah a bercé notre fin d'année d'une bien jolie manière. Hyacinthe s'est épanouit musicalement. Et on en redemande.
Gucci Mane – Mr Davis
Depuis sa libération, Gucci est partout et encha...
Depuis sa libération, Gucci est partout et enchaîne les projets : ligne de vêtements, collaboration avec Reebok, autobiographie et même scénario de film. Musicalement aussi, il marche sur l’eau et n’a cessé depuis quelques mois de nous ensevelir sous une avalanche de hits et de bangers avec une redoutable efficacité. Sur Mr Davis, son 11ème album studio sorti le 13 octobre dernier sur GUWOP Enterprises, le rappeur continue de multiplier les collaborations jusqu’à créer un véritable « who’s who ? » du rap game à la guestlist incroyable. Plus introspectif que ses prédécesseurs, Mr. Davis nous fait pour la première fois entrevoir Radric Davis derrière le Gucci Mane et comme une litanie, ses proches disparus et ses fils spirituels partis trop tôt reviennent sans cesse au fil des morceaux. Un Gucci au sommet de son art.
Bones – Failure
En juin dernier, Bones était déjà présent dans...
En juin dernier, Bones était déjà présent dans notre bilan mensuel avec le très bon NoRedeemingQualities. Il s’agissait alors de son troisième album en 2017… Trois mois plus tard, le voilà logiquement de retour avec Failure, nouveau projet de 16 titres. Mais vanter la productivité ahurissante de Th@t Kid, n’est plus vraiment nécessaire tant il nous a habitués à ce rythme effréné : en moyenne 5 mixtapes par an depuis 2013. Quantité n’est pas gage de qualité disent alors ses détracteurs, qui lui reprochent de faire plus ou moins la même musique depuis 4 ans. Ces derniers seront surpris par le retour efficace du boom-bap dans la tracklist de l’album avec Hi-Fi, Supressor, Deadline, Resurrection, SometimesTheUglyTruthCanBeBeautiful. Le dinosaure de nuage-son ferme des bouches avec Failure, qui est plutôt un succès.
Juicy J – Highly Intoxicated
La rentrée est à peine consommée que Juicy J es...
La rentrée est à peine consommée que Juicy J est déjà (encore) complètement intoxiqué. Le vétéran de Memphis nous gratifie d’une puissante mixtape de 18 tracks, dont la majeure partie est produite par ses »progénitures » : $uicideboy$. Une belle histoire tant on sait à quel point $crim et Oddy Nuff ont été bercé par la Three 6 Mafia. Aux côtés du duo de NOLA, Mike WiLL, Key Wane, Southside, Crazy Mike ou encore TM-88 viennent amener leur touche. Le Juiceman se charge de découper chaque instrumentale avec son flow aiguisé qui pue le Tenessee à plein nez. Le format mixtape est parfait et offre un casting hallucinant : A$AP Rocky, $uicideboy$, Rick Ross, Wiz Khalifa, Project Pat, XXXTentacion, Cardi B… Le projet est téléchargeable sur Datpiff et est assurément l’une des meilleures sorties de ce mois de septembre.
Meyhem Lauren & DJ Muggs – Gems from the Equinox
Quand l’un des derniers représentants du rap gr...
Quand l’un des derniers représentants du rap grimey du Queens connecte avec le légendaire producteur de Cypress Hill, il fait peu dire que cela nous interpelle. Un projet prévu de longue date puisque les deux hommes se rencontrent lors d’une session studio enfumée dans laquelle ils se retrouvent être les deux derniers survivants… Au menu, 13 titres, avec la crème de la côte est en featurings, de Roc Marciano à Benny en passant par Bronson et Exquire ! DJ Muggs livre une partition enfumée, flirtant avec le rock psyché sur des beats ultra compressés. Mehyem, bien aidé par l’émulation qui enserre tout le projet, envoie lui, quelques couplets d’anthologie. On a pas trouvé mieux pour aborder l’hiver.

 

Streaming : A chaque mois son record
Des disques d’or comme s’il en pleuvait, et ch...
Des disques d’or comme s’il en pleuvait, et chaque mois, des records d’écoute sur les plateformes de streaming. Le rap en 2017, c’est dans la poche que ça s’écoute. « Ta pochette, on la brûle, on arrache les pages une par une /On fait des tons-car, on la fume, On va voler ton CD, on va cogner ton CD ». La mort du disque, pour Orelsan et Gringe, sera violente et fera couler le sang. Nous étions en 2013, quatre années sont donc passées. Le Compact Disk est maintenant en baroud d’honneur face à un ennemi aux armes nouvelles : le Stream. La bataille est vaine, Deezer, Spotify et autres Apple Music sont en passe de s’imposer définitivement dans cette industrie, du moins c’est ce que semble indiquer les chiffres de cette année, qui avait commencé sur un record, déjà impressionnant. Nekfeu en décembre 2016 voyait son album « Cyborg » devenir le plus streamé en un jour avec 1.99 millions d’écoute, et ce, pour un album surprise et uniquement digital. Risqué ? De moins en moins, tant le streaming a pris le pas sur le physique durant cette année, devenant pour la première fois la solution d’écoute rapportant le plus de financement. Fini le disque fraichement acquis a la Fnac, et l’écoute les yeux fermer casque Sennheiser vissé sur les oreilles. L’auditeur devient l’utilisateur, et la musique un service comme un autre, qui a l’ère du numérique doit se défaire au maximum de ses contraintes physiques. Un titre dans la file d’attente du supermarché, un album dans la voiture et une playlist pour courir, l’offre digitale est variée, personnalisée, instantané et sans limite, ou presque. Que ce soit ça, ou le prix, une chose est sur, le streaming est plus que jamais séduisant. Et pour preuve, c’est 750 millions d’écoutes par semaine en 2017, soit 30% de plus que l’année d’avant. La formule séduit beaucoup plus que l’achat de titres ou d’albums en téléchargement, qui accompagne le disque dans sa chute. La musique en 2017, et particulièrement le rap, se consomme plus que jamais façon « chewing-gum » pour reprendre les mots de Vald. Un titre que l’on use et que l’on jette, propice à l’établissement de record éphémères. Après Nekfeu il y a eu Lacrim, et finalement Booba pour ne citer qu’eux. Mais il y a eu aussi Niska puis Kalash et Damso explosant tour a tour le classement titre par titre. Une liste qui s’allonge dans chaque catégorie, avec une seule constante : le rap est l’acteur majeur de ce jeu digital qui ne cesse d’attirer de nouveaux auditeurs, quitte à laisser sur le bord de l’autoroute les autres genres musicaux comme le rock, la variet’ ou la pop qui prolongent leur union avec leur ancien support. 73% des ventes dans la catégorie musique urbaine proviennent du streaming, cette proportion est presque 3 fois moins grande pour le Rock par exemple. Le rap est il devenu une machine à record de stream ? Ces chiffres font réfléchir les professionnels du secteur, qui commencent à prendre l’eau face a cette pluie de certification tombant sur le rap français, prolongement logique de la prise en compte des écoutes en lignes dans les ventes physique. Le disque d’or serait trop facile a obtenir, et ne privilégierait que les musiques urbaines. Ce mot-valise masque en réalité un phénomène plus complexe. Si le rap est aussi apprécié des utilisateurs de streaming, cela tient plus de sa popularité chez les utilisateurs de ces plateformes, qui sont de plus en plus jeunes, plus qu’un format que la presse traditionnelle a tendance a qualifié de « facile d’accès ». Les jeunes sont les premiers utilisateurs de ces plateformes et le hip-hop est la musique de la jeunesse. Ça matche encore mieux que sur Tinder. Le vrai débat, s’il y en a un, serait celui du mode d’évaluation des certifications, qui divisent et réduisent l’album en une somme de titres, qui écoutés un a un, feront le succès de l’album. Peut être faudrait-il alors penser différemment le succès en ligne des artistes d’aujourd’hui. Avec un peu d’imagination dans une époque ou Youtube vient concurrencer la télévision, le stream, par sa facilité d’accès et ses algorithmes qui privilégient les hits populaires, pourrait faire penser à une nouvelle « radio », une webradio 2.0 avec programmation à la carte. La bataille ne se joue alors pas vraiment sur le même terrain et l’idée de « ventes » derrière le streaming pourrait perdre le peu de sens qui lui reste. Quoi qu’il en soit, et peu important comment on rapproche chiffres de vente physique et succès virtuels, 2017 fût l’année du stream.
Les rappeurs et le Grunge
15 novembre 2017, Tucson Arizona, Lil Peep succomb...
15 novembre 2017, Tucson Arizona, Lil Peep succombe d'une overdose médicamenteuse. Fentanyl et Xanax étaient les seules échappatoires que le jeune Gustav avait trouvés pour planer au dessus de sa tristesse et de son état dépressif. Comme souvent, il aura fallu voir le pire pour se pencher sur un sujet dont la réalité et la généralité effraient : mariage entre rap et dépression n'a jamais été aussi fort. Il suffit de lire les mots d'XXXtentacion sur la cover de son album 17 pour s'en rendre compte : « Ma santé m'a quitté quand j'avais 17 ans. Mon cœur s'est brisé au-delà de la réparation quand j'avais 17 ans. J'ai réalisé que la douleur est et sera toujours un cycle quand j'avais 17 ans ». Frustration, désillusion, dépression marquent au fer rouge la philosophie de beaucoup de rappeurs aujourd'hui, comme l'était celle de la scène de Seattle au début des années 1990, avec des groupes comme Mudhoney, Nirvana et Pearl Jam. L'influence du grunge est omniprésente et se ressent à plusieurs niveaux. D'abord, des types comme Ghostmane, Danny Brown, Pouya, Meechy Darko, $uicideBoy$, ou Peep expriment leur malaise, font part de leurs addictions, de leur pessimisme face à l'avenir et parlent régulièrement de leur volonté d'en finir. Si les thèmes abordés sont similaires, l'imagerie renvoyée présente, elle aussi, des ressemblances. Cheveux longs, gras, décoiffés, souvent colorés (Lil Peep, Lil Yachty, XXXtentacion, Lil Uzi Vert, Famous Dex pour ne citer qu'eux), comme Kurt Cobain à ses débuts. Le style est parfois négligé, voire crasseux, avec des sapes sales et déchirées comme Gnarles Manson, dont le mentor n'est autre que ce bon vieux GG Allin. Musicalement, on retrouve les mêmes sons bruts et saturés du punk et du heavy metal, avec des groupes comme Death Grips, Ho99o9, Kate Mo$$ ou Bones, qui aime alterner hurlements et susurrements dans ses tracks. Evidemment, avec un tel univers musical, les live sont démoniaques et les fans n'hésitent pas à se dégueulasser dans de violents moshpits et walls of death parfois proches de la baston générale bien nineties, bien grunge.

 

Big K.r.i.t – 4eva Is a Mighty Long Time
Big K.R.I.T profite du format double-album pour jo...
Big K.R.I.T profite du format double-album pour jongler entre les deux imageries qui l’ont toujours caractérisé. Celle de la ride, du clinquant et de la rue, très country rap tunes, et celle de la vie, de son amour, au sens universel du terme, plus intimiste, plus personnelle. Un tiraillement qui était déjà bien représenté par la pochette de 4EvaNaDay. Chaque face du disque possède ainsi ses sonorités propres, d’un côté un patchwork entre la musique de Houston et celle d’Atlanta, de l’autre, quelque chose de plus r’n’b et gospel. La dichotomie est un peu trop marquée et on aimerait parfois que K.R.I.T accepte d’aller plus loin dans ses contradictions en mêlant l’ensemble, mais ce double-album reste tout de même diablement solide et appliqué.
Cam’ron – The Program
15 ans après The Diplomats Volume 1, Cam’ron, l...
15 ans après The Diplomats Volume 1, Cam’ron, l’un des pionniers de la mixtape telle qu’on la connaît aujourd’hui, continue d’opérer sur ce même format. 15 années durant lesquelles il a eu le temps de grimper au sommet de New York, avant de retomber dans un relatif anonymat, mais sans jamais quitter l’esprit des fans du Dipset tant il aura marqué ce nouvel âge d’or de la grosse pomme. Sur ce nouveau projet, Cam’ron conserve non seulement son charisme et sa voix si caractéristique, mais il commence même à toucher notre corde nostalgique, sans pourtant jamais tomber dans le syndrome Star Wars. Alors, certes, certains choix de production et la qualité du mixage sont plutôt discutables, mais l’on prend tellement de plaisir à retrouver le personnage que l’on parvient aisément à faire abstraction de ces défauts. C’est finalement ce retour bordélique et anonyme qu’il nous fallait.
21 Savage, Metro Boomin, Offset – Without Warning
Extension de l’excellent Savage Mode, paru l’a...
Extension de l’excellent Savage Mode, paru l’année dernière, ce Without Warning fonctionne cette fois sur un trio. Les prestations de Offset – qui enchaîne les homes-runs en cette année 2017 – retiennent certes plus l’attention, mais 21 Savage contribue indéniablement à la création d’une ambiance funeste qui fait le sel de ses collaborations avec Metro Boomin. Projet compact, ce Without Warning est l’un des essentiels de ce mois de novembre, et restera sans doute important pour ceux qui désirent savoir ce qui se trame dans le rap de 2017.
Kekra – Vréel 3
Encore une année sans faute pour Kekra, qui nous ...
Encore une année sans faute pour Kekra, qui nous a enfin sorti le troisième volet de ses Vréelles aventures. Toujours impressionnant dans la maîtrise de ses dizaines de flows, toujours dans les références pointues qui font sourire quand on les décode, le rappeur de Courbevoie fait danser son quotidien de charbonneur en saupoudrant ses mélodies de grime ou de UK garage, en allongeant instinctivement les syllabes et en déformant la langue. Avec cet opus plus varié dans les sonorités, les refrains et les flows par rapport aux précédents volumes, tout en étant dans une continuité remarquable, on a vraiment l’impression que Kekra a trouvé la formule qui est la sienne, et qu’il attendait juste qu’on soit prêts pour nous la balancer en pleine tronche. La majorité ne l’est toujours pas, mais ceux qui captent le truc savent qu’il est très difficile de faire mieux en ce moment.
Doums – Pilote
Quitter la démonstration et l’exercice de style...
Quitter la démonstration et l’exercice de style pour faire de la musique, voilà le défi qui lui a pris tant de temps. Pilote porte bien son nom, et à l’instar d’un premier épisode de série, il s’agit d’une carte de visite du rappeur, d’un CV musical qui pose enfin les bases sur la couleur et la consistance de l’artiste. Souvent associé à son acolyte Népal, la complicité du duo 2fingz est évidente et même si ce dernier ne pose pas sur cet album, on sent le travail entrepris en commun. Si Népal est la nuit productive et l’insomnie agitée, alors Doums est le jour de repos, le lent réveil et la douce promenade digestive ; une brume matinale semble s’être posée sur la voix et les ambiances de l’artiste.
Slim Lessio – Fruit de Paix
« Ils veulent tous être belges depuis Bruxelles,...
« Ils veulent tous être belges depuis Bruxelles, Bruxellesvie », clamait le Gordo Guapo… Mais que faire d’autre quand ne passe pas un jour sans entendre les voix wallones ? Avec Fruit de Paix, Slim Lessio remet une couche pour rappeler toute la puissance du rap d’outre-Quiévrain ; de la trap-à-skurt, du chant autotuné, des vibes soleil&palmiers, ce projet de collaboration entre Slim Lessio et Ponko a sa signature apposée sur ce mois de novembre prolifique. Coloré comme la cover, le plus mauvais des gentils garçons vise juste pour ce premier projet. Envolées leanées, à bout de souffle, voix cassée pour cracher des remords embouteillés, Slim Lessio livre un peu de sa Mierda quotidienne. « Au clair de la lean, mon ami Ponko »… le meilleur producteur de 2017 a encore frappé.
Freez – Les Minutes Vides
Pour résumer ce projet il faut se le procurer, te...
Pour résumer ce projet il faut se le procurer, tenir entre ses mains la pochette, suivre le regard de Freez voyant passer une comète : « Dans tout ce merdier, j’ai les yeux levés vers le ciel, par espoir. J’ai horreur des trucs complètement bre-som, de la posture de l’artiste torturé. Regarde en l’air, tu verras que t’es pas si mal ». Une demi-heure fracturée par une interlude qui invite à revêtir le costume de l’Astronote. Une demi-heure à voir les minutes vides se remplir de tout ce qui fait de Freez un artiste complet. La haine et l’amour, la peine et la joie, ses frustrations et ses rêves, son environnement et finalement au loin, l’inconnu, le salut. Sur ses pas le chemin est pavé de noir, il vide les minutes, parachève sa lutte : face à lui se révèle une Trajectoire Aléatoire.
Ichon – Il suffit de le faire
Il avait prévenu… « 2017 c’est pour de vrai ...
Il avait prévenu… « 2017 c’est pour de vrai », Ichon tire dans le mile et nous explique qu’Il suffit de le faire en 18 titres. Dans cet album, Ventchi ouvre le bal et par surprise, le Jeune LC ressort enfin de son silence cruel, Loveni explique par A + B comment être à la fois Bon Gamin et bad boy ; les feats sont tous réussis. #FDP et amant de putes, Ichon aime sa mère à la folie et les femmes à en sourire, pourvu qu’elles sentent la vanille et qu’elles ignorent son âme de poète. Le rappeur de Montreuil est un Champion comme Mike Powell, s’exprime en hurlements de « Je t’aime » , en chute libre dans sa propre Série b, il est cet inspecteur étrange en trench, qui s’en tire toujours Allah Fin du film ; « Il suffit de le faire ».
Overdoz – 2008
Dans la catégorie des rappeurs qui aiment se fair...
Dans la catégorie des rappeurs qui aiment se faire attendre, Overdoz se place assez haut. C’est quatre ans après sa dernière mixtape que le quatuor choisit de revenir avec son premier album ! Pari risqué, mais pari réussi. 2008 séduit par la richesse de sa production digne des meilleurs disques du nouveau LA, et par sa construction faussement bordélique. Tantôt drôle, tantôt touchant, toujours honnête, ce 2008 respire le lifestyle californien par tous les pores, et a en plus, l’avantage d’être un album qui s’écoute de bout en bout.
Lucio Bukowski & Lapwass – Requiem/Nativité
Vestiges d’un homme ayant croisé le regarde de ...
Vestiges d’un homme ayant croisé le regarde de pierre de la Méduse ou éclosion d’une humanité ? L’automne est cette saison où la vie se meurt, s’éteint dans un dernier chatoiement de couleurs or, tombe inexorablement comme la feuille d’un arbre. Lucio Bukowski chante une ode à ce qui sera demain, n’est plus aujourd’hui. Il cristallise l’instant dans un Requiem à la gloire de la Nativité. Oster Lapwass se pose en alchimiste de cette résurrection, orchestre la fin comme à leurs débuts animaliers. Au carrefour des caravanes Ludo retrouve (enfin) Fayçal et ARM pour une remarquable traversée du désert vers un oasis de mirages. Une quatrième et ultime fois, le disque noir est tourné. Pour clore l’album, 13 minutes et 12 secondes laissant au Stalker le luxe d’une dernière face avant de la perdre.
Pejmaxx – Pejmaxx
Troisième album solo en dix ans d’activisme pou...
Troisième album solo en dix ans d’activisme pour le MC de Créteil. Pejmaxx n’est pas un hyper-prolifique MC mais plutôt l’artisan voguant à contre-courant de la concurrence préférant sortir 4 EP’s par an. Sobrement intitulé Pejmaxx, le rappeur nous livre cette année un projet dépouillé, à l’instar de la cover. Toujours tranchant de vérité, sombre et à fleur de peau, le rappeur maintient le cap, et tient la barre d’un rap droit et sincère. Si l’album semble dans la même veine que ses précédentes réalisations, le MC alliant toujours ses textes aux productions de Soulchildren, la nouveauté se situe dans la présence des très nombreux featurings de qualité. Furax, Flynt, Scylla, Jeff Le Nerf, viennent entre autres, croiser le micro avec le cristolien et permettre à l’album de s’aérer, sans jamais manquer de cohérence.
Booba – Trône
Album leaké, sortie avancée. Le DUC est roi mais...
Album leaké, sortie avancée. Le DUC est roi mais internet fait sa loi. Offrant un support à DKR, l’un de ses meilleurs tubes, Booba assure et rassure sur 12 titres inédits mais sans grande surprise. Niska et Sidiki Diabaté viennent l’épauler, lui rappeler qu’il a la couronne alors Ça Va Aller… « La justice a deux vitesses, le Lamborghini en a six » au volant d’un bolide dont Damso semble parfois prendre les commandes, le 92i s’offre un Ridin’ dans les rues du 113. Mention spéciale aux millions qui tombent lorsqu’il brade le game le temps d’un black Friday où s’écoulent les bouteilles de D.U.C. Il était l’enfant du rap français, mais en est devenu le père, Elie chante pour sa Petite Fille. Les innombrables références aux anciens morceaux, un album écrit presque au passé et ce premier morceau annonçant la couleur « Revanche, colère, échec scolaire, dis leur y’a R à Baudelaire, à Molière, y’a euro, patate, tout c’qu’est khabat, j’vais arrêter l’rap, gros ça pue d’la chatte ». Une question s’est posée, et si c’était le dernier ? Booba s’assoit sur son Trône et plus que jamais résonnent ses prophétiques paroles « sur le plus haut trône du monde on n’est jamais assis que sur son boule ». La piraterie n’est jamais censée se finir, espérons que le cygne continue de chanter longtemps.
Guizmo – Amicalement Votre
Guizmo continue sa descente aux enfer dans un albu...
Guizmo continue sa descente aux enfer dans un album à coeur ouvert rappé sans filtre.
Tueurs – BO
Sorte de best of du rap belge, la BO de "Tueurs" ...
Sorte de best of du rap belge, la BO de "Tueurs" à de quoi faire pâlir les plus grands noms de nos compile d'antan. 12 titres inédits parmi lesquels Caballero et JeanJass, Coely, Damso, Hamza, Isha, Kobo, Krisy, Lord Gasmique, Roméo Elvis, Senamo, Yanso et Zwangere Guy viennent partager le micro.
Jul – La Tête dans les nuages
Toujours aussi productif, JUL a à peine eu le tem...
Toujours aussi productif, JUL a à peine eu le temps de décrocher le platine avec "Je ne me vois pas briller" qu'il nous offre son deuxième projet de l'année.
Travis Scott & Quavo – Huncho Jack, Jack Huncho
Depuis longtemps annoncé, l'album commun entre Tr...
Depuis longtemps annoncé, l'album commun entre Travis Scott et Quavo aura finalement vu le jour à la toute fin 2017. 13 titres pour quelques collaborations de prestige rendent le projet efficace. Efficace, mais pas marquant. Habitué à un autre niveau les deux protagonistes semblent s'être délester de cet album comme d'une promesse trop encombrante, retournant vite à leur projets respectifs.
Butter Bullets – Air Mès et Hermax
Il aura fallu attendre la toute fin d'année pour ...
Il aura fallu attendre la toute fin d'année pour que l'album français le mieux produit de 2017 pointe le bout de son nez. Le voici. Musique futuriste et textes cyniques, si la recette chez Dela et Sidi Sid est conny, sur "Air Mès et Hermax", le terrible duo passe un cap.
Despo Rutti – Dr Sophie Saïd
Nouvel album pour Despo et quel album ! Après avo...
Nouvel album pour Despo et quel album ! Après avoir annoncé un double disque pour l'anniversaire de "Majster", c'est finalement en toute fin d'année que le "Despote Utile", nous a offert "Dr Sophie Saïd". Véritable bombe, ce 13 titres amorce une renaissance de Despo qui, après avoir exorciser ses démons dans "Majster" et "Le Coeur dans les mains", semble prêt à tourner la page et nous régale de refrains imparables, de punchs assassinent et de flow impeccables. La seule bonne résolution à tenir pour 2018 : Achetez cet album !

 

Xxxtentacion – Requiem pour un gros con
2017 a commencé en prison, et c'est quasiment com...
2017 a commencé en prison, et c'est quasiment comme cela que se terminera cette année pour le controversé XXXtentacion. Son premier single, « Look At Me », défonce les Soundcloud charts alors qu'il est enfermé pour violences domestiques. Le floridien est certainement un gros con avec son entourage mais nous a pondu avec le mini-album « 17 » l'un des projets de l'année, mélangeant à fleur de peau rap, grunge, xanax et blunts, dévoilant une voix marquée par les émotions et les démons qui l'entourent - mais reste tout de même un gros con. Passons les beefs de gros con avec Rob Stone, Drake, les Migos et d'autres, les vidéos de gros con sur Instagram le représentant pendu pour promotionner son clip, avec XXXtentacion faites abstraction, sinon vous ne pourrez plus écouter sa musique. C'est dommage d'être autant un gros con quand on a autant de talent, mais comme les gens sont aussi des gros cons en général, ils continueront à pardonner ses « frasques ». Braquer des multinationales ça va, vendre de la drogue c'est pas terrible mais ça peut passer, taper des meufs, c'est mort. Celles et ceux qui repensent à ces crimes ne cliquent déjà plus et apprécient cette fin d'année 2017 comme avait fini la dernière, car XXXtentacion est en résidence surveillée pour falsification de témoin suite à cette sordide affaire. Dommage que la musique de qualité ne puisse pas tout excuser.  
Kodak Black, l’année de ses 20 ans
L'année de ses 20 ans, tout le monde s'en souvien...
L'année de ses 20 ans, tout le monde s'en souvient. Le passage d'une dizaine à une autre ne se fait jamais sans changements, les plus imperceptibles soient-ils. Dieuson Octave, aka Kodak Black, est né en 1997, et a fêté son vingtième anniversaire en juin dernier. Musicalement, 2017 sera également l'année de la sortie de son premier album, l'excellent « Painting Pictures », qui révèle encore un peu plus le mumble boy au grand public, avec l'aide de featurings prestigieux et toujours utiles en ce sens. 2017 a également été la sortie du deuxième volume de la mixtape « Project Baby » dont le premier avait été balancé en 2013, lorsque Kodak n'avait que seize piges, vous imaginez bien l'évolution. Les avis sont ce qu'ils sont, mais cette mixtape est peu être plus réussie que l'album sorti quelques mois plus tôt : le floridien raconte ses tragédies personnelles de façon encore plus profonde, et parle un peu moins des grosses fesses de ses partenaires, enfin de façon moins régulière – la redondance du rebondissement, tu connais. Que l'on adhère ou pas à la monotonie de son flow ou à sa voix ne bougeant rarement d'un iota, force est de constater que l'on se plonge volontiers dans la narration de sa vie compliquée à la manière d'un film mêlant drame et action, sexe et coups de feu, liasses et interrogations. Et c'est en sautant dans ce vide bien rempli que propose un artiste que l'on commence à comprendre sa musique.

 Nos Freshmens 2018

 

Lalcko
On pensait le savoir depuis un petit bout de temps...
On pensait le savoir depuis un petit bout de temps. Lalcko, occupé par ses multiples initiatives professionnelles et associatives était désormais hors du monde rap. Et pourtant... Annoncé au détour d'une interview de Butter Bullets, Dela, un nouvel album du plus célèbre rappeur préféré de tes journalistes préférés devrait voir le jour en 2018. Bien qu’aucune date de sortie n’ait été évoquée, le projet serait quasiment terminé et fin prêt à faire frémir nos petits palpitants de fanboy. Habitué aux textes riches en symbole et à une écriture bourrée de potentiels aphorismes, Lalcko devrait combiner sa force de l’image à son vécu fort pour faire le point sur sa vie personnelle et spirituelle, qui l’ont mené ces dernières années à effectuer un retour aux sources jusqu’au Cameroun. N'en reste pas moins l'ignominie de classer un pilier comme Lalcko parmi les Freshmens 2018. Pourtant le potentiel d’evolution pour ce nouveau projet est évident. Lalcko devrait pouvoir bénéficier d’un nouveau public, initié à un rap dur et complexe, pour enfin reprendre la place qu’il mérite, au panthéon du rap français.
13 Block
En 2016, nous découvrions 13Block via deux projet...
En 2016, nous découvrions 13Block via deux projets. Le premier,  "Violence Urbaine" sorti en début d'année leur avait permis de conquérir un premier public, le second "Ultrap" leur donnait toutes les cartes pour parvenir à laisser leur petite empreinte dans le rap français. Depuis les choses se sont accélérées pour le quatuor de Sevran, et en 2017, le groupe a pris du poids. En disséminant tout à long de l'année des singles puissants, cultivant leur excellent sens du refrain, développant leur complémentarité, asseyant leur réputation et revendiquant leur authenticité, les 13 Block ont su s'imposer dans le secteur ultra concurrentiel de la Trap française. Habitué des Bangers ultra efficaces, le groupe à acquis tout au long de l'année son statut de hitmakers. Avec un album qui devrait voir le jour en 2018, le 13 Block pourrait prétendre à une toute autre visibilité, entrer dans une toute autre dimension en touchant un public bien plus vaste que celui qui est actuellement le sien. C'est tout ce qu'on leur souhaite.
Slim Lessio
Signature du lab Street Fab', le jeune belge nous ...
Signature du lab Street Fab', le jeune belge nous a offert en 2017 "Fruit de Paix",  une première mixtape originale et prometteuse. Un 16 titres, mélange ensoleillé de productions irréprochables et de sonorités éclectiques, qui le propulse directement parmi les meilleurs espoirs de 2018. Avec un flow coincé entre Atlanta et Bruxelles, le jeune Lessio y dessine une trap nouvelle, remplie de gimmick et de mélodies, composée autour de refrains collants et d'une prose aiguisée. Un délire musical qui n'est pas sans rappeler un autre belge talentueux et de petit taille présent dans ce bilan. Les productions de Ponko sont comme toujours au top de ce jeu, et celle de San Hucci et Wizzard Beats venus soutenir eux aussi le MC, ne sont pas en reste. Reste au plus mauvais des gentils garçons à accomplir le plus compliqué : confirmer en 2018 dans un premier album tout le bien que l'on pense de lui.
Tee Grizzley
03 Greedo
Originaire de Watts en Californie, 03 Greedo arbor...
Originaire de Watts en Californie, 03 Greedo arbore fièrement son tatouage « LIVING LEGEND » en travers du visage. Avec le rap comme seul horizon pour assumer l’arrogance et l’audace d’un tel positionnement. Sa détermination à percer dans le game prend la forme d’un rêve où le rappeur serait une hybridation du Future de Dirty Sprite et de Lil Boosie. Transfusées au sirop pour la toux du gangsta rap d’Atlanta ou noyées sous les vapeurs du cloud rap d’Oakland, les prods s’élancent vers des éthers peuplés d’échos en cascade qui donnent l’impression d’un dialogue d’03 Greedo avec lui-même. Les pistes vocales se répondent en miroir, à l’infini, comme s’il rappait depuis la galaxie lointaine d’une « out of body experience », au-dessus de lui-même.
Sopico
Sopico est de ces artistes discrets, de cette disc...
Sopico est de ces artistes discrets, de cette discretion qui laisse présager le calme avant la tempête. Il est de ces artistes qui existent pleinement et sûrement, ne se précipitent pas et laissent leur musique gagner du terrain peu à peu ; d’abord les chineurs, les moins chineurs et puis les autres, petit à petit. Le rap de Sopico se laisse déguster, ses morceaux font partie de ceux dont il faut se délecter doucement, pour sentir la musique puis les mots, laisser leur sens imprégner les nôtres. Saisir l’écriture généreuse, triste et vraie, saisir l’univers, délicat et mélancolique. C’est un autre 18ème, un tendre Montmartre que Sopico nous offre et c’est depuis sa butte qu’il s’interroge sur la vérité, sur ses vérités qui deviennent les nôtres aussi à force d’écouter, avec une oreille intriguée d’abord, pleinement attentive, ensuite. Sopico, au rythme d'instrus trap, whinées ou sensiblement mélodieuses, regarde ses rêves tomber comme autant de flocons malmenés par les vents. « J’ai fait pousser la graine sans faire usage de mes larmes » ; ni le hasard ni la chance, c’est bien le talent qui verra grandir son Arbre de Vie. Et cet Arbre de Vie, l'alléchante ébauche de Yë, son album annoncé pour février 2018, ne laisse pas l’ombre d’un doute : Sopico est un "étrange enfant, pas jeune de l’année », mais bien celui de l’année prochaine.

Les Clips de l’Année

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