Tcho : Rencontre en quarantaine

In Interviews by Thadrill Comments

Ne cherchez pas  à mettre une tête sur son blaze, Tcho est ce type d’artiste dont le travail parle pour lui-même sans avoir à passer par des explications de textes pompeuses. Un travail long et torturé fait dans la démerde, afin de mettre en forme pour les autres un visuel digne du fond. Zone de Quarantaine, ouvrage ressassant 15 ans de travail et de passion, est sûrement la meilleure solution d’exposer à la face de tous son travail, mais aussi un morceau d’histoire du hip-hop français. Une démarche solitaire et brute qui donne un nouvel élan à son oeuvre et nous rappelle que même dans l’ombre, Tcho reste toujours sur la mesure. Rencontre avec l’artiste proche de la quarantaine, pragmatique et sans concession.

Photographe, graphiste, réalisateur de clips, « graffiti artist », beaucoup de titres pour essayer de canaliser tout le travail artistique que tu as fourni mais toi comment te définirais-tu ?

Graphiste, principalement. A dire vrai, je ne suis pas un photographe, je m’y suis essayé car j’aime l’image et y’a le truc qui fait que, sur un instant, une pose, le hasard aidant, tu peux capter de vrais trucs. Les clips c’est venu après, assez spontanément, un, puis 2 puis 3 puis pas mal au final. C’est parti du cercle fermé d’Anfalsh, puis la Rumeur, puis d’autres sollicitations ont suivi. Après « réalisateur » entre guillemets, car c’était souvent et c’est souvent encore avec peu de moyens. Un côté démerde dont j’essaie pourtant de me défaire mais pas toujours simple…

La démerde c’est vraiment un frein ou au contraire un vrai facteur de motivation dans ton travail ?

La démerde c’est un moyen, pas une motivation, c’est juste que tu fais les choses ou essaies de les faire…tu sais que t’es surement limité…mais tu y vas. La démerde, c’est pas un frein je pense…c’est juste que t’essaies de t’affranchir de trucs pour avancer. Le confort et les moyens c’est bien des fois aussi…mais également, faut savoir en faire quelque chose.

Mais bon, c’est clair que si des fois t’attends ces 2 facteurs pour faire des choses, bah tu fais rien ou pas grand chose.

15 ans de travail dans l’ombre, hors champ, puis l’an dernier une première exposition itinérante et cette année la sortie de livre de tes travaux Zone de Quarantaine le 22 mai. Qu’est-ce qui subitement t’as amené à sortir de l’ombre à une certaine lumière ?

Pas de décision « subite » à vouloir sortir de l’ombre. L’exposition de l’année dernière, « Frames », c’est venu suite à une sollicitation des « Pépites du Cinéma », un festival de cinéma « urbain », qui met un certain point d’honneur à soutenir, révéler des « nouveaux » artistes, auteurs ou cinéastes. Tout ça est orchestré par Aïcha Belaïdi que j’ai pu rencontrer plusieurs fois. Elle était intéressée par une projection rétrospective de clips. J’étais pas super à l’aise à ce moment la donc j’ai repoussé le truc. Toujours un peu de mal avec les choses déjà faites qui vieillissent mal et que j’ai du mal à re-regarder.

Du coup, « Frames » est devenue une expo « multi-supports » avec du graphisme, de la vidéo, puis également de la peinture car je voulais compléter une espèce de « chaine graphique ». Ca s’est fait relativement assez vite car le projet a plu aux Ateliers V3M qui m’ont accueili en résidence, puis j’a eu des aides comme Anne-Laure d’A Parté, qui gère notamment le booking d’Asocial Club.

Par faute de calendrier et de disponibilité de lieux, ça n’a pas pu être inclu à la programmation des Pépites du Cinéma. Ca s’est donc fait « à part ». La projection « solo » a quand même eu bien lieu dans le cadre du Festival, 1 an après, et c’était 40 minutes le timing carte-blanche accordé et entendu. Ca s’est nommé « Mise en Quarantaine ».

Donc la motivation, à la base, c’était répondre à une demande… Après on se prend au jeu, dans l’idée ou il y a eu un plaisir à bosser que pour soi, pas un artwork pour quelqu’un ou un clip pour un autre. Juste pour soi. Tu essayes, tu décides et tu te plantes ou pas…mais ça ne regarde que toi quasiment. Et c’est bien de « jauger » aussi la part du visuel, isolément. Le reste du temps, tout ce que je peux faire est lié à l’artiste qui, à mes yeux, est et doit être et rester au centre du projet.

Le bouquin, c’est un peu la même idée. Essayer un truc… Au pire des cas, j’aurai une palette de retours invendus chez moi et je les passerai aux potos que je croise…

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Ce livre de travaux ne peux bien sûr pas résumer complétement ton travail (surtout la partie vidéo), comment en es-tu arrivé à privilégier ce type de format papier ?

C’est un peu en réponse ou en complément à la projection de clips…c’est une autre « déclinaison » du travail. Les artworks à feuilleter, c’est peut-être plus pertinent et ludique qu’un diaporama d’images fixes qui défilent sur un écran…c’est un objet, physique, que tu peux garder…je sais pas trop en fait…

Depuis longtemps, les livres d’images, j’y suis plus ou moins habitué. Rien qu’en graffiti, Subway Art, Spraycan Art…c’est des bouquins…mais avec tout ce que tu aimes dedans…donc le support du livre, ça ne m’est pas « étranger ».

Plus tard, en graphisme, j’avais pu également me procurer par exemple des bouquins comme un de la série qui réunissait toutes les covers de Blue Note.

Dans sa réalisation, tu as décidé de t’associer à la maison d’édition Hors Cadres, pourquoi ce choix plutôt qu’un gros éditeur déjà bien en place ?

Avec une idée de faire un bouquin, les premières choses que j’ai faites c’était me renseigner un peu sur la question, en demandant « conseils » à des gars spécialisés ou familier avec l’édition.

Une fois que t’as ces conseils, tu démarches un peu…et dans ce cas présent, dans un milieu que tu ne connais absolument pas…et qui ne te connaissent ou comprennent absolument pas…ou qui ne répondent pas…tout simplement. Puis ça te gave…puis tu décides de le faire un peu à ta manière.

C’est la qu’on s’est entendu avec Rocé, dont Hors Cadres est la boite de prod. C’est une personne avec qui j’ai pas mal bossé ces dernières années et en lui parlant du truc, il me dit « j’suis chaud, on y va ». On apprend ensemble, c’est le premier projet d’édition chez eux. Chez Hors Cadres, il y a également d’autres « forces vives » comme Antoine, qui est un véritable atout pour la sortie du bouquin.

Après, j’ai également choisi des partenaires de « sens », à savoir Posca France et Wrung qui ont été tout de suite motivés sur le projet.

Donc pour répondre réellement à ta question, je pense sincèrement qu’un « gros éditeur bien en place » a autre chose à foutre que sortir 160 pages de visuels de rap indépendant en série/tirage relativement limité…et je peux le comprendre.

C’est donc ton premier ouvrage papier et comme on le comprend en dehors des partenaires de « sens » et de Hors Cadres tu t’es démerdé tout seul pour le faire. Le fil conducteur de Quarantaine tu le définirais comment ?

Bah y’en a aucun…du moins la, tout de suite, je suis incapable de « conceptualiser » le truc et de rendre ça super passionnant…avec un début et une fin.

La vérité, c’est que je pense que si t’as pas suivi un minimum mon taf, ou que tu connais pas ou n’apprécies pas les gens avec qui j’ai bossé, ça peut être très long et très chiant. Après oui, je me suis occupé de le faire seul, dans la forme, la sélection et l’imagerie autour de ça…mais ça me semble assez logique vu que c’est sensé être mon taf, à la base.

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Cet ouvrage permet de mettre en valeur ton travail mais excepté une page consacrée à la « pré-quarantaine », on ne découvre rien sur toi, pourquoi cette discrétion ?

Parce y ‘a rien de fabuleux à dire surtout…et c’est pas le but. On parle de taf et fin. C’est un ouvrage de graphisme. Ça se fait beaucoup, c’est assez répandu.

Puis cette page en question n’est pas super indispensable…c’est un peu une « rustine » dans le chemin de fer. Après, dans le sens, j’ai voulu faire un espèce de patchwork très succin, histoire de rendre le truc pas trop anonyme, et surtout définir le cadre : ça vient du graffiti, d’une banlieue grise où tu te fais chier, du patrimoine « visuel » que t’as dans la tête etc etc…

Pour en revenir à la quarantaine, on a l’impression que c’est un élément déclencheur dans ta démarche, Kenzy  part de cet âge pour préfacer ton ouvrage, y en a pour qui avoir 40 ans sans Rolex c’est raté sa vie, est-ce que pour toi arriver à 40 ans sans ce témoignage papier tu l’aurais vécu comme un échec ?

« Quarantaine »…le mot colle depuis la projection dont je te parlais…ça restait également dans le même environnement lexical qu’ « Antidote ». Et…c’est un âge qui arrive d’ici très peu de temps pour moi.

Les axes principaux quand on parlait de la préface avec Kenzy, c’était le hip hop, la passion, l’activisme, en opposition au « hip hop bobo fashion » ou juste t’acheter des pompes collector à 200 balles fait de toi un « puriste » ou un « vrai »…

Kenzy a formulé un texte articulé autour de l’âge, qui conte une passion avant tout, et il a visé juste.

Pour l’histoire de l’échec à 40 ans…si t’as bien feuilleté le truc et que ça pourrait faire office de « bilan » de ma part…tu percutes vite que c’est pas la victoire …du tout…On va dire que c’est un échec assumé à 1000%…et de toute façon, pas du même monde et pas la même échelle de valeur de réussite que ces gens dont tu cites les propos.

Après, bouquin ou pas ça reste un peu la même merde de toute façon. La satisfaction c’est d‘avoir eu une idée assez spontanée, de la faire et de venir à bout pour que ça se concrétise.

Un échec qui reste tout de même inscrit dans le patrimoine du Hip-Hop, sur 15 ans de réalisation qu’on retrouve dans ton ouvrage, il y a de belles victoires artistiques. Parmi tous ces travaux, y en a-t-il dont tu es le plus fier que les autres ?

Dans les idées et le rendu que je peux encore regarder, les travaux autour des albums de Casey…des trucs pour Vîrus dernièrement…pas mal d’autres choses en vrai…mes conneries de logos pour le teasing web Asocial Club…Je peux pas trop citer précisément. Y a des trucs que tu peux apprécier dans la forme…mais y a aussi d’autres trucs moins esthétiques ou travaillés que tu re-regardes en te disant « putain, on est vraiment des cons en vrai… »…et rien que ça, ça fait que le taf te fait marrer et que t’aimes bien…le côté ou tu as pu faire des trucs comme tu veux, sans garde-fou et que tu t’es bien marré. Et peut-être que c’est ça « les victoires », avoir pu faire et faire ce qu’on veut.

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Pour la préface c’est un grand nom du Hip-Hop français que tu as choisi : Kenzy. Pourquoi ce choix ?

Parce que j’apprecie la personne, le discours et le parcours.

Quand j’ai pu bosser avec lui sur des trucs, j’ai vu qu’il avait un regard super précis et intéressé sur tout ce qui était « image » liée au rap ou non et que c’est un passionné de Hip Hop, avant tout. Après je ne me voyais pas demander à quelqu’un d’autre. Il a accepté et l’a pris comme un « exercice de style » donc bon…ça tue.

Dans cet ouvrage, tu occultes la partie graffiti que ce soit au sein de ton crew les P19 ou en solo, le graff n’avait pas sa place dans cet ouvrage ?

Non parce que j’en fais peu désormais et pas grand chose à montrer dessus. Et aussi parce que je pense qu’il y aura mieux à faire pour un ouvrage entièrement P19 et exclusivement graffiti…on y bosse en ce moment tous ensemble la.

En explorant l’ouvrage, on prend très vite conscience qu’au final ton évolution est très simple et limpide, on part des flyers puis des affiches puis des mixtapes puis des covers d’albums pour aller jusqu’à la réalisation de vidéo clip. Dirais-tu que ton parcours était au fond tout tracé ?

Non, c’est moins beaucoup moins « romanesque » que ça. Je sais juste que plus t’avances dans les pages et moins ça sent la joie de vivre dans les teintes et les thêmes…

Question étudiant pd en psychologie : C’est un constat d’échec global de la société qu’on ressent souvent dans ton travail, cette impression que les lendemains qui chantent c’est une douce utopie. Dirais-tu que tu es plutôt quelqu’un de réaliste ou de fataliste ?

Etudiant ou pas, PD ou pas, la question s’est trompée d’étage. J ‘pense qu’elle serait plus judicieuse si posée à un artiste pour lequel je bosse, et qu’elle se base sur le propos. Moi, mon boulot, c’est la deuxième voire troisième couche. C’est de l’illustration ou de l’interprétation. Mais la base, à mes yeux, c’est le propos.

…Puis on va dire que j’essaie d’être « réaliste » quand il m’arrive un truc bien, genre « c’est que d’la connerie en vrai », puis « fataliste » quand il m’arrive des merdes genre « bah normal, ça devait se passer comme ça de toutes façons » dans le taf et plus généralement dans la vie.

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Ton travail ne se limite pas à la France, dans ton ouvrage on retrouve l’ensemble du travail que tu as fourni avec les mythique NYGZ, Blaq Poet et DJ Premier, comment s’est faite cette connexion ?

Par mon ami Geraldo de 45 Scientific. On avait fait ensemble le « Deja Screw » de Poet, puis j’étais avec lui quand il a ramené ces Cds à D&D/HeadqCourterz. Ils ont vraiment apprécié et ont cherché à me joindre direct après pour bosser sur leur projets.

Parmi tes travaux, un de ceux qui m’a toujours le plus accroché c’est la cover de l’ album de Blaq Poet, « Tha Blaqprint », on le retrouve dans Zone de Quarantaine. Comment t’es venu l’idée de revisiter les projects de QB ?

Ils voulaient un plan d’archi de QB genre vraiment « blueprint »…

J’ai pas trouvé et même les vues du ciel étaient pourries car on ne comprenait même pas que c’était des buildings vu la composition du quartier.

Du coup j’ai cherché des tophs, differentes vues, que j’ai travaillé comme si c’ était de la peinture mais sale…noir et rouge sang. Ils ont validé et aimé. De mémoire, je me souviens que Poet avait envoyé des messages avec « …that’s crazy… » en découvrant le truc.

On retrouve dans ton ouvrage une série de photo sur LMC click, il y a une certaine violence dérangeante dans ces clichés, est-ce que pour toi c’est important de bousculer les gens en rappelant qu’il y a toujours une menace qui plane sur eux ?

L.M.C Click, c’est Les Mecs Cruels à la base…donc ça donne le ton. J’y ai collé une image hostile quand j’ai fait leurs trucs car ça fonctionnait. Et perso, oui, je préfère quand ca dérange et fait flipper que quand ça vend du rève.

Ton ouvrage ne s’attarde pas à mettre des légendes d’explications pompeuses, par contre tu décortiques ton travail comme sur Libérez La Bête de Casey, en terme de réalisation combien de temps cela prend à finaliser ?

Je ne sais plus trop…une fois que l’idée est venue…bout à bout, ça a du faire 2 jours pleins de taf pour Libérez la bête. Une fois que j’ai orienté le truc vers l’idée de miroirs pétés et de plusieurs reflets différents de la même personne, ça a été relativement vite.

En 15 ans tu as fait évoluer ton travail mais toujours en gardant un pied dans la réalité et l’autre dans la noirceur, la tendance actuelle dans le rap est un peu à l’opposé, couleur flashante et luxe, qu’est-ce que tu en penses ?

Mis bout à bout, justement dans ce bouquin, ça peut donner cette idée…mais le vecteur de tout ça, c’est la musique, les personnes, les morceaux, les albums sur lesquels j’ai pu bosser qui ont donné le ton. Après oui, y a des choses qui reviennent assez souvent. C’est des choix et des gouts esthétiques.

Pour la tendance actuelle dans le rap, je sais pas si c’est flashy et luxe…y’a de tout. Y’a également beaucoup de trucs « dark » aujourd’hui. Après je suis peu. Mais je pense que depuis le début, y’a cette dualité dans l’image rap : le brillant et le cru, sale.

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Même si tu suis peu, il y des clips ou des pochettes dernièrement qui t’ont mis des baffes visuelles ?

Direct : la cover du dernier Kendrick Lamar, et le dernier clip de Vince Staples « Senorita », sans hésiter et de loin. Après j’ai pas forcement de raison. Ça m’a parlé direct et j’ai retenu. Le genre de trucs sur lesquels tu tombes et qui te donnent envie d’en faire.

Dans l’ouvrage, il y a la pochette de l’album de Prodige, Calvaire, tu résumes l’idée de départ « dead depuis le départ » et tu ajoutes la remarque de Prodige « ouais mais moi je veux un porc », tu peux nous expliquer cette anecdote ?

Oui, c’était ça l’idée. « Calvaire » c’est dans ma tête : « t’en chies » et ça promet de durer. J’ai juste interpreté le truc genre « oui mais de toute façon, des le début c’etait pas gagné »…donc un embryon dans un bocal, graphiquement, ça illustrait vraiment le truc. Prodige a validé direct. Puis il m’a réellement dit « Ouai, mais viens on met un porc ». J’avais pris contact avec un artiste peintre de San Diego, Californie via Internet, je lui ai envoyé les éléments, il a accroché direct et nous a fait la peinture. C’est de son propre chef qu’il a rajouté le costard. Quand j’ai souligné le truc, en le complimentant, il m’a juste répondu : « Oui mais les vrais porcs sont souvent en costard ». On pouvait pas mieux tomber.

Y’ a une seule anecdote la dessus, c’est qu’un gars zélé de la distrib, qui avait juste à gérer la fabrication, avait envoyé un mail qui disait en gros « l’équipe est motivée pour travailler ce disque mais la pochette ne va pas du tout etc…»…

Le disque est sorti comme on le souhaitait de toute façon…et son élan de tentative de « direction artistique » à la con, il a pu se l’enfoncer profond…On avait juste été surpris que quelqu’un se permette ça, prenne autant la confiance puis se lance dans une cause perdue.

Zone de Quarantaine se conclue sur ton travail d’avec Virus, il y a une vraie alchimie entre vous deux ponctuée par un côté humour noir très présent. Comment s’est déroulé votre collaboration ?

Vîrus, c’est une rencontre via Bachir. On s’est très vite entendu.

Les clips qu’on a pu faire ensemble, si c’est drôle, c’est que, à la base, on se marre souvent dans nos échanges et que y’a une compréhension assez spontanée et directe sur pas mal de choses et situations. « Buena Vista Sociopathes Club » c’était une connerie de statut facebook…c’est resté et on a décidé de signer notre collaboration en binôme comme ça. Le seul truc à retenir c’est que c’était spontané et sans limite ni enjeu. Ça a prit un peu, tant mieux.

On retrouve dans les clips de que tu as réalisé pour Virus des acteurs avec des figures assez flippantes, comment tu trouves ses acteurs ?

C’était des connaissances à lui et Bachir, ou des connaissances de connaissances. Mais c’est surtout des « sympathisants » et des gens assez proches qui supportaient nos conneries et qui se sont prétés au jeu surtout. Tu dis au gars « Bon, t’as été un tueur dans le clip d’avant, cette fois ci, y’a un plan de toi en cuisine et tu dois mimer que tu fourres un poulet »…et il le fait…Idem pour une autre qui doit se prendre de la mayonnaise dans les cheveux, une autre qui « y passe » dans les chiottes. Tu ne peux être que super reconnaissant que ces personnes acceptent et rentrent dans tes conneries. Mais on a épuisé le « casting » avec le clip de « l’Ere Adulte »…plus personne a appeler…

A travers Zone de Quarantaine, qu’aimerais-tu que les lecteurs retiennent de toi ?

Que ça ne mêne absolument nulle part ces conneries. 

Photographe, graffiste, réalisateur de clip, graffiti artiste, etc. comme on le disait en introduction de cette interview, qu’elle est ta prochaine étape ? Le grand écran ?

Aucune idée et pas spécialement interessé par le cinéma et surtout je ne suis pas compétent pour ça. Sincérement. On parle quand même d’un passage de clips musicaux durant maximum 3 à 4 minutes à des métrages, sans musique, avec un sens, une histoire et une durée plus longue donc bon…c’est pas du tout la même chose.

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Thadrill

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Rédacteur chez ReapHit
Etablis depuis 2009, les abattoirs Thadrill vous proposent une large gamme de découpe rapplogique.De l’accrochage à la levée de mc en passant par la saignée des beatmakers mais aussi la ligature du turnatblism, cet établissement se veut dans la longue tradition de l’abattage traditionnel avec sa fameuse technique de la chronique sans concession.
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