Jay Electronica : à la recherche du mythe perdu

In Dossiers by Thadrill Comments

Non, Jay Electronica n’est pas le nom donné à une console Atari datant de 1987. Jay Electronica, pour mémoire, c’est ce fameux artiste qui avait centralisé l’attention sur lui en 2009 grâce au titre Exhibit C, et à qui on prédisait une longue et belle carrière. Sauf qu’aujourd’hui, un constat amer s’érige…

La carrière de Jay Electronica pourrait se comparer à un ballon de baudruche dégonflé et usé, jonchant le caniveau entre d’autres détritus. On aimerait que d’un coup de balai, ce déchet aille rejoindre la poubelle mobile d’un agent de propreté de la ville ou bien les égouts. On pourrait aussi se dire qu’à une époque, il faisait augure de réelle prestance, bien gonflé et brillant, et s’épancher avec compassion sur son cas…

Retour en 2009. Le nom de Jay Electronica commence à se faire écho dans la communauté hip-hop, l’homme ayant commencé à distiller avec parcimonie son art via Myspace (vous savez, ce fameux site de réseau social web 2.0-1.7…) grâce à première mixtape Act 1: Eternal Sunshine (The Pledge) sorti en 2007. Adoubé entre autres lors de son passage par Détroit par J Dilla et Mr. Porter, il commence à se faire un nom et rencontre Erykah Badu ,qui dans sa vie personnelle deviendra sa femme et lui donnera un enfant en 2009. Surfant sur une espèce de communication fantôme, il devient très vite un espèce de mystère façon best kept secret des médias, une attitude qu’il continue de cultiver en refusant systématiquement toute forme d’interview (exceptée la plus connue, donnée en 2015 à une radio locale au Nigeria).

La sortie d’abord de « Exhibit A » puis de « Exhibit C » finira par  sacraliser l’artiste. « Exhibit C » devient un instant classic, en clair un phénomène dépassant la normalité, et à juste titre. Considérée comme un des morceaux les plus conscients du rap sur la dernière décennie, produit par Just Blaze, le morceau devient hype jusqu’à intégrer les strates intellos de la société. Jay Electronica, 33 ans et aucun album à son actif, devient en un seul morceau le phénomène à suivre.

Le bateau semble alors insubmersible, à l’instar de ce que pouvaient penser les voyageurs du  Titanic. 20 avril 2010, Paris, la foule s’amasse le long du canal Saint Martin afin de pouvoir fouler les pieds du Cabaret Sauvage dans une ambiance digne d’un pélerinage. Ce soir là, Jay Electronica est programmé en première partie de Mos Def, à moins que cela ne soit le contraire, à en croire les discussions dans la foule. Jay Electronica n’a surement pas le matos sonore pour tenir un concert, mais il est l’attraction du moment, l’artiste a absolument voir en concert même à 37€ la place. 15 minutes avant de s’immerger dans la salle au reflux de déjections chevalines, la nouvelle tombe comme un couperet : Jay Electronica ne sera pas là, « foutus organisateurs, ils ont du lui faire à l’envers« , « il doit être en train de sauver un peuple de la famine« , « ma vie est foutue, adieu monde cruel« , « c’est qui Mos Def ?« , ça tire clairement la gueule dans la foule, certains font marche arrière, d’autres sont à deux doigts de se jeter dans le canal, les derniers n’ayant rien d’autre de prévu se traînent lentement dans la salle. Nous sommes le lendemain de la mort de Guru, le public de Jay Electronica qui ne semble pas vraiment être hip-hop dans le fond n’est pas d’humeur à rendre hommage à un des grands acteurs du mouvement, malgré toute l’énergie dépensée par DJ Fab pour faire réagir la foule.

Malgré ce triste 20 avril 2010, la fanbase de Jay Electronica se raccroche à la vie, le messie devrait bientôt finaliser sa résurrection via un nouveau miracle Act II: Patents of Nobility, le deuxième volet de sa trilogie, bref la version du Parrain de Copolla version rap, forcément un chef d’œuvre à en croire les fans. Copolla avait mis 2 ans à donner une suite, puis 16 ans à finaliser sa trilogie, il semblerait que Jay veuille faire le contraire en mettant 16 ans sur le second car depuis 2010, ce fameux deuxième volet ne semble être qu’un mythe. Souvent réactualisé dans les médias par d’obscures sources ou des proches de l’artiste, on commence à se demander clairement ce que fout Jay Electronica, surtout qu’il annonce de lui-même via Twitter que cet album est finalisé par trois fois : en juillet 2011, en octobre 2011 tout en lâchant « Call Of Duty », un track insignifiant qui au final ne serait plus retenu dans le tracklisting, puis enfin en mars 2012 via l’annonce d’un deal avec Roc Nation. Le fameux Unsigned Hype, comme l’avait publié The Source en 2004, a réussi à trouver chaussure à son pied. Et on se dit que finalement, l’attente du second volet était un prétexte pour pouvoir négocier un contrat assez juteux pour s’assurer un train de vie bien tranquille.

Mars 2015. Et là vous vous dites que l’auteur de ce papier à charge prend secrètement son pied à passer sous silence 3 années de la carrière de Jay Electronica, tout cela pour satisfaire son vil dessein… En fait, je n’ai même pas besoin de passer par de vilains subterfuges pour essayer d’alourdir les faits, car ces 3 années artistiques passées sous silence se résument à deux doigts sortis du cul. Le premier étant « Control » (un featuring sur un morceau de Big Sean, bref…) et le second « Kingdom (remix) » étant aussi un featuring pour Common, pour qui Jay Electronica est un peu le fils putatif. Le problème avec deux doigts retirés du cul, c’est que cela ne suffit pas à enlever l’odeur… Mais en parlant de cul, et si vous considérez que les histoires de cul forgent la fibre artistique de l’artiste, on peut revenir quelques mois après la dernière annonce de la finalisation de l’album. En cette année 2012, on apprend que M. Badu a lourdement chuté dans Mme Rothschild, la femme du producteur Ben Goldsmith et non la baronne Nadine, experte reconnue en swagg aristocrate et en chill bourgeois âgée de 80 ans au moment des faits. Pour résumer l’histoire, la vie étant parsemée d’embûches, notre ami Jay a chuté pas mal de fois sur la Rothschild, ce qui n’a pas du être du goût de Mme Badu…

Revenons donc à mars 2015. Avec une mixtape sortie en 2007 et deux titres, v’là-t’y pas que Jay se prend un peu pour le Dr Dre de la côte est. Malheureusement, on a beau chercher dans les listings d’attente, si Detox revient comme chaque année, cela fait déjà pas mal de temps que plus personne n’en a vraiment quelque chose à foutre de son Act II: Patents of Nobility (The Turn).  L’homme qui trouvait le rap trop macho, et qui a donc choisi son blaze pour son côté féminin, ne semble pourtant pas au fait et continue son étrange traversée du désert, s’arrêtant pendant 3 minutes et 35 secondes pour nous pondre « Road To Perdition », nouveau titre sorti de nulle part où Jay-Z vient l’accompagner. Ce renfort de poids n’a pourtant pas l’impact escompté, c’est donc Erykah Badu qui tente de relancer le mythe :

« Jay n’a pas besoin de faire un album. Il peut faire un s’il veut, mais il n’a pas besoin de le faire. C’est un incroyable MC. Jay est une personne qui vient dans la vie des gens et fait ressortir le meilleur d’eux. Son Eternal Sunshine  peut nous suffire jusqu’à 2029. Car je n’ai toujours rien entendu d’aussi bon que ça » – Erikah Badu, épouse satisfaite.

Soit la coke est pure, soit la stratégie « Jay Electronica » passe par des trips mégalo-messianiques en la personne d’Erykah Badu. En clair, l’absence de Jay Electronica dans les bacs se traduit tout simplement par le fait que son premier EP est le classic parmi les classics. A quoi bon le dépasser si personne n’en a été capable jusqu’à présent ?

On en vient tout de même à se demander à qui on a vraiment affaire, fin stratège et fou mégalomane ? Génie ou pantin désarticulé à la solde de son entourage ?

Thomas Golianopoulos, journaliste à Spin, a eu la chance (ou non) de rencontrer l’homme en question chez lui en 2010, ainsi que quelques figures qui l’ont croisé. En ressort un article, Jay Electronica : Man or Myth ? qui pointe les fragilités du personnage. Parti pour faire une longue interview du phénomène, le journaliste se bute sur un homme parfois capable de faire preuve d’une certaine humanité, voire d’humour, puis une seconde après prendre un air sérieux pour réciter une clause de confidentialité afin que ses dires ne paraissent pas dans l’article… Golianopoulos décrit un homme proche de la paranoïa, un homme fragile, parfois, quand il parle de son enfance au sein d’une Église Baptiste et de sa peur de Dieu.

On récupère des bribes de souvenir de son parcours, et on a beau essayer de tout mixer, il y a certains morceaux de son histoire qui se coincent et ne se diluent pas. Un coup en quête d’une carrière dans le rap à NYC, un coup SDF dans les rues d’Atlanta et une autre fois en studio avec J Dilla et Eminem, on ne trouve aucun fil conducteur à son histoire personnelle…

Atmosphère suspecte sur laquelle son entourage proche et institutionnel continue de prospérer pour en faire une sorte d’icône. Déjà, lors de la sortie en 2007 de Act I: Eternal Sunshine (The Pledge), Erikah Badu commençait à cultiver le mythe, quitte à faire passer son mari pour un espèce de reptilien :

« C’est un chat à l’aspect bizarre. Ses oreilles sont pointues, et son visage carré. On dirait un alien… Mais dans la plus pure définition du terme. Comme une sorte de créature mythique munie d’un arc et de flèches dans son dos, avec des ailes en-dessous » – Erikah Badu, franc-maçonne.

Nouvelle icône musicale, mais aussi nouvelle icône religieuse, membre de la Nation Of Islam et des Five Percenters, Jay E semble être le nouveau symbole qu’il faut absolument garder immaculé, même quand son attitude va à l’encontre des préceptes religieux enseignés à la Nation Of Islam.

Juillet 2014, en plein mois du Ramadan, Jay Electronica partage la scène avec Jay-Z, habillé du traditionnel costume de la Fruit Of Islam. Reprenant son répertoire avec certains de ses versets contenant des insultes, les membres de Nation Of Islam présents font part de leur désappointement face à l’utilisation de ces mots profanes, surtout en cette période particulière.

L’anecdote aurait pu en rester là, mais on ne touche pas à Jay Electronica, si bien que Louis Farrakhan, Honorable Ministre de la Nation Of Islam, s’est fendu d’une lettre pour rappeler les brebis dans leur bon droit mais tout de même égarées, que celui qui n’a jamais pêché lui jette la première pierre, en somme. Qu’une personne comme Farrakhan monte au créneau démontre l’importance de Jay E et son influence.

Jay Electronica est-il devenu un personnage intouchable ? S’y frotter, c’est en tout cas s’y piquer, et à ce jeu, même un personnage de premier plan comme Puff Daddy en a fait les frais en 2010. Tout heureux d’avoir pu le ramener sur le morceau hommage à Biggie Smalls « The Ghost of Christopher Wallace », Puff Daddy en businessman averti n’avait plus lâché l’ombre de Jay E dans l’espoir de le faire signer sur son label Bad Boy Records. sauf que quelques mois plus tard ce fut la soupe à la grimace quand Jay-Z annonce la signature de l’autre Jay sur son label Roc Nation. Diddy voit rouge et tweetera dans la foulée :

« Putain, ça fait mal quand quelqu’un que tu considères vraiment comme un ami te trahit. Ca fait mal quand tu respires… » – P. Diddy, homme sensible.

Posté le vendredi soir, le tweet a le temps de prendre toute l’ampleur nécessaire pour en faire un buzz. Une attaque assez subtile de Diddy car au fond, on ne sait pas qui des deux Jay est véritablement attaqué dans ses mots. Ce qu’il ne tarde pas à préciser dès le lundi matin : « Avant d’attaquer la semaine, mettons fin aux rumeurs. Je ne suis pas en froid avec Jay-Z d’ailleurs je suis en froid avec personne. Jay-Z n’était pas l’ami à qui je faisais référence. Histoire de mettre les choses au clair ».

Pas besoin d’avoir fait maths sup pour comprendre que la personne visée est Jay-E. Diddy aurait peut-être du éviter de préciser, ou carrément de poster sa rancœur, car la suite est digne d’une leçon d’un maître Jedi à son jeune Padawan. Sans violence mais avec conviction, Obiwan Electronica montre une fois de plus sa maîtrise de la Force :

« Tu aurais du être plus clair que cela mon frère. La trahison est une allégation grave. Je te le dis pour de vrai… Et tu sais ce qui va se passer si je ne retiens pas non plus ma langue » Jay Electronica, patriarche, en réponse à Diddy.

Vas-y Diddy sort l’artillerie lourde, fais péter les billets en l’air, lâche les Ferraris, invite The Game à le disser à base de name droppin, mets Lil Kim en arrière plan en train de se déhancher façon Mapouka, bref, ruine-le façon milliardaire !!!!

Putain, le mec ne sait pas qui il menace, le mec va lâcher pour $10 million en ghostwriting et beats de club banger juste pour te réduire à néant ! Et bien non… Le mec baisse les yeux et courbe le dos pour envoyer un message de perdant genre Vercingétorix qui dépose les armes devant César :

« Je suis fier de toi ! Je suis heureux pour toi ! Je t’aime mec ! Je te félicite, je ne suis pas en colère après toi, si tu veux je te suce » P. Diddy, implorant le pardon genou à terre.

Artiste inégalable pour ses fans, ange reptilien pour sa femme, élévateur de conscience par la Nation Of Islam, Original Gangster dans le milieu du rap US et dieu noir d’après lui, rien ne résiste à Jay Electronica. Le MC que tu cites dans le top 10 des meilleurs MC’s de tout les temps alors que sa discographie ne se résume qu’à une mixtape et quelques titres semble bien intouchable. Sauf que voilà, derrière ce voile de « perfection », le Jay Electronica commence à se fissurer surtout quand il décide subitement de s’attaquer à un artiste qui a du répondant, et surtout plus rien à démontrer : 50 Cent.

Début février 2016, Jay Electronica participe à des questions-réponses sur la fameuse application Periscope. L’homme étant l’égal d’un prophète, il est fort à parier que Serge Aurier s’est inspiré de lui. Ce jour là, notre grand philosophe avait décidé de remettre de l’ordre dans la baraque façon taulier. Avant d’en arriver à se taper 50 Cent, Kendrick Lamar a eu le droit à une taille de costard façon papa-poule. Interrogé sur le fameux couplet de Kendrick sur « Control », Jay n’en a que faire, rajoutant au passage « J’aime la chanson de Kendrick « Cartoons and Cereal » mais par contre les autres chansons, on comprend pas ce qu’il raconte » pour finir avec une touche d’egotrip : « Kendrick c’est mon fils, Kendrick c’est mon bébé, Kendrick souhaiterait pouvoir être moi. ».

Cela reste mignon en effet, par contre cela se corse quand il évoque 50 Cent :

« 50 Cent, avant, c’était un bon MC, il a le potentiel pour le rester sauf que maintenant il fait de la merde d’enculé et on lui éclaterait bien la gueule pour ça » – Jay  « Mayweather » Electronica

Calme plat du côté de 50 Cent, que l’on avait connu bien plus réactif sur tout type de diss. On en vient alors à se dire que Jay est l’artiste intouchable du game, l’homme devant qui on courbe l’échine. Face à ce silence, même les fans de 50 Cent se demande si leur poulain n’est plus que l’ombre de lui-même, « Tu as peur de répondre à Jay Electronica ? » interpelle une fan sur le profil Instagram de 50 Cent. Réponse directe de l’intéressé :

« C’est qui ? Je ne connais même pas une chanson de lui. Mort de rire » – 50 Cent, brebis égarée.

Sans peut-être le vouloir, 50 Cent donne une réponse à la hauteur de ce qu’est réellement Jay Electronica. A force de vouloir passer pour le Saint Graal du rap US, Jay Electronica a complètement oublié qu’il n’était en fait rien, ou tout du moins du plancton microscopique à l’échelle de l’océan que représente le game. Le fait que 50 Cent s’adresse directement à une fan plutôt que de répondre à l’intéressé démontre aussi le peu d’impact que Jay peut avoir sur Fifty.

Surement énervé par la non réaction de Kendrick à ses propos, et par le mépris lâché par 50 Cent, Jay Electronica nous lâche « #TBE The Curse Of Mayweather », histoire d’enfoncer le clou et démontrer qu’il existe.

Il est hallucinant de pouvoir mesurer l’égo de Jay Electronica. 8 ans d’attente pour un « part 2 » à sa première mixtape, et quelques jours pour pondre une chanson histoire de répondre à 50 Cent. Déclarant la guerre total au leader du G-Unit, traitant d’esclave un Kendrick nominé 11 fois par des blancs, Jay Electronica semble partir en roue libre, en rajoutant une couche sur Twitter. On se demande alors où l’entourage si protecteur du génie se cache ?

« Plus personne n’est à l’abri. Soit tu es avec moi, soit tu es contre moi. Et 50 Cent, arrête de mentir aux gens, tu me connais. Ne m’oblige pas à montrer à quel point t’es un connard. A tous les blogs qui marchent avec 50 Cent, demandez lui pourquoi il ment » – Jay Electronica en manque de reconnaissance.

50 Cent semble pour le moment n’en avoir rien à branler de tous les efforts consacrés par Jay pour le faire sortir de sa réserve. De son côté, Kendrick ne doit même pas être au courant des propos tenus, il est dur d’entendre les invectives d’un homme gisant dans le caniveau quand on profite de la vue sur le rooftop du plus haut gratte-ciel de la ville. Seul Dave Free, le président de TDE, sentant l’homme en grande difficulté psychologique, a daigné lui répondre :

« Merde, tu as l’air toujours hors de contrôle, pauvre homme » – Dave Free, président de TDE et assistant social à ses heures perdues.

« Lave-toi la bouche, reste loin de la peste et cherche la connaissance intérieure. Tes gars sont faux. Ne m’obligez pas à détruire vos merdes » – Jay Electronica qui a oublié de prendre son Lexomil.

« Ok Monsieur Jay Electronica lol #desperatehousewives » – Dave Free, réaliste pragmatique.

L’autoproclamé Dieu noir avait réussi pendant des années à contrôler son image et à imposer ses choix à ses fans par un mépris de circonstance. Adoubé et considéré comme un génie incompris pour les uns, et surtout incompréhensible pour les autres, ses fans avaient étanché leur frustration en s’auto-convaincant que Jay Electronica était le plus grand MC de tous les temps. En effet, en quelques titres et grâce à une aura certaine, Jay Electronica nous avait démontré ses capacités, mais objectivement, le contenant était trop limité pour lui donner la stature qu’il réclame.

Attaché en laisse par son entourage, les mesures de sécurité pour cultiver le mythe n’ont pas suffit à le protéger de lui-même, ses dernières sorties n’ont eu pour effet que de le remettre à sa place, c’est à dire en bas de l’échelle. Jay Electronica est au mic ce que J Dilla est aux beats, tous les deux ont une fan base complètement incapable de mesurer leur apport en faisant d’eux des Dieux qu’ils ne sont pas. L’un a réussi à avoir cette stature de son vivant, l’autre a du attendre de mourir pour que les gens se réveillent. L’un a une discographie qui permet le débat pour permettre de réellement mesurer son apport, l’autre n’a donné que quelques miettes sans confirmer. Jay Electronica ne semble au final qu’un phénomène de mode qui dure par quelques étincelles, mais objectivement ce phénomène ne mérite pas que l’on s’y attarde plus longuement.

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Thadrill

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Rédacteur chez ReapHit
Etablis depuis 2009, les abattoirs Thadrill vous proposent une large gamme de découpe rapplogique.De l’accrochage à la levée de mc en passant par la saignée des beatmakers mais aussi la ligature du turnatblism, cet établissement se veut dans la longue tradition de l’abattage traditionnel avec sa fameuse technique de la chronique sans concession.
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