Casey de retour seule au micro avec « Places Gratuites »

In En Bref by Florian ReapHitLeave a Comment

2013, au détour d’un concert nordiste, Casey informe les quelques personnes présentes qu’elle s’est remise à travailler sur un nouvel album. « J’te donne pas de délais, tu m’connais… » ironise t-elle alors. Trois ans plus tard, sans doute retardée par la parenthèse Asocial Club, toujours pas de trace d’un successeur au très grand Libérez la bête.

Le premier pas semble pourtant franchi grâce à Alice Diop, qui nous offre aujourd’hui le retour de Casey seule derrière un micro. Originaire des 3000 à Aulnay sous Bois, la réalisatrice ancre son cinéma au quartier et dans son périmètre de vie. Loin des clichés, avec la volonté de mettre en avant les corps et les gens que l’on ne voit pas assez. Décrire ces vies que l’on oublie, cet univers parallèle. Après s’être intéressé aux consultations médicales des demandeurs d’asiles de Bobigny dans La Permanence, puis au parcours en dents de scie de Steve et ses rêves de théâtre avec La Mort de Danton, c’est aujourd’hui vers la solitude amoureuse des jeunes de quartier que se tourne la réalisatrice dans Vers la Tendresse.

Pour y donner une bande-son, Casey nous offre « Places Gratuites » et un retour aux basiques. « Mon monde est réel. la rue, le hall, la ruelle. » Semelles toujours collées à la rue, elle y décrit comme à son habitude la routine glaciale du quartier et son inhumanité, à travers une plume sombre et torturée. Flow surprenant mais impeccable, couplet lancinant, refrain très rock, Casey continue sa route, indépendamment de tout style, de toute tendance. Aidée une fois de plus par une superbe mise en image de Tcho.

Capture d’écran 2016-04-24 à 19.23.37

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Florian ReapHit

Florian ReapHit

Co-Créateur, Co-Rédac Chef chez ReapHit
Tente d'animer tout ça depuis maintenant cinq ans. Master exploitation de rédacteurs. Spécialiste en rhum vieux, vinyles et mauvaise foi.
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