Emission du 20 Aout

ReapHit s’associe aux Impromptus, cette émission matinale diffusée le mercredi de 7h à 9h sur les ondes de CISM 89,3 FM, la radio étudiante de l’Université de Montréal (rien de moins que la plus grande radio universitaire francophone au monde !). Chaque semaine, vos québécois Sam Rick et JF Harvey vous proposerons un programme atypique : Rap x Politique x Sport x Humour. Des discussions sur des sujets chauds en matière de politique et de sport, agrémentées par une sélection musicale 100 % rap émergent. Êtes-vous prêt pour votre expérience Impromptus ?

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Cette semaine aux Impromptus : on revient sur les moyens de pression de morons (barjots) des syndiqués municipaux à l’hôtel de ville de Montréal lundi dernier, on traite du cirque que représente l’actuel Impact de Montréal, pour finalement terminer la dernière heure avec un segment R.I.P., alors qu’on jase de la mort récente de la légende Jay Adams ainsi que de sa signification pour le monde du skateboard, et enfin, un dernier bloc disjoncté d’imitations dédicacées spécialement au défunt Robin Williams.

En musique, on vous présente un morceau respectif de chaque emcee présent à la finale nationale des End Of The Weak Montréal qui s’est tenu samedi dernier au Divan Orange, avec en l’occurence : Helmé Dézuets d’Plingrés, Mike Clay de Clay and Friends, MEF, et le grand gagnant , Monk.e du K6A, qui devient le deuxième dans l’histoire des EOW à être triple champion de son chapitre.

Côté nouveauté peura, on vous attend dans le détour avec Statik Selektah, Hilltop Hoods, Z.A.R, Strange Guys, Orphé Double-h, Lucio Bukowski & Nestor Kéa, Ben aka Lindien & Chukk James, Tonino & Le Seize, Rakkam LeRouge & Richard Skribe, Davodka, Dilated Peoples, Jonwayne et finalement un peu de UK avec SplitProphets.

Playlist : 

Statik Selektah ft. Ab Soul, Jon Connor and Logic - Alarm Clock (#WhatGoesAround)
Hilltop Hoods – Walking Under Stars (Walking Under Stars)
Zone à Risk – Pas De Paroles En L’Air (2020 Primitif)
Dézuets d’Plingrés – Hip-Hop Is De… Dézuets (L’Extra Suranné)
Strange Guys – Spell It Out (Single)
Orphé Double H- Jour De Pluie ()
Dead Obies – Dead Wrong (Collation Vol. 2 : Limon Verde : La Experiencia)
2 Faces – Le Bal Des Affamés (La Constellation) (Appelle Ça Comme Tu Veux)
Lucio Bukowski ft. Anton Serra - Quand Je Toucherai Le Fond  (L’Art Raffiné De l’Ecchymose)
Ben aka Lindien & Chukk James ft. Cheak13 - R.E.P. (De Part Et D’Autre)
Jonwayne – On (Wayniac Monday No.2)
Tonino & Le Seize – X (Les Inédits #1)
Raistlin ft. Dragon Fli Empire – The Heartbeat / Battement Cardiaque (Mon Échappée Belle)
Clay and Friends ft. MoyaC – Who got the Funk  (EP)
Rakkam Le Rouge – Sacré Feu (Où sont mes Vikings!?) (Single)
Swollen Members – Park Bench (Brand New Day)
Davodka – Mauvaise Onde (Les Murs Ont Des Oreilles)
Dilated Peoples ft. Gangrene - Opinions May Vary () (Directors Of Photography)
X’ – Ambalebachum (Impressionisme)
Upfront Mc ft. Life MC, Hozay - Hurry Sundown  (Upfront And Personal)
Monk.E – Hikuri (Initiatique)

LTA // Edward Snowden

Exclusivité ReapHit, voici « Edward Snowden », troisième extrait du projet Atlantis de LTA, à venir pour cet automne.

LTA, aka Le Téléphone Arabe (blaze refilé par son ami Ekoué), c’est ce MC sans concession qui serpente sur les instrumentales de Shaheed ou de MUS depuis une grosse dizaine d’années, avec son flow faussement simpliste aux influences new-yorkaises marquées, ses intonations savamment placées (maîtrise d’anglais aidant), son identité forte et son sens de la provocation.

Découvert sur la fameuse mixtape Sang D’Encre de JP Seck, confirmé en featuring sur plusieurs disques de La Rumeur, LTA n’a pas ou peu changé. Toujours entier, toujours « one shot », engagé et narquois, il est habité depuis ses débuts d’une virulence brute que l’on a peu l’occasion d’entendre. Même si la forme du propos est souvent différente d’avec le groupe qui l’a révélé, le fond se rejoint sur les états des lieux ultra-réalistes d’une société en déclin constant.

Irascible, agressif, avec un dégoût et un mépris qui se ressentent vocalement, Le Téléphone Arabe n’est pas vraiment là pour déconner, on l’aura compris. Ce grand fan du Ministère AMER, de Public Enemy ou de Mobb Deep revendique les racines du peura pur et dur, et nous y fait séjourner avec « Edward Snowden », street clip de deux minutes et semblant d’égotrip aux phases incisives, faussement déconstruites, nonchalantes et sûres d’elles, qui pourront parfois mettre mal à l’aise le néophyte ou l’amateur de variété. De quoi nous faire patienter la mâchoire serrée jusqu’à Atlantis, prochain opus attendu par toute la branche intégriste de l’auditoire rap en français.

Extraits d’Atlantis : « Visa » (audio) – « Atlantis » (vidéo)

Retrouvez tous les projets de LTA sur son bandcamp.

LTA EDWARD SNOWDEN

LTA ATLANTIS REAPHIT

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Emission du 6 Aout

ReapHit s’associe aux Impromptus, cette émission matinale diffusée le mercredi de 7h à 9h sur les ondes de CISM 89,3 FM, la radio étudiante de l’Université de Montréal (rien de moins que la plus grande radio universitaire francophone au monde !). Chaque semaine, vos québécois Sam Rick et JF Harvey vous proposerons un programme atypique : Rap x Politique x Sport x Humour. Des discussions sur des sujets chauds en matière de politique et de sport, agrémentées par une sélection musicale 100 % rap émergent. Êtes-vous prêt pour votre expérience Impromptus ?

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Édition complètement disjonctée des Impromptus cette semaine alors que l’absurde vient à la rencontre des cochons de Ricky-Des-Neiges. On garde le sérieux en début de parcours en amorçant nos discussions sur une comparaison entre le Premier Ministre canadien, Stephen Harper et son homologue de l’Australie, Tony Abbott sur le plan de leurs convictions environnementales. Petit scoop : les deux sont des cancres de premier niveau!

On enfile ensuite sur une discussion à propos du nouveau MÉGA contrat du défenseur étoile du Canadien de Montréal (LNH), P.K. Subban. Sera-t-il nommé capitaine de l’équipe? On penche pour le oui! On discutera ensuite de la jeune tenniswoman Françoise Abanda qui, à 17 ans seulement, impressionne énormément. Plusieurs l’a voit déjà rejoindre la québécoise Eugénie Bouchard au sommet de la hiérarchie du tennis féminin.

On termine finalement l’émission sur un délire radiophonique à propos du Festival du cochon de la petite ville de Sainte-Perpétue au Centre-du-Québec. Fous rires garantis!!

En peura, Sam Rick nous a «graissé» une playlist regorgeante de nouveautés avec Planet Asia & TzariZM, Boss One & Mani Deïz, Onyx, Alaclair Ensemble, La Marabunta, Pragmatic Theory, Ol’Kammez, Muneshine, Blacastan & Stu Bangas, Lezestis, La Poignée de Punchlines pour Give Me 5 du FreshCaenCamps, Fhat.R Le Sale Gamin, Chokeules.

Playlist :

Planet Asia & TzariZM ft. Oh No - Moment Of Fate (Via Satellite)
Boss One ft. Hexaler & Mystik – INVICTUS (Brav’art Acte 2 – Mani Deïz)
Shades Of Culture – Eye Out Remix (A Little Bit About Us)
Onyx – Belly Of The Beast (#Turndafucup)
Alaclair Ensemble – Dough large (Toute Est Impossible)
EMAN & Vlooper – Mantra (XXL)
L’Amalgame – Chill en Bas (Engaragé)
La Marabunta – DIY (Do It Yourself) (Fourmis Galactiques)
Pragmatic Theory ft. SLiM P, Jon Doe, A.C.E. - HittEmWitTha  (#MASSACR)
Chadio & Aalo Guha Ft Josh Martinez - The Life And Times (Underestimated Raindrops)
Chevarie – 40% (VACHER1E)
Ol’Kameez ft. T.I.S – Demain (Volume 1.5)
Muneshine ft. Fresh Daily & ELMNT - Life Goes On (In Transit)
Brèves De Comptoir - Super Star (Brèves De Comptoir)
Blacastan & Stu Bangas – Change (Watson & Holmes)
Cavaliers Noirs – Histoire De Rue (En Vers Et Contre Tous)
Lezestis – Captain Black & Cochon Mignon (Single)
FreshCaenCamps (FCC) – La Poignée de Punchlines (Single)
Fhat.R Le Sale Gamin – Micrologie feat SpyK (Fait Dehors & D’Argent)
Chokeules ft. Wordburglar, More Or Les & Mighty Rhino – Leftorium (Stay Up)

Emission du 30 Juillet

ReapHit s’associe aux Impromptus, cette émission matinale diffusée le mercredi de 7h à 9h sur les ondes de CISM 89,3 FM, la radio étudiante de l’Université de Montréal (rien de moins que la plus grande radio universitaire francophone au monde !). Chaque semaine, vos québécois Sam Rick et JF Harvey vous proposerons un programme atypique : Rap x Politique x Sport x Humour. Des discussions sur des sujets chauds en matière de politique et de sport, agrémentées par une sélection musicale 100 % rap émergent. Êtes-vous prêt pour votre expérience Impromptus ?

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Les Impromptus font plaisir à leurs auditeurs du vieux continent cette semaine alors qu’ils discutent soccer (ou foot pour les européens fatiguants) par deux occasions! On débute l’émission en discutant de la règle du « Financial Fair Play » (FFP) implantée en 2009 par l’UEFA. Alors que la volonté derrière sa mise en place était d’améliorer la parité entre les petits clubs et les grandes puissances européennes, cela a plutôt eu pour effet jusqu’ici d’accentuer les écarts entre les « classes » d’équipes. On poursuit ensuite l’émission en parlant des changements apportés au sein de la haute direction de l’Impact de Montréal, équipe de foot montréalaise évoluant en MLS. Le directeur technique, Nick De Santis, pourrait-il être remercié de ses fonctions? Jean-François se croise les doigts…

Ce dernier profite également de sa tribune pour discuter d’humour de la relève et nous parle de ses spectacles « coup de cœur » du festival Zoofest qui se déroule à Montréal du 10 juillet au 3 août. Attention à Yannick De Martino, Didier Lambert et Ben Lefevbre! On termine finalement l’émission avec une petite incartade du côté de l’émission « The Next Food Network Star » qui a bien fait rire vos Impromptus préférés!

Comme à l’habitude, Ricky de Coke-Des-Neiges nous saupoudre les tympans de ses nouveautés en matière de rap alternatif avec Cormega, Veerus, Aspect Mendoza, NehruvianDOOM, Orphé Double H, Dramatik, Timbuktu & The Artifacts, Osti One x Double D, Nedoua, Illa Ghee, Syme, Snak The Ripper, La Smala, L’ARGENT DE LA DROGUE, Ugly Heroes et finalement AWAR & Vanderslice.

Playlist : 

Cormega feat. AZ, Redman & Styles P - MARS (Dream Team)  (Mega Philosophy)
Veerus – Crack ft Espiiem & Alpha Wann (Minuit)
Aspect Mendoza – Cliniquement Mort (Single)
NehruvianDOOM – Om (NehruvianDOOM)
Dézuets D’plingrés – Instinct d’insectes (Vétustes et Consenti)
Orphé Double H – H au carré Feat Madame Bert ()
Dramatik – Guns, haine, rosaire (Radiothérapie)
Timbuktu Feat. The Artifacts – It’s Alive (How Huge: The Legend of Howard Huge)
Osti One x DoubleD – Killing Colline (Snapkit)
Nedoua – Un Jour De Plus (Souffrance & Guérison)
Illa Ghee feat. Steele & O.C. – On the Bklyn Side (Social Graffiti)
Slik Jack – Bad Influence (Slum Drunk Billionaire)
CJ Fly feat. A La $ole & Phife Dawg – Seek Well (Three Way Eye See It)
Syme – La Quête (Grosse Tête)
L’uZine x Big Budha Cheez - Freestyle Grünt #17
Snak The Ripper – Karma (Just Giver)
La Smala – Hold Up (Un Murmure Dans Le Vent)
Obia & Cotola – Paire de couilles (Le Théorème)
L’argent de la drogue – Royauté (No Future)
Ugly Heroes – Naysayers & Playmakers (Ugly Heroes EP)
Livestock & Leon Murphy – Beautiful (The Rawganic EP)
AWAR & Vanderslice – Hustlers Spirit (The Winning Team)

Dour #26 // Rap, Fournaise et Extasy

Douréééééééé !!! Ah… Le festival de Dour. Rendez-vous immanquable pour tout cramé de musique qui se respecte. Cela fait 26ans que nos amis belges nous régalent de programmations hallucinantes à grands coups de sponsors et de tickets boissons, à tel point que pour certains festivaliers, cet événement marque purement et simplement le début de l’été, de la fête, de l’insouciance… et des excès.

Après une 25ème édition d’anthologie, cette année la ligne directrice est restée inchangée : découverte et éclectisme face à un public exigeant et connaisseur. Résultat : 200 groupes, 195 000 festivaliers, 38 000 campeurs. Démesuré.

Partenaire de l’évènement, une bonne partie de l’équipe de rédaction de ReapHit a fait le déplacement. Le programme est imprimé, scène par scène, heure par heure, notre sélection est faite, nos journées timées, notre petit palpitant s’impatiente à l’idée de voir et rencontrer autant d’artistes squattant nos playlists mp3.

Mercredi soir. Nous plantons notre tente au milieu d’un camping de bénévoles déjà bien rempli. Les bouteilles de Cristalline sont pleines de mélanges peu catholiques, les pochons gonflés de spécialités hollandaises en tout genre, et la motivation à son paroxysme. Profitons-en, la chaleur écrasante et les litres de Jupiler auront raison de notre énergie dans les jours à venir.

Le Rap Belge : Simplicité et chauvinisme

ReapHit Dour Live Report Filles 2

Avec pas moins de 52 formations belges sur l’intégralité de la programmation, le festival de Dour ferait presque office de tremplin pour une scène en pleine expansion. Dans ce fourmillement, la scène rap se taille la part du lion.

Les similitudes avec « le renouveau » de la scène française sont nombreuses et chez nos voisins nordiques aussi, la mode est aux innombrables collectifs boom bap, flirtant sur une nostalgie 90′ en vogue, au sein de tentaculaires sides projects. La Smala, L’or du commun, Caballero, Exodarap… de Bruxelles à Charleroi, le microcosme indépendant Belge s’organise … et collabore.

Véritablement curieux de voir évoluer ces formations sur une aussi grand scène que Dour, devant un public conséquent, nous squattons la Jupiler BoomBox où la plupart desdits concerts sont programmés. Et quel plaisir ! Un concert de festival, n’est jamais un concert comme un autre, à Dour encore moins. Tout est à faire, tout est à prouver. Et ça, les belges l’ont bien compris.

La veille La Smala, aidée par l’album Un murmure dans le vent et un public totalement acquis à sa cause, avait déjà enflammée un chapiteau bondé, avec un show bordélique, certes, mais terriblement énergique. Exodarap, eux, sont programmés à une heure où la plupart des festivaliers tente simplement de survivre, se réveillant doucement d’une nuit bien trop chargée. Pas de « What’s Up Dour ?! » qui ne tienne ici, le groupe débarque sur scène avec un provoquant « Ça va Charleroi ? » , réaction immédiate du public. Le ton est donné, le rap à Dour est belge.


©Sourdoreille

Les MC’s se démènent avec une énergie folle, courant, occupant l’espace, interpellant la foule et enchainant les titres avec aisance et simplicité, créant un joyeux bordel efficace qui suffit à sortir les festivaliers de leur torpeur matinale. Déjà bien chaud – au sens propre, la température sous le chapiteau atteignant allègrement les 40 degrésL’or du commun finira de faire bouillir tout ça devant un public ultra réactif et bon enfant. Pas mal pour un groupe ayant tout juste un an…

Et c’est peut-être cela, qui fait le plus plaisir à voir. Il règne au sein de cette nouvelle scène belge, une envie de bien faire avec simplicité et sincérité, un sentiment rassurant. Les collectifs se soudent et les familles se créent. Ainsi, on a systématiquement vu Caballero venir soutenir ses différents potes sur scène le temps d’un son, ou même d’un back, mais aussi JCR clôturer le show avec Exodarap, ou encore Fixpen singe qui s’incruste sur le live de l’Or du commun. Bien que la pratique soit courante, elle est révélatrice d’un état d’esprit. Celui de la passion et du soutien.

La belle fréquentation et l’attrait du public pour cette scène en pleine émulation prouvent que le soutien est réciproque. La passion, elle, était visible jusque tard dans la nuit, tout ce joli monde se retrouvant au stand Stoemp pour kicker en petit comité d’habitué. En toute simplicité.

Le HipHop ? A grand renfort de Trap et d’électro !

ReapHit Dour Live Report filles

Bien que la fréquentation des concerts rap de la programmation soit plus que respectable, preuve d’un public ouvert et éclectique, celle ci atteint des records, dès que l’on sort le HipHop de son carcan. L’idée n’est pas nouvelle et c’est un poncif de dire qu’aujourd’hui le HipHop a envahi la musique jusqu’à reconnaitre des affiliations avec presque n’importe quel style. Bien sûr, il ne s’agit là que de quelques fines percées – je te vois venir toi et ton boycott ! – mais significatives. Les rythmes et sonorités HipHop se sont depuis longtemps installés dans la culture musicale collective, et le public y est de plus en plus réceptif. Pourtant à Dour, comme ailleurs, c’est lorsque l’on ose un mélange des saveurs que la recette fonctionne, et que la foule s’amasse.

Gramatik, connait bien la recette. Des samples de classique soul et funk, une basse minimaliste, une mélodie entrainante, emballé c’est pesé, on tient le plat phare de l’été. Sans révolution aucune, le producteur slovène remet au goût du jour les sonorités hiphop en y ajoutant quelques incursions dubstep ou minimal. Résultat ? Une foule compacte, dédiée corps et âme au beatmaker malgré ses trente minutes de retard, qui s’agglutine devant le show. Tellement compacte que nous rebrousserons chemin, démotivés par tant de bruit… pour presque rien.

Même tambouille et même succès pour l’excellent Poldoore qui nous a offert à 14h30, une raison de sortir de notre léthargie. Ici l’affiliation HipHop est assumée, et parfaitement honorée. Le producteur belge navigue entre HipHop et Electro, avec élégance et dextérité. Plus impressionnant encore, Onra nous délectera également d’un show live de qualité, articulant ses influences Jazz, HipHop et Electro au sein de ses parfaites chinoiseries.

Habitués du festival, et des lives dantesques de notre côté de la Manche, nous retrouvons avec plaisir Foreign Beggars venu distiller leur underground anglais, mélange unique de HipHop et de Dubstep. Pas de surprise pour nous ici, mais un show toujours aussi efficace. On saute déjà sur place au feu rouge en voiture, alors imaginez au milieu d’un festival et d’un public en transe…

C’est aux D-Bangerz que revient la lourde tâche de représenter les UK bass made in France à une heure par forcément évidente. Ils y arriveront parfaitement. Le show est maitrisé, le flow impeccable et l’énergie communicative. Une très bonne surprise.


©Sourdoreille

Bien plus flagrant encore, c’est la déferlante Trap qui réussit à réunir le plus vaste public. En même temps, tout ou presque a des accents Trap en ce moment, alors forcément, la Trap Muzik est sur toutes les lèvres et dans tous les casques. Depuis qu’elle a quitté le Dirty South et les trottoirs de crackeux, pour infiltrer la classe moyenne américaine, la Trap n’a cessé d’étendre son empire et son emprise. Jusqu’à devenir un phénomène de mode ridiculement jouissif.

Prenons pour illustration la Trap House, ce doux fils issu de la fornication incestueuse de deux parents pauvres que sont la Trap et l’EDM (Electro Dance Music ou Electro De Merde, on vous l’explique plus bas). Tu vois franchement un rapport entre la drogue, les armes et les putes des dealers d’Atlanta et l’EDM toi ? T’as l’impression que 3 notes et une basse minimaliste compose la bande son de ta vie ? Non, bien sûr que non.

En France c’est Booba qui, comme d’habitude, popularisera la nouveauté - Wesh Morray ! Et comme au pays de la mode, un concept est surexploité dès qu’il est vendeur… on connait la suite avec Kaaris. La capacité festive inhérente à la Trap et l’imaginaire rempli d’excès qu’elle dégage font du genre musical, une machine à hymnes. Et tout le monde veut le sien.

Autant dire que la Trap à Dour… on en a mangé, et à toutes les sauces. On a donc entendu les sub-bass et les nappes de synthés caractéristiques du genre, sur presque chaque DJ Set devant lequel nous prenions le temps d’en perdre. La Dubstep s’étant ringardisée, les DJ n’ont eu d’autres choix que de tous suivre idiotement, la nouvelle révolution sonore annoncée, et s’obliger à quelques incursions Trap House dont on se serait la plupart du temps bien passé. Il ne s’agit pas ici d’un rejet viscéral du genre, mais d’une overdose d’opportunisme visible et malsain.

Côté français, Joke tirera pourtant son épingle du jeu avec un show, somme toute basique, mais efficace. De grosses instrus, laissant la place à des textes vides d’une vulgarité abusive, compensée par une attitude et un imaginaire marqué. « Bullets dans la tête negro ! » Et si nous nous sommes surpris à sautiller, amusés face au français, c’est que les références sont maitrisées, la filiation musicale et l’aveu marketing, d’une rare netteté.

Malgré une omniprésence lassante, la trap nous offre en réalité un plaisir intime bien peu avouable, celui de voir toute une flopée d’adolescents pré-pubères se dandiner sur ces rythmes dirty, reprenant au geste près les chorégraphies bien connues d’un Kaaris ou d’un Booba. Anti-dépresseur gratuit.

Pas de mythes, que du mystique ?

ReapHit Dour Live Report Les mythes

La programmation de Dour ne serait rien sans ses hallucinantes têtes d’affiches. A côté d’une profusion de groupes alternatifs se trouvent quelques mythes dont le seul nom suffit à réveiller le souvenir du walkman vissé sur les oreilles et la nostalgie adolescente. Cette 26ème édition n’échappe pas à la règle et nous a offert quelques jolis shows.

C’est seul que Raekwon - qui a brûlé la plaine de feu l’année dernière avec tout le Wu-Tang - est revenu profiter de l’hospitalité belge. Soyons honnête, un concert d’un membre du Wu en solo, Method Man mis à part est rarement synonyme de folie furieuse et show d’anthologie. Mais à l’époque des T-shirt Wu-Tang vendus chez H&M, programmer un membre du Wu sur la grande scène, c’est pour les organisateurs l’assurance de conquérir le grand public. Pas d’exception à la règle, c’est devant une foule compacte et impatiente que le mastodonte arrive sur scène. T-shirt blanc et serviette autour du cou, les tracks s’enchainent malgré un Dj pitoyable, pas mal de classiques, quelques couplets connus de tous et le traditionnel hommage à ODB. Mais c’est tout.

La sauce ne prend pas, et hormis quelques fanatiques acharnés au premier rang, la foule se contente de hocher passivement la tête, incapable de backer le moindre couplet. Un show rodé et sans fioritures c’est finalement déjà pas mal pour un concert solo d’un membre du Wu-Tang ! C’est l’avantage lorsque l’on ne s’attend à rien. On est rarement déçu…

Après un concert des Underachievers directement classé dans notre top 5 du festival, c’est comme de grands enfants que nous attendons le cadeau ultime de cette 26ème édition. LE mythe, Dieu en personne, qui après un Coachella et un show parisien à guichet fermé, vient nous délecter de son indémodable classique Illmatic. 

En patientant religieusement que la nuit tombe sur la grande scène et que le maître commence son prêche, nous observons le public qui s’amasse gentiment aux abords de la Last Arena. La tension est palpable, et la même phrase est sur toutes les bouches. « Tu te rends compte ? On va voir Nas ! » . Nous passerons sous silence les quelques « C’est qui Nas ? » , tout de suite contrebalancés par un discret chuchotement « Tais-toi, on va se faire repérer ! J’crois que c’est un rappeur… » , c’est ça aussi un public de festival…


©Sourdoreille

Et comme quelques images valent bien mieux qu’un grand discours, voici l’intégralité du concert en vidéo par nos collègues de Sourdoreille. Nous, on était en délire pendant près d’une heure, malgré un son perfectible, et avons aujourd’hui, la chance de pouvoir dire : « Moi ? J’ai vu Nas jouerIllmatic ! » . Le genre d’histoire que l’on radotera à nos enfants. Merci.

Pas le temps de redescendre, le lendemain c’est Cypress Hill et Madlib qui nous sont promis par les programmateurs. Un show des californiens est une épreuve en soit. Un bordel monstre auquel le rap ne nous habitue que très peu. Logique me direz-vous, puisqu’en 25ans de carrière, B-real et Sen dog ont largement prouvés tout l’eclétisme de leurs cultures musicales, Rise Up, enregistré avec Tom Morello, l’extraordinaire guitariste des Rage Against the Machine, en est la preuve. Un public rock et hiphop qui se côtoie dans d’interminables pogos et circles pit que l’on pensait réservés au métal.

Ayant bien envie de nous réveiller un peu, nous resserrons nos lacets, et les sangles de notre sac à dos pour aller se frotter un peu aux aficionados du groupe. En guise d’explosion nous aurons droit à un pétard mouillé. Un B-Real fatigué, pour une playlist vieillissante, et inchangée depuis presque dix ans. Les keupons et autres mosheux ne sont pas de la partie, remplacés par des dizaines d’ados qui n’attendent que de fumer leur énorme blunt sur « Legalize It » . Tout, des instrus, aux revendications, a pris un sacré coup de vieux, et nous regardons, amusés, défiler la bande son de nos jeunes années.

Entendons nous bien, les bougres savent occuper l’espace et assurer un show, mais il est de plus en plus difficile d’y voir performance scénique et prise de risques. Seul Dj Muggs aux percus apporte sa touche de nouveautés. Nous serons obligés de faire un tour sur la Cannibal Stage, la scène métal, et d’assister au show de Sick of it All, pour trouver un peu de couilles dans ce rock jeu. Dommage.

ReapHit Dour 2014 Madlib Mathieu Drouet©Mathieu Drouet

Dernier des grands mythes, sage fondateur et gourou respecté, c’est Madlib qui animera en douceur notre début de soirée. Le nom est vendeur, et la Jupiler BoomBox bien trop petite pour contenir tous les curieux venus écouter Monsieur Otis Jackson. Ici c’est une subtile nuance sur l’affiche, une simple mention accolée au nom d’artiste qui sera la source de toutes les déceptions :  »Live ». Et oui… entre « Madlib Live » et « Madlib » , la nuance à son importance sur le petit dépliant qui nous sert de programme.

Au moins, aucun mensonge des organisateurs, ici pas de performance scénique ou de géniales compositions improvisées, dont le génie du beat a le secret. Soyons plus direct, Madlib s’est foutu de notre gueule. Littéralement défoncé, il s’est contenté de passer quelques sons, se perdant entre reggae, ragga, électro, et ne revenant sur de saines bases HipHop que trop rarement. Et le pire, c’est qu’il s’en fout. Le public n’est pas dupe, mais le beatmaker ne lui jettera aucun regard. C’est ça aussi le show à l’Américaine : un gros cachet et un beau doigt d’honneur.

Au vu de ces quelques lignes, une conclusion s’impose. Oui, c’est vrai, à force de bouffer des concerts toute l’année, nous sommes devenus des vieux cons, rarement surpris et exigeants. Mais là n’est pas la question. Sur ces gros noms, ces mythes ultimes, seul Nas aura tiré son épingle du jeu avec un show à la qualité irréprochable. Pourquoi ? Pourquoi avons-nous pris bien plus de claques devant Joey Bada$$ et The Underachievers, que devant Cypress Hill et Raekwon ?

L’envie. L’envie d’avoir envie chantait notre beaufiot national. – Le rapport ? Aucun – Quand un Bada$$ foule le sol de notre vieille Europe, c’est pour tester sa visibilité et son public. Une étude de marché quoi. Il veut, et il doit faire un show d’anthologie, les critiques des médias, des tourneurs et de ses fans, et les opportunités afférentes en dépendent. La fougue de la jeunesse aidant et la démesure du festival motivant, c’est comme souvent les challengers qui ont créé la surprise, les mythes eux se contentant d’exploiter un nom, et d’attirer le public.

L’électro, les nouveaux guitars heroes

ReapHit Dour Live Report coups de coeur

L’éclectisme de la programmation de Dour est l’un de ses principaux attraits. Vivre « l’expérience Dour » implique de ne pas rester enfermé dans une communauté, que ce soit la communauté rap, techno ou même death/métal. Certes, chaque scène du festival a son identité musicale et il est possible de squatter toute la journée à la Jupiler Boombox pour ne voir que des artistes rap ou assimilés, mais tout – de la dynamique des festivaliers à l’agencement des scènes – est fait pour sortir les festivaliers de leur zone de confort et leur faire découvrir des sonorités aux antipodes de ce qu’ils écoutent habituellement.

Impossible donc pour ReapHit de ne pas se laisser porter de manière un peu hasardeuse d’un concert à un autre. Ce que l’on en tire c’est qu’étonnamment, la musique électronique est celle qui a fédéré la foule compacte du festival avec le plus de vigueur ! Logique, puisqu’elle symbolise à elle seule, la nuit, la fête et les excès. Certes. Mais comment expliquer que ce qui n’était même pas considéré comme de la « musique » par la majorité des gens il y a une trentaine d’années ait réussi à séduire la majorité des festivaliers ?

La démocratisation du genre permet de mieux le comprendre. On sait depuis longtemps que la techno n’est pas qu’une musique d’ordinateur qui fait « boum, boum ». On sait que le travail derrière un morceau de house ou de techno est monstrueux et qu’il exige d’en contrôler toutes les étapes : de la basse à la batterie en passant par les accords, le chant et le mix.

Le charme de la techno vient aussi de sa réactivité. Il existe une multitude de mouvements à l’intérieur même du mouvement, ce qui permet à chacun d’y trouver son compte. Mais avec l’avènement de la musique électronique est venu celui de la « musique de chambre » et de là, une foultitude de jeunes ou de moins jeunes ont pu se déclarer DJ. Le mouvement techno s’est ainsi fait envahir d’airs de saxophones de voix mielleuses et de rythmes lancinants (cf. Klingande).


©Sourdoreille

Ce type de morceau, que l’on nous sert à toutes les sauces est sûrement ce que vous connaissez de la musique électronique si jamais vous ne vous y étiez jamais intéressés plus que ça. Il s’agit d’ « Electro Dance Music ». L’EDM (aussi appelé Electro De Merde) consiste plus ou moins à jouer des morceaux sans les mains, ponctuée de « What’s up Parissss » entre deux grosses machines à fumée. Bien que l’EDM parvienne à rassembler plus de 360 000 festivaliers lors d’événements comme « TomorowLand » en Belgique (festival qui avait lieu en même temps que Dour, pour la petite histoire), ce n’est pas, selon nous, l’essence même de la techno. Et les programmateurs de Dour semblent du même avis !

Inviter des artistes comme Jeff Mills ou Len Faki plutôt que Bob Sinclar et Avicii, c’est comme inviter Nas et Joey Bada$$ plutôt que Rick Ross et Lil Wayne. La programmation léchée est d’ailleurs une autre explication possible à l’engouement pour les nuits électro ! En effet, la 26ème édition du festival a vu se produire des pionniers de la musique techno comme Jeff Mills –fondateur d’underground resistance – , de grands artistes internationaux comme Len Faki et Gui Boratto, des figures emblématiques de la scène française comme Mr. Oizo ou Rone, mais aussi de jeunes prodiges comme T.E.E.D ou encore Bondax.

La techno, se joue partout : en club, dans des champs, sur des bateaux, dans des forêts, sous des ponts, dans des petites chambres, sur internet avec les Boiler Rooms, sur des toits, dans des hangars, dans des musées mais à Dour, elle a encore une nouvelle saveur.

Et on a kiffé ! Pourquoi ? Parce que passer une nuit à Dour c’est prendre le risque de perdre le temps et sa notion, aidé ou non par de sympathiques substances. De la musique, que de la musique, pendant une heure, deux heures, trois heures. Un objectif : le détachement avec la réalité, le flottement, la fête.

On a adoré : Bondax, Gui Borratto, ONRA, T.E.E.D, Rone, Len Faki, Brodinski

Notre Dour à nous : 5 coups de coeurs. 

ReapHit Dour Live Report Electro

Impossible de ne pas clôturer ce dossier sans un regard sur les bombes de cette belle 26ème édition. Sous partie on ne peut plus subjective, nous nous intéresserons seulement à nos coups de cœurs, nos surprises et nos claques de notre Dour. Attention, bêtes de scène.

BadBadNotGood

Petit rappel nécessaire pour un groupe encore bien peu connu. BBNG - ne donner que les initiales pour paraitre plus cool – c’est un trio jazz originaire de Toronto, des gamins d’à peine 20 ans qui cumulent déjà quelques prestigieux faits d’armes. Des compos pour Tyler The Creator et Franck Ocean, et de sacrées covers de A Tribe Called Quest, Kanye West ou de Feist, entre autre. En bons diggers, nous avions déjà posé nos oreilles attentives sur leurs jolies galettes - qui s’arrachent déjà à prix d’or – et c’est donc à moitié conquis que nous observons le trio entrer en scène.

Il y a des concerts, qui relèvent tout autant du mystique que de l’expérience scénique. La prestation de BadBadNotGood entre clairement dans cette catégorie. Comment est-ce possible ? Comment un trio jazz composé de trois gamins aux looks d’ados geek, musiciens de conservatoire, au charisme et à la présence scénique d’une huitre agoraphobe a-t-il réussi à nous impressionner à ce point ?

Le groupe n’a pourtant pas choisi la facilité ni fait dans la vulgarisation grand public, bien au contraire. Et entamer son show, en festival, par une intro aux accents jazz marqués, denses et complexes, était un pari risqué, mais réussi. Le public sait visiblement à quoi s’attendre et fait partie intégrante de la performance. S’en suit une heure d’une leçon de musique et de live. A ce stade, il s’agit simplement de génie musical. Un de ces moments où l’univers semble se rééquilibrer, où le monde parait de nouveau juste… et logique. Un monde où les meilleurs musiciens font les meilleurs live. Notre meilleur moment du festival. Merci.

Joey Bada$$

Il faut dire qu’on l’attendait ce live du new-yorkais, les occasions de voir un des membres du Pro Era dans nos contrées étant encore plutôt rares. Nous n’étions visiblement pas les seuls à vouloir observer de plus près le jeune prodige, et – notre désormais traditionnel lieu de résidence – la Jupiler BoomBox se rempli rapidement de connaisseurs impatients. Il faut dire que tous les ingrédients sont réunis pour un gros show rap.

Et c’est ce que l’on aura. Attitude et charisme, il ne s’agit que de ça. Sur des beats oscillant entre boombap et dirty, le MC enchaine les titres de sa voix éraillée avec une facilité déconcertante, à peine impressionné par un accueil européen si chaleureux. Un objectif : foutre le maximum de bordel et en faire des tonnes, quitte à  monter sur les structures de scènes pour dominer le public. Et on ne peut pas le nier… ça fonctionne. En bonne rock star, Bada$$ terminera le show avec deux poufs dans les loges…histoire de prolonger le charme européen.


©Sourdoreille

Coely

C’est l’excellente surprise et la jolie histoire de notre Dour à nous. Dimanche matin, une petite affiche placardé dans l’espace presse nous informe que Tyler the Creator a raté sa correspondance et qu’étant bloqué au Canada, il ne pourra assurer son show. L’un des concerts que l’on attendait le plus tombe à l’eau.

Aucune annonce ne sera faite par le festival ni même par Tyler, ainsi quand Coely arrive sur scène, la majorité du public s’attend à voir la star de Odd Future. Public plus difficile tu meurs, le genre d’ambiance qui peut vite dériver en lapidation. Ce sera tout l’inverse. Car Coely sait tout faire, elle chante, rappe, beatbox, danse, mélange la soul, le blues et le hiphop avec un talent insolent. A tel point que la foule amassée oublie bien vite que le Goblin est absent, et se laisse totalement absorber par la performance de la jeune belge. Ne pas savoir le matin même que l’on fait Dour, et réussir ce tour de force artistique. Respect.

The Underachievers

« Ils ont un truc, profitons en avant qu’ils ne le perdent » c’est sur cet élan de positivisme et de joie, que nous partons (encore) nous entasser dans la fournaise de la Jupiler BoomBox pour le show des autres new-yorkais du festival. Une température à crever, un public bouillant sous un chapiteau surpeuplé, il fut physique d’assister au concert des Underachievers… mais quelle folie ! Des basses, des instrus, des grosses grosses instrus, et puis encore plus de basses. Deux MC bien décidés à calciner le festival entier, un DJ survolté, une énergie folle, et une conception parfaite d’un show rap. On a transpiré, on a adoré.

Detroit

« Un groupe de Rock – et de rock français ce sous-genre infâme – dans le top 5 d’un Webzine Rap ! Ils se foutent de nous ?! » Et bien non. Détroit c’est le nouveau projet de Bertrand Cantatle génialissime chanteur des non moins fantastiques Noir DésirAlors pour nous qui n’avons jamais vu la formation d’origine sur scène, ce side project est des plus tentant, un palliatif à Noir Dés’ en somme. Et l’on sera bien vite conquis. Habitué de Dour avec Noir Désir, le chanteur est visiblement ému de reprendre la place qui lui est due sur la grande scène de la plaine de feu. « Bonsoir mes amis belges, ça faisait longtemps… ». 

Alors non les guitares ne sont pas aussi assassines qu’à l’époque de Serge Teyssot-Gay, les textes peut-être un peu moins chargés de poésie brumeuse qu’à l’époque, mais Cantat est là, impressionnant. Alors quand celui ci consent enfin à nous jouer quelques classiques de Noir Désir, c’est sourire jusqu’aux oreilles que nous profitons de ce remède fort appréciable.

Un grand merci à l’Official Dour Festival. A l’année prochaine.

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ReapHit Dour Report Jessica Amico©Jessica Amico

Killah Priest // Body of Light

Killah Priest avance doucement vers la lumière, et sort un clip à l’esthétique soignée et aux images déstructurées. Entre ghetto et philosophie zen se situe Body of Light.

De son ouverture sur une fleur de cerisier à son instrumental, la couleur du clip est directement annoncée, l’influence asiatique sera omniprésente. Jusque-là pourquoi pas, sauf que juste après la caméra redescend sur une ville, jusque dans les sous-sols de celle-ci où une femme danse façon orientale. Remettons un peu d’ordre dans tous ces éléments, et concentrons nous sur le fil rouge : la lumière !

Car c’est elle qui est mise en scène de différentes façons dans ce clip. Que ce soit ces mystérieuses liaisons lumineuses qui se font et se défont au rythme de la musique, la lueur de la ville, ou bien cette femme au centre des projecteurs, faisant danser la lumière qui se réfléchie sur elle. Les couleurs sont mystérieuses, obscures, tandis que la lumière explose de toutes parts. A travers tout ça navigue Killah Priest, à la recherche d’une spiritualité, d’une certaine philosophie. Les images s’enchainent violemment, se déforment parfois, se déstructurent au rythme des percussions.

On peut se demander si Killah Priest ne chercherait pas à nous montrer tout le bordel qu’il a dans sa tête, cherchant à dépasser son maître, ou bien à se dépasser lui-même. Jusqu’à l’apaisement, symbolisé par la transmission du collier à la fin. Une fin qui annonce le début d’un autre état.

Asocial Club // Toute entrée est définitive

L’Asocial clubCe nom hante nos colonnes depuis maintenant quelques mois. Le Club, c’est la réunion d’asociaux - d’exclus - qui se connaissent très bien et aiment le business en famille.

Casey et Prodige - qu’on ne présente plus - tous deux issus de la famille Anfalsh. Le rappeur AL, originaire de Dijon – c‘est pas New York non plus – que l’on a découvert avec FabeAdil el Kabir et Matière Première, puis tout seul  sur High Tech & Primitif et Terminal 3. Le mythique DJ Kozi - déjà DJ de Casey - s’occupe lui de taquiner les platines. Au sein de ces amis de longue date, s’ajoute Vîrus, rappeur de Rouen – jolie petite ville de france - qui ne cesse de nous impressionner à chaque projet. On avait par ailleurs déjà commencé à apprécier sa cohérence musicale avec  Casey et son équipe sur le titre « Que tu l’acceptes ou pas »

L’esprit de famille – de clan – est poussé à son paroxysme, jusqu’aux productions, concoctées par l’entourage du club. On retrouve donc Héry et Laloo fidèles à AnfalshDJ Saxe proche d’AL, et Banane, producteur attitré de Vîrus. Le travail visuel a lui été confié à Tcho/Antidote, véritable trait d’union entre les rappeurs, de par son activité graphique et audiovisuelle.

Avec un premier album au doux nom de Toute entrée est définitive, ce regroupement d’individualités, à l’écart du rap et de la société en général, présente ici plus qu’un simple plateau d’artistes : un projet cohérent et inédit.

ReapHit Chronique asocial club

« Les gens mettent tout le monde dans le même
sac. 
J’ai honte de dire que je rappe »

Avant même d’évoquer un album commun, Casey et son équipe se font violence, et partent brûler les planches à la recherche de leur public pour quelques dates. Rocé les accompagne, et quelques privilégiés comprennent alors. C’est un pan entier du rap underground qui se côtoie sur scène. Les univers, les textes et les personnalités des MC se complètent à merveille. Logiquement, sans effort, la cohérence scénique est parfaite, et le public abasourdi. Le groupe crée son propre mythe en quelques apparitions : la carte de visite est envoyée en bonne et due forme, et en pleine tronche ; on entend déjà quelques murmures de fanatiques impatients : C’est l’Asocial Club, la putain d’ta mère !

Ce sera le titre du premier extrait. Fracassant. Le ton est donné d’emblée, la machine est lancée. Avec un slogan simple et efficace, le club abat ses cartes et rappelle qu’il ne fait pas dans la dentelle. L’album ne sera pas un long fleuve tranquille, et chaque MC y réglera ses comptes. Prodige le scande sans détour : « Gars, on fait ça en grand, on fait pas semblant, ça va être sanglant, avis à tous les bouffeurs de glands » soutenu par Casey « Dégagez les lieux et videz les assiettes, c’est fini la fête ! On vient dans ton périmètre, libérer la bête » . La messe est dite.

« Longtemps que j’ai délaissé l’idée d’aller te faire la leçon, aucune parole vraiment censée n’a jamais convaincu un con »

Le groupe précise sa position dans le paysage du rap français avec « 99% », l’occasion de faire vaciller un peu plus l’épée de Damoclès qui surplombe le rap de France à grands coups d’égotrips. Sur une production lente, Casey rappe avec un flow et des intonations différents de ceux qu’on lui connaît. Prenant volontairement une diction héritée d’Atlanta, plutôt appréciée dans le rap français contemporain, elle se fait le plaisir d’affronter les acteurs de ce milieu sur leur propre terrain. On retrouvera ce phrasé au fil de l’album, dans la bouche de plusieurs membres du groupe. Insolents.

L’Asocial club cultive sa différence au fil des titres et creuse petit à petit le fossé qui le sépare du troupeau. Les MC’s rappellent d’où vient à leurs yeux la « Ghetto Music » avec la voix de Peter Tosh. Ce sample reggae astucieusement mêlé à des sonorités électroniques en constante évolution, donne une production inhabituelle mais efficace sur laquelle le troisième mousquetaire d’Anfalsh, B. James, est convié à brandir le cutter face à tous les imposteurs. Asocial Club travaille en famille, nous l’avons dit.

« Soyons le fer de lance de la doctrine de
l’insolence c’est là qu’excelle mon engeance »

Sauf qu’en guise de cutter, Monsieur 93 débarque armé d’une épée à deux mains. – Lourd c’est bien, lourd c’est mieux, s’il marche pas on peut toujours assommer avec…Difficile de faire plus charismatique et percutant qu’un Bibi énervé sur une instru aux basses marquées. Et lorsqu’il pose les bases de sa doctrine « Soyons clairs, qui contestera mourra, soyons fermes… » on a aucun mal à le croire, ni aucune envie de le contredire. La cohérence de son couplet, et le plaisir que l’on a, à retrouver Anfalsh au complet, nous font regretter l’absence du boxeur sur les autres titres.

L’esprit clanique en filigrane sur tous les morceaux, et présent jusque dans le nom du groupe, est traité de façon paradoxale dans le titre éponyme « Toute entrée est définitive ». La maison où se déroule cette contre-soirée ne fait pas crédit, et ne garantit pas la sortie.

Déjà évoqué dans « Mes Doutes » , les asociaux affrontent ici les conséquences de leurs choix et se confrontent directement à leurs principes. « Nos couplets restent en phase mais nos réalités n’ont pas de flow, condamnés à fleurir et finir par fâner en vase clos » . Chacun des protagonistes y décrira sa vie en marge, son dégoût généralisé de l’époque, des autres et de lui-même. Aucune note positive ne viendra éclaircir ce noir constat. Casey nous livre un couplet magistral entre rancœur, hargne et fragilité. Déçue des autres, reprenant l’historique de ses frustrations, enfermée dans son monde froid et malsain, elle finira – c’est une première – par appeler au secours « Sauvez moi, appelez un médecin ! » gommant la fine ligne entre principes choisis et conséquences subies.

Reaphit Chronique Asocial Club 2

« Qui veut encore vivre centenaire ? 
Pour les volontaires, voilà le formulaire »

Condamnés à errer dans ce monde sans vraiment y prendre part, en décalage total avec les normes socialement acceptées par la majorité, les MC’s hantent leurs villes de leurs existences fantomatiques. « Je suis damnée, la terre ferme me le rappelle »

A ce stade, la mèche est allumée depuis longtemps et l’explosion est imminente.  Elle arrivera avec « Ce soir, je brûlerai … ». Luttant contre une disparition programmée, les rappeurs se transforment ici en bombes incendiaires. Dans « 99% » déjà,  Casey réclamait vengeanceAprès avoir réglé leurs comptes avec le rap et l’industrie musicale, dans « Ce soir, je brûlerai … » la vengeance prend une dimension plus personnelle, presque intimiste.

Véritable exercice de style, chacun des MC’s choisira sa cible, nous livrant ainsi l’origine de ses frustrations du quotidien, son dégoût des autres et des normes sociales. Le monde du travail, la culture subventionnée, le système éducatif…destruction des institutions garantie. Dans la continuité directe de Tragédie d’une trajectoire, Casey reviendra sur le seau d’eau dans la face qui a tué sa petite enfancebouclant la boucle et tuant ses démons dans un feu purificateur.

« Peu de chance qu’on discute, si ta mère elle peint, que ton père il sculpte, à bien réfléchir je nous préfère incultes »

Cette descente aux enfers se terminera par un chef d’œuvre, et « Creuser » finira d’obscurcir un tableau déjà bien sombre. La production aux samples lents, funestes et épurés, qui n’est pas sans rappeler l’instrumental de « Des Fins » , laisse le champ libre aux MC’s pour y exprimer toutes leurs amertumes. Le message est sans appel : vivre, c’est creuser sa tombe.

Sans filtre aucun, les rappeurs déposent les armes et se livrent comme rarement. Une fois encore, le couplet de Casey surprend, alors qu’elle évoque pour la première fois ses relations amoureuses et ses pensées suicidaires. Avec un couplet fantastique, c’est le fossoyeur Rocé, présent dès les premières scènes du groupe, qui, avec une dernière pelletée, clôt l’album avec élégance. « Quand j’ai voulu retourner ma veste, j’étais le même recto-verso. »

« Epuisé et à cran, j’écris ce qui m’indigne derrière l’écran, fort de constater que ma vie c’est de la lette-bran »

Au fil de ces douzes titres, le collectif s’affirme comme un groupe cohérent et efficace. Sous l’égide de Caseytout simplement phénoménale – les talents se révèlent et les plumes s’affûtent. Les couplets de Vîrus puent la compétition lyricale, souhaitant être à la hauteur de la bête, il arrive allègrement à tenir la comparaison, et oblige Casey à redoubler d’efforts. Aucun des protagonistes ne lâche face à leurs compétents confrères. Cavaliers de l’apocalypse, venus bousculer la morale de notre société bien pensante, le travail soigné et le sens du détail sont de rigueur.

Un soin du détail qui les suit jusqu’au visuel de l’album, sur lequel on distingue une façade d’immeuble sous un ciel sombre. Les entrées sont murées, mais de faibles lueurs lumineuses nous parviennent du deuxième étage, comme si les habitants avaient volontairement fait le choix de se cloîtrer, comme pour s’empêcher de retourner mettre le pied dehors, après un trop-plein de désillusion.

Un malaise face aux institutions, au monde du rap, et à la vie sociale qui a finalement été accepté par les auteurs de ce disque, pour qu’ils fassent le choix, en bout de ligne, d’un enfermement total. Un appartement quasiment vide en guise de tour d’ivoire, et comme seul siège une pile d’écrits, voilà tout ce qu’il reste.

Libre à l’auditeur de tenter de rejoindre le Club en escaladant l’immeuble, mais gare à vous, bon nombre n’en sont pas revenus, l’écriteau à l’entrée était pourtant clair … Toute entrée est définitive.

Chronique by Vlad et Florian.

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ReapHit Asocial Club clip du jour 99

 

 

 

Emission du 23 Juillet

ReapHit s’associe aux Impromptus, cette émission matinale diffusée le mercredi de 7h à 9h sur les ondes de CISM 89,3 FM, la radio étudiante de l’Université de Montréal (rien de moins que la plus grande radio universitaire francophone au monde !). Chaque semaine, vos québécois Sam Rick et JF Harvey vous proposerons un programme atypique : Rap x Politique x Sport x Humour. Des discussions sur des sujets chauds en matière de politique et de sport, agrémentées par une sélection musicale 100 % rap émergent. Êtes-vous prêt pour votre expérience Impromptus ?

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Cette semaine chez les Impromptus, l’émission démarre sur les chapeaux de roues alors que les gars se jasent d’une planche à roulette de plus en plus tendance chez les jeunes : le longboard. Ils se permettent même un petit débat longboard versus skateboard… Y’aura-t-il un gagnant? Les discussions se poursuivent avec la présentation d’une nouveauté au Festival Juste Pour Rire de Montréal, soit un volet musical faisant place à la culture hip-hop avec ses deux spectacles de variétés, Le Melting Pot et Le Mix Des Chefs. Une belle liste de producteurs en présence avec Just Blaze ainsi que les montréalais Lunice, High Klassified et Téhu (Dézuets d’Plingrés).

Côté sport, le hockey est à l’honneur alors que JF nous donne ses impressions sur cette rumeur dans Ligue Nationale de Hockey (LNH) voulant que les Panthers quittent le soleil de la Floride pour la neige de la ville de Québec. En ce temps des vacances de la construction au Québec, pourquoi ne pas conclure avec des petits conseils pour votre BBQ dans le cadre du populaire volet cuisine! Au menu : Pizza sur le grill. Sam et JF en profite au passage pour célébrer le nouveau et très propre logo des Impromptus.

Bien sûr, notre disc-jockey national Ricky-Des-Neiges vous a préparé (sur le BBQ?) de belles galettes de rap alternatif, avec des nouveautés de Jean XVI, 7evenThirty & Gensu Dean, L’Argent De La Drogue, Lyricest, Le Fantôme & Freddy Groose, Cee, Reks, MER2CREW & Demi Portion, Asocial Club, The Other Guys, Pand’Or Officiel, Melan & Selas, Factor, Muneshine, Fixpen Sill, Buckshot & P Money, L’amalgame, et finalement, pour finir en beauté, Chima Anya & Clem Beat’z.

Playlist

Jean XVI – St-Jass De Compostelle (Jean XVI)
The Posterz – All I Know (Starships & Dark Tints)
7even Thirty – The Problem (The Problem)
L’Argent De La Drogue – Sans Titre, Sans Thème (No Future)
Yes McCan – 0 à 10KILOS (Single)
Lyricest – Let Me Wondering (Apocalypse)
Le Fantôme ft. Freddy Gruesum – Mec Donald (L’Album Fantôme)
Cee – BrewHeads (This Is All I Know)
Reks feat. Fredro Starr & Ruste Juxx – Unholy (Eyes Watching God)
Mer2Crew ft. Demi Portion - Le Troupeau (Remise à Flow)
Asocial Club – La Putain d’ta Mère (Toute Entrée Est Définitive)
EMAN & Vlooper – Mantra (XXL)
The Other Guys ft. Tanya Morgan – Blow My Mind (Seeds Of Ambition)
Pand’Or feat Melan & Selas – Là Où  (Bonus Track) (Dans Ma Boîte Vol.2)
Factor feat VA - Four for the Road feat. (Single Series)
Dead Obies – Dead Wrong (Collation Vol. 2 : Limon Verde : La Experiencia)
Muneshine ft. Jenn Grant - In Transit (In Transit)
Fixpen Sill – Jardin d’Eden (On Verra Plus Tard EP)
Buckshot & P-Money feat. Joey Badass & CJ Fly – Flute (BackPack Travels)
L’Amalgame – Pudpot (Engaragé)
Chima Anya & Clem Beat’z – After All This Time (After All This Time)

Aspect Mendoza // Cliniquement Mort

Aujourd’hui, traversons l’Atlantique pour y retrouver un pionnier de la scène québécoise du hip-hop, ce fervent défenseur d’un rap arborant les couleurs des années 90, Aspect Mendoza. Son nouveau clip pour son single « Cliniquement mort » se réclame d’une production boom-bap signée Barbz, d’un rap consciencieux, sarcastique, mais surtout dénonciateur des injustices qu’entraîne ce système québécois prônant une soi-disant égalité des chances.

« Je dédie celle-là à ceux qui travaillent
À la sueur de leur front, puis qui peinent
à arriver à la fin du mois.
Le travail n’a jamais tué personne mais… »

L’emcee et producteur montréalais – lui qui s’est même chargé du mastering complet (en plus d’y paraître sur un morceau) de la compilation française Du Bon Son #1 (on en parlait ici) – est un travailleur acharné, indépendant, et qui comme plusieurs, malgré tous ses efforts quotidiens, se retrouve malgré tout pris dans les méandres du marché du travail.

« J’fais du 9 à 5
J’arrive jamais en retard
Pis quand ça ferme j’suis l’premier qui prend l’bord
J’suis cliniquement mort »

Cet hymne à tous les prolétaires est visuellement réalisé par NZO, du groupe français Les Polyvalents, qui nous plonge dans l’univers casé de la bande dessinée, une première dans le rap québécois. Beaucoup reste à venir dans les prochains mois pour Aspect Mendoza, c’est pourquoi l’on vous suggère de rester à l’affût par le biais de son site web.

Fin…

Sans titre