Emission du 15 Avril

Probablement un des panels les plus percutants de toute l’histoire de Les Impromptus alors que nous recevons pas moins de TROIS invités ! En effet Olivier Jacques et Thierry Desjardins nous reviennent encore cette semaine et nous avons le privilège de recevoir l’illustre Robin Mercier Villeneuve! Ça risque de générer des discussions d’un niveau INÉGALÉ dans toute l’histoire des Impromptus (on exagère à peine…

Ces beaux messieurs vous réservent un programme sportif et politique haut en couleur. On débute l’émission en discutant d’un récent rapport qui compare les dépenses sociales de tous les pays de l’OCDE, Canada inclus. Les conclusions de celui-ci risquent de vous surprendre, parole d’Olivier Jacques, fiscaliste de renom!

On analysera ensuite la situation des Sénateurs d’Ottawa. Petit marché, aréna à l’emplacement douteux, manque d’enthousiasme des partisans… Parlons nous vraiment d’une équipe canadienne ici? Analyse en profondeur.

On se penchera en troisième partie d’émission sur la souveraineté et le progressisme. Un peu comme les progressistes d’Europe, pour qui le multiculturalisme est devenu un boulet, la souveraineté empêche-t-elle une remontée électorale de la gauche québécoise?

On terminera finalement l’émission sur une note très joyeuse alors que nous irons de nos prédictions pour le printemps! Soleil bleuc, blanc et rouge à l’horizon? Comme toujours, on vous parle de météo sportive avec un oeil intellectuel! Ne manquez pas ça!!

En RAP, notre DJ à l’international Ricky-Des-Neiges vous propose ses nombreuses nouveautés franco/anglo avec James Gardin, YOSHI DI ORIGINAL & S.O.A.P., Lomepal, Woodman, Gangrene & Earl Sweatshirt, Chacalcolik, Czarface (7L & Esoteric + Inspectah Deck), Ceschi Ramos & Factor Chandelier, La Smala, TSR CREW – Officiel, Saga 718 & Marco Polo, Rezinsky et finalement Lautrec.

Playlist :

James Gardin – Problems (Living Daylights)
Yoshi Di Original – Stupid Emcee Feat. The Real Fake MC (Yoshi Meets S.O.A.P)
Lomepal – Majesté (Majesté EP)
La Smala – Dans Un Bar à 5 (Un Cri Dans Le Silence)
Woodman – State Of The Art (Assimilation)
Gangrene (The Alchemist & Oh No) – Play It Cool Ft Samuel T Herring & Earl Sweatshirt (GTA V)
Yvon Krevé – La Vie C’est Court ft. Sans Pression (L’Accent Grave)
Chacalcolik – Bienvenue ! (La Naissance)
Ceschi & Factor – Kurzweil (feat. David Ramos, iCON The Mic King, Shoshin) (Broken Bone Ballads)
Czarface (7L, Esoteric & Inspectah Deck) – Deadly Class feat. Meyhem Lauren (Every Hero Needs A Villain)
Faute De Frappe – Anti-Systeme ft. KenLo & Webster (Faute De Frappe)
UNI-VERSE-SOUL – Épilogue (Feat. Gyver Hypman & Aspect Mendoza) (UNI-VERSE-SOUL)
TSR Crew – Bouteille À La Seine (Passage Flouté)
Monk.E – Cashdown (Cashdown)
Buzetage – La Course (Buzetage.exe)
Saga – Make a Choice (From Out of the Shadows EP [Prod. Marco Polo])
Rezinsky – Les Hérétiques (Les Hérétiques)
Lautrec – Bonheurs Indicibles (La Cruauté Tranquille)
Cee & Dr. MaD – Another Day ft. Notion & Nox (FreshKils Nice Afternoon Remix) (Single)

ReapHit 4:20 // Puff Puff Tracks

Alors qu’en bon impérialiste, vous vous apprêtiez à commérer dans les larmes le 201ème anniversaire des adieux de Napoléon à la Garde Impériale, on a décidé de vous orienter vers une célébration plus verte et décalée : le 4/20

Derrière ce nom de code, le 4/20 renvoie à la date du 20 avril où chaque année, sur les coups de 16:20, des mouvements pro-cannabis mettent la pression sur les autorités en invitant les consommateurs à s’en éclater quelques-uns. Le genre de cause pas vraiment compliquée à soutenir. Alors quoi de mieux pour être solidaire avec le « mouvement » que de vous proposer une playlist toute en fumée. 

Loin de vous faire une compile façon clodo Woodstock en reprenant les standards chers aux hommes à barbe sale et aux femmes poilues, on a décidé chez ReapHit de revisiter la weed à travers 3 décennies de rap. Sacro-sainte source d’inspiration des années fastes de la west-coast, le thème est tellement attaché au genre qu’une playlist ne suffira bien sûr pas à en faire le tour.

Mais la musique restant un complément tout à fait recommandé pour se péter un bon cône : de Kurupt en passant par Styles P sans oublier la scène française avec Busta Flex ou les Svinkels, voila notre sélection spéciale 4 : 20. Puff Puff Tracks

ReapHit 4 : 20 – Playlist à Grinder by Reaphit.Com on Mixcloud

Georgia Anne Muldrow // Great Blacks

« She’s incredible. She’s like Flack, Nina Simone, Ella, she’s something else. She’s like religion. It’s heavy, vibrational music. I’ve never heard a human being sing like this. Her voice is wildly, finely expressive. It’s so singular. It’s hip-hop, the way that she approaches it rhythmically, she’s got so many jazz influences. It’s something else and you can just feel it.« 

Voilà ce que Mos Def raconte à propos de la chanteuse, productrice et multi-instrumentiste californienne Georgia Anne Muldrow. Et c’est avec son tout premier disque all-rap, produit intégralement par Chris Keys, qu’elle reviendra dans les bacs dans le courant du mois de mai, ça s’appellera A Thoughtiverse Unmarred, et ça sortira chez Mello Music Group. Les premières images sont à visionner ci-dessus, et voici un autre extrait audio, pour patienter.

Antwon @ Batofar (18 avril)

Rappeur barbu depuis qu’il est en âge de l’être, Antwon, 27 bougies, nous provient de San Jose, sur la côte ouest. Pourquoi ce nom ? Selon lui, ça « sonnait bien français ». Il débute sa carrière dans le hard rock et le punk, avant de faire un virage à 360° vers le hip-hop.

Détenteur de trois mixtapes 2.0, qu’il n’a cessé de défendre dans les petits clubs intimistes d’Europe lors de sa première tournée, Antown broie du noir et observe. Dans un courant atypique, il est l’un des membres de Greehead, créé par Himanshu du groupe Das Racist, mêlant références eigthies et nineties et rap old shool. Une fusion des genres, d’époques et d’influences, des textes obsédés par l’orgasme mutuel des corps et toutes les dépendances qui en découlent.

Se refusant d’appartenir à une mode bling-bling, il est plus du genre tombeur qui finira par toutes les avoir. Il aime rire des vanités qui se jouent autours des kids américains qui traînent leurs guêtres sur les dancefloors. Un amour désabusé, c’est ce qu’on vous propose de venir découvrir lors de sa venue au Batofar, ce samedi 18 avril. ReapHit, partenaire de l’événement, vous fait gagner des places.

Deux lots de 2 places sont à gagner, à remporter par tirage au sort. Pour participer, brandissez le pouce sur le Facebook de ReapHit, puis partagez ce post (partage PUBLIC). Sur Twitter, suivez le fil ReapHit et retweetez ce tweet. Tirage la veille de l’event, bonne chance à tous et toutes !

Infos pratiques :

19h30 – 15€ sur place, 12€ en prévente

Le Batofar – face au 11 quai F. Mauriac 75 013 Paris

Metro: Quai de la Gare ou BNF / Bus: 325 – 89 – 64

Janelle Monáe // Yoga feat. Jidenna

Avec The ArchAndroid et The Electric Lady, Janelle Monáe nous avait habitué à une esthétique rétro, voyageant entre le funk 70′s, la soul, le jazz et le rock psychédélique.

En février 2015, son propre label, Wondaland Art Society, se greffe à Epic Records, permettant à la musicienne d’atteindre un autre niveau de reconnaissance. Le label prévoit ainsi de sortir une compilation le 6 mai, sous le nom de Eephus EP.

C’est sur ce disque que devrait se retrouver le morceau « Yoga », qui nous présente Janelle sous un nouvel angle. Exit le costume cintré ou les virées rétro-futuristes, l’artiste épouse cette fois un peu plus, à sa manière, les codes visuels modernes, et livre un morceau catchy ou la danse et le yoga se mêlent à une part de mysticisme.

Pas de trahison ici, juste un moonwalk contrôlé vers le monde mainstream.

Le grand écart est réussi et nous montre que Janelle Monáe a sans doute bien d’autres pas de danse sous la semelle … De quoi nous rendre encore plus curieux sur la suite de sa carrière.

The Four Owls // À l’heure de la nouvelle migration

On se dirige cette semaine vers la scène rap de Brixton, ce petit berceau cosmopolite florissant de Londres, pour atterrir à l’intérieur du nid High Focus Records. Fondé en 2010 par l’un des membres, Fliptrix, le label agit depuis comme quartier général des activités du groupe The Four Owls.

Après un indéniable succès en 2011 avec leur premier album Nature’s Greatest Mystery, devenu un classique en matière de rap britannique, voilà que les hiboux masqués migrent vers une série de concerts en Europe à l’occasion de la sortie de leur nouveau projet Natural Order. À l’heure de cette nouvelle migration qui s’amorce, voilà que nous vous présentons notre entretien avec eux lors de leur passage bruxellois dans le cadre du festival Lezarts Urbains. 

Puisque nous nous rencontrons en Belgique, commençons par jouer les touristes. Quel est votre première impression de la Belgique et de Bruxelles ?

Fliptrix : Vraiment cool, c’est notre deuxième passage en Belgique et c’est définitivement l’un des meilleurs endroits hors Angleterre où nous avons performé.

BVA : C’est très beau, avec toute cette verdure. Une architecture avec ses palaces et ses fans qui en font une destination atypique.

De notre côté, nous en savons très peu sur Brixton, excepté Van Gogh, The Clash, David Bowie et peut-être Sharon Osbourne… Qu’en est-il de Brixton et sa culture hip-hop ? Est-ce qu’High Focus est au premier plan de la scène underground hip-hop à Londres ?

Fliptrix : Effectivement, Brixton a eu son lot de célébrités. La scène hip-hop et la scène underground en général est très active à Brixton. Il y a ces dernières années de très bons projets qui se montent, ainsi que plusieurs labels qui se développent. Nous-mêmes sommes un gros collectif, et les choses se passent plutôt bien avec les tournées que nous faisons partout en Europe, mais nous ne pouvons affirmer être le centre de ce qui se passe dans la scène alternative rap de Brixton.

Leaf Dog : Tu vois, à Brixton et à Londres, il y a une tonne de rappeurs qui font des tonnes de choses, et imposent petit à petit une scène hip-hop extrêmement variée, avec différents genres de rap, des styles et des publics bien définis. Cela fait partie de l’actuel vent de changement qui s’effectue sur ce territoire. On retrouve différentes sortes d’activistes hip-hop sur la scène rap d’Angleterre, donc nous ne représentons pas le territoire en entier, mais nous faisons tout de même partie intégrante de ce mouvement.

Vous vous apprêtez à célébrer les 5 ans d’existence d’High Focus Records. Quelles sont les choses les plus importantes que vous retenez de ces 5 années d’expérience en tant qu’artistes signés sur un label indépendant ?

Fliptrix : Seulement croire en ce que tu fais, et t’assurer que le tout soit de grande qualité dans sa présentation. La musique est la chose la plus importante, mais nous avons mis beaucoup d’efforts dans nos clips et dans la façon dont nous les avons présentés. Nous avons également mis beaucoup d’énergie lors de nos dates de concerts. Une autre chose primordiale, c’est d’aller vraiment vers les fans, puisque de toutes façons nous sommes tous amateurs de cette musique, c’est pour ça qu’on est là.

Votre base de fans est impressionnante, il y des gens qui vous suivent de partout à travers le monde, seriez-vous tentés de tester la notoriété des Four Owls aux États-Unis ou au Canada par exemple ? Êtes-vous en attente d’offres, ou travaillez-vous déjà sur cette question pour une éventuelle tournée ?

Leaf Dog : Nous aimerions ça, bien sûr.

The Four Owls : Nous attendons seulement l’offre ! (rires)

Verb-T : Je pense que ça arrivera en temps et en heures. Nous venons tout juste de jouer à Athènes. C’est un concert que nos fans grecs réclamaient depuis des années, depuis la sortie du premier Four Owls ! Ça a juste prit du temps. Tout d’abord pour trouver quelqu’un de motivé et prêt à prendre le risque d’investir dans l’événement, puis le temps d’assurer la promotion du concert…

Mais au final, on l’a fait ! Nous avons joué à guichets fermés dans de grandes salles de concert, les mêmes salles où des artistes comme Mobb Deep performent, remplies sans l’appui du réseau de promotion « classique ». Aujourd’hui, ne pas être diffusé en radio ou sur MTV, peu importe, pourrait faire croire que notre fanbase et notre diffusion sont limités, mais pas du tout ! La fanbase, nous l’avons belle et bien en ligne, grâce à Youtube et au bouche-à-oreilles. C’est comme ça que la musique underground se propage aujourd’hui.

Qu’est ce qui explique, selon vous, la différence de visibilité dont souffre le rap anglais face au géant US ? Ressentez-vous des différences dans le traitement médiatique des projets anglais ? 

Verb-T : La plupart des gens entrent dans le moule hip-hop par l’écoute du rap US. Cela prend donc souvent un peu plus de temps pour réussir à apprécier l’accent anglais, ainsi que les différences culturelles traduites dans la musique. Mais de plus en plus, cela tend à devenir un vrai avantage pour nous, puisque nous incarnons aujourd’hui pour l’auditeur une alternative au rap US. Un son et un point de vue singulier. Le hip-hop anglais a mit du temps à obtenir une reconnaissance internationale, mais je pense qu’aujourd’hui les gens ont une réelle envie d’écouter et d’apprécier le point de vue anglais. Cela dit, le phénomène ne vient pas de naitre, il y avait quand même quelques groupes anglais qui faisaient des tournées hors Europe dans les années 80.

Leaf Dog : Là encore, Internet nous a évidemment aidé à développer High Focus Records, et le hip-hop anglais en général. Aujourd’hui les gens nous écoutent beaucoup plus facilement. Avant, il était beaucoup plus difficile de distribuer des vinyles partout à travers le monde. Dorénavant les choses sont simplifiées.

Une de vos forces est votre sens de l’humour que l’on retrouve très souvent dans vos textes. Les sarcasmes et le cynisme, c’est devenu une marque de fabrique ? 

Verb-T : Je pense que ce sont nos personnalités naturelles, nous ne faisons pas vraiment exprès.

Leaf Dog : Non, non, on a déjà rigolé, mais nous sommes actuellement très sérieux dans ce que l’on dit. En fait, je ne blague jamais tu vois ! (rires)

Verb-T : Je pense que nous caricaturer, blaguer et donner une touche de sarcasme à nos textes, c’est surtout un moyen pour nous de mettre en avant des sujets graves, sérieux, sans pour autant avoir l’étiquette de groupe chiant auprès du public. Déconner pour ne pas que les gens aient l’impression que l’on sort un album trop chiant. Mais je pense que pour les auditeurs, la marque de fabrique de Four Owls, c’est sa musique, pas son humour.

Leaf Dog : Exactement ! L’humour vient après !

BVA : Le but premier, c’est vraiment de faire des concerts et de transmettre notre message, tout le reste découle de cette chose que l’on appelle le divertissement.

Verb-T : Et puis, on ne rappe pas pour changer le cours des choses, ni faire la révolution en musique. A priori, on veut seulement parler de ce qui nous intéresse, de ce qui nous parle, ce qui nous touche en tant que personne. On est arrivé avec un concept, et on ne s’impose pas aujourd’hui de thèmes ou de styles pour être diffusés en radio

Un article provenant d’un webzine disait que l’album Natural Order est un manuel d’instruction du   »comment ne pas être une merde » , êtes-vous d’accord avec ça ? 

Verb-T : Ouais, je ne le dirais pas moi-même comme ça, mais il s’agit du plus gros compliment qu’on puisse nous faire, j’appuie à 100% et suis complètement en accord avec l’auteur de cet article. Son commentaire signifie donc que le sens de la vie, c’est de ne pas être une merde !

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L’étape du deuxième album est souvent déterminante. Quels paliers avez vous voulu franchir avec ce nouveau projet ?

Verb-T : Nous avons vraiment passé du temps à le réaliser. Je crois que Natural Order est un projet bien plus mature. Le premier est marqué par notre jeune énergie de l’époque : nous n’avions jamais travaillé ensemble avant ce disque.

Leaf Dog : Nous sommes totalement différents désormais, on ne se connaissait pas avant.

Verb-T : Moi je connaissais Fliptrix.

Leaf Dog : J’ai rencontré Verb-T quelques fois et je lui disais : « Yo, on a ce projet, tu veux en faire partie ? », il m’a dit oui et c’est comme ça que j’ai appris à le connaître. Entre temps, nous avons fait le premier album. Puis l’arrivée de Verb-T a vraiment dynamisé le projet. Nous avons grandi en l’écoutant, on se devait de faire mieux, de lui proposer mieux. Ça nous a vraiment tiré vers le haut.

Fliptrix : Ce n’est pas compliqué, le premier album, nous l’avons fait en deux ou trois semaines, le dernier s’est fait en trois ans.

BVA : Mais tu vois, nous avons tous une vie et nous étions déjà ensemble pour nos concerts. Nous nous sommes revus une tonne de fois pendant ces trois années pour faire en sorte que cet album se réalise.

Q-Unique des Arsonists, DJ Premier de Gangstarr, Young Zee des Outsidaz, vous démontrez définitivement un intérêt pour des collaborations outre-mer, mais l’on remarque qu’il n’y a pas de collaboration pour les Four Owls sur d’autres projets d’artistes hip-hop, excepté sur le dernier et impressionnant projet « Polyhymnia » de Fliptrix, seriez-vous intéressés d’élargir votre notoriété en Amérique en collaborant sur des projets locaux ?

Leaf Dog : On aimerait bien, mais supposons que certains apprécient notre musique, ça ne veut pas dire que nous aimerions travailler avec eux, ça ne se passe pas comme ça.

Verb-T : Déjà, il faut bien dissocier ce que nous faisons individuellement, et ce que nous faisons en tant que groupe. Nos statuts d’artistes solo nous permettent bien plus facilement d’aller exploiter ces featurings, et on ne s’en prive pas. Mais The Four Owls est déjà un regroupement de quatre artistes qui forment un groupe, une collaboration soit, et pour l’instant cela nous convient très bien. Nos sons se rapprochent beaucoup, on partage une tonne de trucs, évidemment le rap est le même, mais nous percevons le travail de groupe comme une autre zone à exploiter.

Leaf Dog, tu viens d’être cité faisant partie des dix producteurs britanniques à surveiller de près en 2015 par le webzine Ukhh.com. Natural Order contribue pour beaucoup à cette nomination, peux-tu nous en dire un peu plus sur ce qui s’en vient pour toi en 2015 ?

Leaf Dog : J’ai un projet avec BVA et le rappeur américain Young Zee des Outsidaz, et toujours avec BVA, nous avons le deuxième album des Brother Of The Stones avec mon frérot Ill Informed à la production. Il y aura des featurings de M.O.P. et Inspectah Deck du Wu-Tang Clan sur ce projet. J’ai également un album solo qui arrive bientôt 100% produit par moi-même, en travaillant avec les rappeurs Onoe Coponoe et Ocean Wisdom, deux nouveaux membres chez High Focus Records.

Pour les autres, avez-vous des projets à annoncer ?

Verb-T : Je vais sortir un album, qui est pratiquement terminé, avec Ill Informed, le projet sortira au courant de l’année, un album influencé par le jazz des années 60. L’influence est jazz, ça reste un album hip-hop et non un plan B. Je rappe toujours, ne vous inquiétez pas !

On parle toujours des Four Owls, mais pouvez-vous nous en dire un peu plus sur le cinquième hibou, DJ Madnice qui est juste-là ?

BVA : Un jour, j’écrirai un livre sur toutes les choses inappropriées qu’il a pu dire ou faire. (rires)

Leaf Dog : C’est pourquoi nous ne voulons jamais qu’il parle, parce qu’il dit toujours de la merde, et ça installe une mauvaise ambiance.

Fliptrix : Il est mon DJ depuis que j’ai 17 ans, c’était lors d’une fête dans une maison, c’est vraiment là que ça démarré, et il est également le DJ de Verb-T depuis fort longtemps.

Verb-T : Ouais ! Madnice et moi sommes allés à l’école ensemble pendant quelques années. Madnice, tu veux parler ?

The Four Owls : Non tu ne veux pas ça, de toute façon il dort en ce moment ! (rires)

Pour les Four Owls, donnez-nous quatre mots qui représentent au mieux la présente unité de votre quatuor.

BVA : Même longueur d’onde, différents mecs.

Verb-T : Différents points de vue (rires)

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Page Facebook Gautier Houba Photography

Vous êtes présents sur différentes plateformes tels qu’iTtunes, Deezer et Bandcamp, pour la diffusion et la vente de votre musique, mais qu’en est-il de SoundCloud ? Y’a-t-il une raison expliquant cette absence sur ce réseau social qui rejoint plus de 175 millions d’auditeurs chaque mois?

Leaf Dog : Je suis sur SoundCloud ! Je suis sur SoundCloud !

Fliptrix : On doit se créer un compte ! Regardez-bien, la page SoundCloud des Four Owls arrive bientôt !

Vous vous apprêtez à sortir un vinyle en édition limitée pour Natural Order, à l’heure où les consommateurs de musique tendent à écouter en ligne avant d’acheter un projet, et la chute du CD, que pensez-vous de la ré-émergence du vinyle dans l’industrie du hip-hop?

Fliptrix : C’est plus que bien.

Leaf Dog : Je ne crois pas que ça ait tant bougé, je crois que les médias essaient de faire en sorte que tout le monde pense qu’il y a une ré-émergence, mais quand tu y penses, on a tous des vinyles depuis longtemps.

BVA : Et l’industrie du vinyle de seconde main ne mourra jamais.

Verb-T : C’est ce que je disais à Leaf Dog tout à l’heure, c’est comme si la qualité du média et l’écoute des gens se détériorait, parce que le vinyle est actuellement la meilleure qualité de son que tu peux obtenir, le CD se situe un palier en dessous, et tout le monde écoute des fichiers numériques mp3, mais on est d’accord qu’il s’agit de la pire qualité au final.

Leaf Dog : C’est la raison pour laquelle ça ne mourra jamais, parce que les gens recherchent toujours la meilleure qualité de quelque chose.

Fliptrix : Il y a ce facteur collection aussi, les gens aiment collectionner.

Verb-T : Et c’est une partie intégrante de la culture hip-hop ! Tout a commencé avec le turntablism avec lequel sont arrivés les premiers beats, tout simplement en bouclant des mesures. Cet aspect est tellement ancré dans la culture que je considère ça comme étant le meilleur aspect du hip-hop. Une fois que tu es dedans, ça t’encourage à retourner en arrière et d’en vérifier la provenance. Peut-être que pour d’autres styles de musique c’est comme ça, mais pour moi, le hip-hop c’est beaucoup plus, il y a ce respect du passé.

Leaf Dog : Au contraire, certaines personnes ne démontrent pas de respect, pour être franc, dans le monde du hip-hop. Dans la musique rock, ils ont démontré plus de respect, dans le hip-hop, c’est plus profond que ça. Et d’autres n’ont pas reçu le crédit qu’ils auraient dû recevoir comme Slick RickBig Daddy Kane et d’autres.

Emission du 8 Avril

Une émission 100 % Rap cette semaine avec une playlist de 28 morceaux chinées par notre Disc Jockey Ricky-Des-Neiges, présentement chez les Bretons, comme Astérix. La galette bretonne étant une nouveauté et découverte pour lui, voici les nouvelles galettes sonores qu’ils vous fera découvrir :

Le belge Poldoore, les nordistes Ill Heaven x Sho’r Ézé chez Welsh Recordz, le secret le mieux gardé du rap français JP Manova, les jeunes torontois Ultra Magnus & DJ SLAM!,

Le collectif français Chinese Man accompagné de Pep Love et A-Plus d’un autre collectif Hieroglyphics celui-là, JRandPH7 x Chuuwee cette connexion Pays-Bas x USA, le nouveau Lucio Bukowski, Anton Serra & OsTER LAPWAss (Beatmaker) chez L’Animalerie, la collabo France-Québec avec Les Rodeurs ft. Woodman & LeSam, l’Artcore State Of Mind de Mulhouse, la moitié de Lunatic ; le religieux Ali lunatic, le montréalais Chacalcolik,

BXL à l’honneur avec les jeunes belges de L’Or Du Commun et La Smala, le chaud remix de Union Blak d’un titre du dernier PRhyme, Jeff Le Nerf x SCYLLA x Dadoo x CaxtonPress x Kwote One sur une prod de Crown Beatmaker, le retour après 5 ans d’absence de l’ontarien Anubis5 et finalement l’australien DT.

Playlist :

Poldoore – Blind Eyes (Feat. Cise Starr) (Blind Eyes EP)
Ill Heaven X Sho’r Eze – Murphy (Polaroïd #2)
JP Manova – La Barbe de Morgan Freeman (19h07)
Ultra Magnus & DJ SLAM! – Bill Clinton (The Raw)
DR. MAD – Phat Kat’s Homiez (The Good, The Bad, The Remix)
Skribe – Petits Poulets ft. Dézuets d’Plingrés
Chinese Man – Sho-Bro ft. ft. A-Plus, Pep Love & Knobody (Sho-Bro)
JR & PH7 x Chuuwee – Riverside Ransom (The South Sac Mack)
Lucio Bukowski, Anton Serra et Oster Lapwass – Portraits ft. DJ Fly (La Plume et le Brise-Glace)
Noah23 – Learning Curve (Quicksand)
LesRodeurs – Aux Esprits Malsaints feat Le Sam & Woodman (Pandémie 1er Chapitre)
L’Amalgame – H2E 2L8 (Boogie Lovegood)
Mess – Here To Stay ft. Kimba (Keep On)
Artcore State Of Mind – Avant de Partir (La Bande Annonce)
Ali – Salaam (Que La Paix Soit Sur Vous)£
Chacalcolik – Force Invisible (Souterrain Niveau Lehmann) (La Naissance)
Atach Tatuq – Y’a Trop d’Shit (La Guerre des Tuqs)
Traumaturges – Tu Connais l’Shit (Suce Mon Index)
Unknown Mizery – Royal Flush (SMiLE)
L’Or Du Commun – À Notre Époque (L’Odyssée)
La Smala – Le Barillet (Single)
Monk-e & Kenlo – Être pour Créer (feat. Smile, Jamai, Osti One, FiligraNn) (Mektoub Revisité)
Sweatshop Union – The Thing About It (Natural Progression)
PRhyme – Courtesy (Union Blak Remix) (PRhyme RMX)
Jeff Le Nerf x Scylla x Dadoo x Caxton Press x Kwote1 – 1 Beat / 5 MC’s (prod. Crown) (Single)
Obia & Cotola – Grosses Bastos (avec L’xtrmst Zen) (Le Procédé)
Anubis5 – Holograffiti (Freshfantastic)
Sëar Lui-Meme – Big Punchliner 2 (Éclipse Lunaire)
DT – Without Hip Hop (feat. AG)(Journal Entries: The Unfiltered Content of the Raw Mind)

Set&Match + VALD // 9 Avril @ Le Grand Mix

Le Grand Mix vous propose, comme souvent, d’égayer vos jeudis soir à grand coup de gros sons, de hip-hop bien ficelé et de pintes fraîches. Ce jeudi 9, c’est Set&Match et VALD qui s’y collent et vous offrent  une bonne raison de picoler en semaine.

Set&Match, c’est ce trio montpelliérain déversant leurs rimes chaudes et leurs accents traînant sur le rap français depuis maintenant deux ans. C’est devant un public déjà largement acquis à leur cause qu’ils viendront présenter ce jeudi en live les premiers extraits d’un Cosy Bang Bang prévu pour juin.

VALD s’assurera quant à lui d’amener la part de folie que tout bon live se doit de posséder. L’aulnaysien continue d’enchaîner les scènes pour défendre NQNT, son premier album. Peu apprécié par la rédaction à sa sortie, l’album se révèle par des lives énergiques et travaillés. Public de fanatiques et backs faciles assurés.

Pour l’occasion, ReapHit vous fait gagner un lot de 2 places, à remporter par tirage au sort. Pour participer, brandissez le pouce sur le Facebook de ReapHit, puis partagez ce post (partage PUBLIC). Sur Twitter, suivez le fil ReapHit et retweetez ce tweet. Tirage la veille de l’event, bonne chance à tous et toutes !

Set & Match

 

VALD

 Infos pratiques :

20h – 17€ – Achetez vos places

Le Grand Mix - 5 place Notre Dame, 59200 Tourcoing

Grim Reaperz // Ainsi parlait Zapatista

Grim Reaperz : derrière le blaze, une balle musicale à triple défragmentation. La première, capable de traverser tout alliage de protection façon cop killer, la deuxième, vive et douloureuse, pour dessouder la structure osseuse et la dernière, fatale et libératrice, pour exploser toute artère auditive. Très actifs depuis 10 ans, les trois hommes (Crown, Supervillain & Cystic) ont développé la déflagration de leurs cartouches musicales aussi bien sur la scène francophone que sur la scène US. Part du succès de Scylla à qui ils ont su fournir une identité musicale propre, on les a aussi retrouvé auprès des artilleurs de Philly Jedi Mind Tricks et Army Of Pharaohs dans un registre digne d’une sulfateuse.

Capables de produire pour leur propre compte des barillets à munition tels que leur EP Fuck U, leur premier LP Just Listen ou le Famas de Crown Pieces To The Puzzle, la maison Grim Reaperz est donc des plus respectables pour tout commando ou révolutionnaire ayant besoin d’armement à la hauteur de leurs causes ou contrats. Comparables aux frères Orlov, les hommes fournissent toujours les plus offrants sans regarder les étiquettes, tout en garantissant un niveau de force de frappe de haute noblesse. Pas non plus aveugles, les Grim Reaperz ne s’amusent pas à tracter avec n’importe quel idéologiste ou ersatz de Rambo du dimanche, la qualité doit se trouver des deux côtés, pro business as usual. Cette année, leur nouveau client se nomme Emcee Killa, l’opération porte le nom code de Zapatista, tout un programme.

Issu des quartiers sensibles de Londres, Emcee Killa fait partie de ces militants révolutionnaires prêts à en découdre par le sang et les actions clairement non-pacifistes. Rodé à la guérilla urbaine via son groupe Caxton Press dont l’opération Shame The Devil en 2012 avait déjà fait parler d’eux, Emcee Killa est aussi adepte des opérations solos via ses albums Mind A Tehranist et Next Level Concepts. Connu pour mettre plutôt deux pieds dans la gueule que pour prôner l’amour et la paix, les adeptes des lancers de fleurs et autres sittings de hippies anorexiques à barbes de bûcherons devront mieux passer leur chemin et aller directement à la case To Pimp A Butterfly.

Loin d’être un soutien à l’actuel premier ministre, prônant le renforcement des mesures sociales outre-Manche et les réformes par le feu, Emcee Killa s’est donc remis en contact avec ses anciens associés Grim Reaperz afin de fournir assez de munitions pour mener à bien la première phase de sa révolution Zapatiste et foutre la merde en cette année d’élection générale. Une phase rapide et qui devra faire assez de dégâts pour marquer les esprits, et démontrer qu’une autre voie au libéralisme anglo-saxon est possible, tout en pissant sur la tombe de la Margareth. 11 shots to kill en 40 minutes, le plan ne demande pas de complexification, mais une fluidité à toute épreuve. Une mission à laquelle les Grim Reaperz sont rompus depuis un bon moment, puisque que les mots qualité et performance sont gravés sur chacune de leurs cartouches.

Pour les cargaisons de bastos et explosifs, pas de soucis, mais encore faut-il que le tireur aie l’habilité demandée pour que l’attaque soit une réussite à tout niveau. Pas forcément exposé comme les Melanin 9, Cyrus Malachi, Lewis Parker ou Rhyme Asylum, Emcee Killa prend ses racines parmi ces MC’s soldats formés dans l’underground, loin de la lumière, et agissant de nuit. Rompu aux techniques de combat au mic, capable de placer ses lyrics sur tout type de blindage, Emcee Killa se lance dans son opération avec deux issues : la réussite ou la mort, aucune rémission possible à ce niveau, de quoi contenter les Grim Reaperz dans leurs opérations clandestines.

L’opération, sous forme d’album, a pour but d’immobiliser et de détruire les certitudes de l’auditeur, puis de leur reconstruire une vision alternative à la réalité d’aujourd’hui, pauvres cerveaux malades que nous sommes. Pas de promesse d’un lendemain sous le soleil, mais une lutte pour sortir d’un style de vie trop hard (Captain’s Voyage sur un sample très bien travaillé et renvoyant aussi au morceau Sentier Lumineux de Kheops sur Sad Hill Impact). Pas de faux rythme, on attaque directement aux explosifs sur une intro à faire jalouser les Snowgoons avec toute l’intelligence de placement de Emcee Killa qui rassure de suite et met de côté toute incrimination de révolutionnaires en carton.

ReapHit Emcee Killah Crown Zapatista 3

Du côté Grim Reaperz, on sort les armements maison, sans surprise, certes, mais avec un ratio éclatage de rate à la première rafale proche du 100%, du piano crasseux sorti des entrailles de la terre comme une bonne vieille mine antipersonnel (Diablo, Bridge The Gap, Shame) à la grosse boucle ayant les mêmes caractéristiques que le débit d’une Ak-47 (Penny 4 The Guy, Lost Property), les marchands de beats armés continuent à arracher les oreilles sans anesthésiants, proposant même des sessions de corps à corps façon Splinter Cell avec finition au couteau cranté (Its So Hard, Shame), histoire de bien dé-boyauter l’ennemi capitaliste.

Dans la lignée de la nouvelle génération de MC’s d’outre-Manche, qu’ils soient révolutionnaires ou marchant à l’argent comme les mercenaires, Emcee Killa amène son style, rappelant qu’en Europe, la France est loin d’être la Mecque du rap. Éduqué dans les factions de l’armée zapatiste de libération nationale au Mexique, le rappeur est revenu sur son île d’origine pour miner les fondements de la City et foutre la merde dans les esprits trop capitalistes de ses concitoyens, mais aussi de tout auditeur averti. Une profession de foi en quelque sorte, qu’il délivre avec brio dans ses titres mélangeants toujours sa vision révolutionnaire à une mise à l’amende réglementaire (Sick Syllables), mais aussi, dans des textes plus techniques en tant qu’adepte de la métaphore, s’attaquant au diable que sont nos gouvernements occidentaux corrompus (Diablo) ou plus direct dans une vision sociale complètement en désuétude (Shame).

Fidèles à leur réputation, les Grim Reaperz viennent fournir l’arsenal d’Emcee Killa. Peu regardants sur les motifs, mais avertis sur la technique de combats des MC’s, les marchands d’armes auditives continuent à faire leur chemin sans déroger à leur style et à la qualité de leurs matériels. Emcee Killa a donc de quoi rendre l’opération Zapatista à la hauteur de ses ambitions, sans oublier que le succès de cette opération repose aussi sur ses propres skills et de son approche de la guérilla urbaine sans concession. Un projet qui ne laisse aucune place à la paix ni à une trêve, et que l’on ne peut que conseiller à tous les adeptes de rap révolutionnaire dans la grande tradition de Paris depuis son The Devil Made Me Do It de 1990.