Emission du 25 Mars

La dernière émission fût des plus relevés en matière de Rap x Sport x Politique avec un invité de marque, notre bon ami Olivier Jacques, expert en fiscalité, venu nous partager ses analyses du récent et petit rapport du fiscaliste Luc Godbout d’environ 600 pages, scrutant la fiscalité québécoise.

JF Harvey et LD Boulard se joignent à lui pour discuter de l’anarchisme, lançant la question cherchant à savoir si cet approche est réellement un outil essentiel afin de préserver un État-Providence fort.

Côté Sport ça jacasse NFL et du controversé cas Adrian L. Peterson et de son actuelle situation chez les Vikings Minnesota : un divorce souhaité mais impossible?

Ne manquez pas le dernier segment humoristique alors qu’on se pose la question suivante : Certaines séries télé vont-elles trop loin au niveau « graphique »?

En Rap : Notre DJ Ricky-Des-Neiges, exilé à Bruxelles, nous a soumis, fidèle à ses habitudes, une playlist internationale des plus chinées avec son lot de nouveautés avec : le producteur Marcus D, Sentin’l feat. Lomepal, Ultra Magnus & DJ SLAM!, Backburner, la rumeur, The Mouse Outfit, le jeune emcee de Boston G.O. accompagné des vétérans de la même ville Reks & Akrobatik, Riski (Metek) chez Bad Cop Bad Cop, Chacalcolik, Fonik de Le Gouffre pour la compilation #2 de Le Bon Son / lebonson.org, Rapper Big Pooh & Apollo Brown à la prod, et finalement Nedoua & Dj Rolex.

Playlist :

Marcus D – Trophy ft. Blu (The Lone Wolf LP)
Sentin’l – À Défaut ft. Lomepal (Entre Parenthèse)
Ultra Magnus & DJ SLAM! – Rock The Mic ft. Mo Littles & Dynamic (The Raw)
Backburner – Death Defy ft. Chokeules, Timbuktu, MisterE, Wordburglar, More Or Les, Jesse Dangerously & Ghettosocks (Eclipse)
La Rumeur – La Mélodie Des Mortiers (Les Inédits Vol.3)
Heart Streets – Keep It Together (Single)
Jibré – Brocoli & Chocolat Remix ft. L’Enra-G, Solitaire & Suspek-t (Berserk Vol.2)
inCUBAtion – La Distance (inCUBAtion)
Les Gens d’Air (Aspect Mendoza & Cotola) – Les Gens D’Air (EP à sortir)
The Mouse Outfit – Up To Scratch ft. Dr. Syntax (Step Steadier)
NEM (of Just Cracking Records) – Vox Populi (Ligne De Fuite)
Monk-e – CASHDOWN (Esclavage, Exode & Renaissance (à sortir))
G.O. – Tune With The Real (Feat. Reks & Akrobatik) (Throwaway Diamonds EP)
Riski – Fuego (Matière Noire)
Chacalcolik – École Buissonnière (La Naissance)
FONIK – Chroniques D’Autiste (Compilation Du Bon Son #2)
Rapper Big Pooh – How I Move ft. Eric Blakk Soul Keith (prod. Apollo Brown) (Word Paint Pictures)
Nedoua & DJ Rolex – Biograff (Karmonia)
Les Ambassadeurs – Observe (Expansion)

Rencontre avec Iltika

Cette semaine la Sweet Caroline reçoit un groupe unique en son genre : Iltika. Le bassiste Flo et le chanteur/Mc Sidi M N’Aim partagent avec nous pendant plus d’une heure leur vision de la musique. A l’occasion de la sortie en Février de leur deuxième album « Hybride », les deux membres du groupe reviennent sur le début du Rap à Dijon, leur parcours fait de rencontres multiples.

Les Grésilles, les Festivals, les concerts… Hybride, un titre à l’image de la proposition sonore ; aucune étiquette n’est possible et l’évolution de ce groupe ne laissera personne indifférent. Nous aurons l’honneur d’entrer dans leur univers grâce au live a cappella de Sidi en fin d’émission. Un moment agréable entre humour, sincérité et mélancolie… sinon toi t’as une copine?

2T3M – Les Rimes Interdites de Phases Cachées

Phases Cachées n’est plus a présenter, tant le groupe est habitué de nos colonnes. Il faut dire qu’on l’aime notre éclectique trio parisien, depuis qu’on les a découvert sur Phases B il y a maintenant quelques années. Depuis, la machine s’est accélérée. Un premier album studio, trois mixtapes, et un nombre incalculables de scènes calcinées, auront suffit pour que le gros, le maigre et le chevelu s’imposent auprès des aficionados du genre.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils sont nombreux ! Car oui, les mecs ont une fanbase, une vraie. Et un public large et éclectique, glanés sur scène, en premières parties de Danakil ou Oxmo Puccino. Une alchimie évidente entre Cheeko, D’Clik et Volodia pour une combinaison qui fonctionne et envahit doucement les écouteurs de milliers de francophones.

Après nous avoir fait patienter l’année dernière avec un Phases B Vol.2 des plus remarqués, Phases Cachées est de retour en ce début d’année avec un deuxième album studio terriblement efficace : 2T3M. Car ne vous y trompez pas ces trois là ne « sont pas en train de percer, ils prennent forme ». Parfaitement mis en valeur par les productions d’un Blanka au top de sa forme, les bougs s’amusent tout au long des 15 titres et interludes du projet à développer leur complémentarité tout en accentuant leurs spécificités.

Taillé pour la scène, le projet se révèle d’une musicalité exemplaire. On retiendra les lignes de chant de D’Click très réussies, une présence de Volodia plus importante que sur les précédents projets, et la nonchalance d’un Cheeko toujours aussi plaisante. Survolant sa génération, le groupe se permet même une gentille pique à la concurrence avec un interlude décalé : « Rimes Interdites »

Comme chez ReapHit, nous sommes tout aussi taquins que généreux, nous vous proposons, à l’occasion de la sortie de 2T3M, de prendre Phases Cachées à son propre jeu, et de braquer la banque.

Sur le concept du morceau « La Rime Interdite » , c’est à vous, chers internautes, de vous armer de pioches et lampes frontales, pour chiner dans l’intégralité de la discographie de Phases Cachées, les rares rimes qu’ils n’auraient (peut être) pas du écrire.

Si vous êtes un peu lent, ou tout simplement tatillon, nous rappelons qu’une rime interdite est une rime ou assonance à la simplicité exagérée, évidente et peu fine, qui même si elle semble sonner, est en réalité cramée. Exemple type : Désarroi/ Déjà Roi.

C’est avec une bonne dose d’auto dérision que Cheeko, D-Click et Volodia sélectionnerons eux mêmes les meilleurs (et donc les pires) de leur rimes, afin d’élire les gagnants. N’hésitez pas à être original et à fouiller dans toute la discographie du groupe. A la clef  :

Le 1er : 1 vinyle + 1 CD dédicacés + 1 T-shirt
Le 2ème : 1 Cd dédicacé + 1 T-shirt
Le 3ème : 1 CD dédicacé.

Pour participer, brandissez le pouce sur le Facebook de ReapHit, puis partagez ce post en mode PUBLIC, en y ajoutant la rime interdite que vous aurez choisi, suivi du titre du morceau dont elle est extraite. Sur Twitter, suivez le fil ReapHit et retweetez ce tweet, puis mentionnez @reaphit @PhasesCachées #RimesInterdites suivi de la rime que vous aurez choisi.

Résultat le 11 avril, bonne chance à tous et toutes !

Chronologie d’un sample // The Ballad Of Casey Deiss

Pour ceux qui ne le savaient pas encore, le « sampling » ou l’échantillonnage est une activité courante et bien ancrée dans les fondements de la culture hip-hop par la reprise d’un extrait musical, réutilisé souvent en boucle, dans une nouvelle composition musicale. Faire du nouveau avec du vieux, d’où la bien pertinente « quote » du rappeur/DJ américain et pionnier de cette culture, Grandmaster Caz, dans le documentaire Something from Nothing : The Art of Rap (2012) :

« Hip-hop didn’t invent anything. Hip-hop reinvented everything ».

Cette phrase en dit long et sous-tend cette caractéristique primordiale de tout bon producteur qui se respecte, soit qu’il est un amoureux de la musique. Alors que les ghettos new-yorkais vivaient de misère, faute de ressources, les producteurs américains vivaient celle-ci d’amour et d’eau fraîche, sans argent, mais avides de création. Obnibulés par la musique noire américaine et s’inscrivant dans la continuité de celle-ci, les producteurs vont poursuivre l’ingénieux travail de DJ Kool Herc, le créateur du breakbeat, du début des années 1970, et creuserons dans le jazz, la soul et le funk afin de créer leur propre sonorité hip-hop via leurs choix de samples. Cette pratique a bien évidemment évolué et s’est popularisée, pour se traduire en la recherche de samples inutilisés par d’autres artistes du même genre. Toutefois, leur meilleur ami, leur référent ; WhoSampled, ce site internet et base de données présentant à ses utilisateurs-participants les différents samples déjà utilisés en les comparant toujours avec la version originale, n’a vu le jour qu’en 2008 à Londres. L’Internet n’étant pas à l’époque ce qu’il est aujourd’hui, ce manque a certainement dû contribuer à la reprise, sans le savoir, de mêmes samples, parfois de la même manière, à quelques différences près.

C’est dans cet optique que ReapHit te fait découvrir aujourd’hui un sample utilisé par rien de moins que cinq groupes américains de rap underground. Des titres sortis chronologiquement, à une année d’intervalle pendant cinq ans, de 2002 à 2006.

SHAWN PHILLIPS – THE BALLAD OF CASEY DEISS

Retournons 45 ans en arrière pour y ressortir l’un des plus grands succès de l’auteur-compositeur-interprète et guitariste, Shawn Phillips : The Ballad Of Casey Deiss. Le toujours vivant musicien de folk-rock, reconnu pour son registre vocal de plus de quatre octaves, a définitivement séduit nos quatre producteurs rap avec cette mélodie lente et enivrante dès les premières secondes de la version originale, ce même pincement de cordes continuel à la sonorité aiguë, efficace et simple à échantillonner en boucle. Ce genre d’assonance prise entre deux chaises, entre mélancolie et espoir.

PLAYDOUGH – YOU WILL LISTEN (2002)

Un des nombreux membres en règle du super groupe Deepspace5 et du duo Ill Harmonics durant les années 2000, le texan Playdough ou Play-Doh, sorti de l’ombre en solo avec cet affirmatif You Will Listen, l’intro de son tout premier album Lonely Superstar. C’est par sa voix nasillarde et l’effet d’écho ajouté à celle-ci que le rappeur se vit poser les bases de son rap chrétien sur un copier-coller de la fameuse boucle acoustique de Shawn Phillips. Ligne de basse synchronisée au rythme de la boucle, l’ajout subtil d’un cinq notes aigu de guitare électrique vers la fin de chaque mesure, un « kick snare hi hat » classique, le « Ballad Of Casey Deiss » venait de subir sa toute première métamorphose. Il n’y a pas de doute, cette mélodie inspirait déjà ceux qui voulaient passer un message d’intérêt,  jouant dans la croyance et la spiritualité.

CYNE – FIRST PERSON (2003)

Le groupe floridien Cyne (Cultivating Your New Experience) et son harmonieux First Person tiré de leur premier album Time Being en 2003, est une autre preuve que la boucle The Ballad Of Casey Deiss soit une incontournable afin de poser des textes positifs, aux références politiques, religieuses, philosophiques, remplies d’espoir. Inspiré des œuvres du grand philosophe du siècle des Lumières, Jean-Jacques Rousseau, le quatuor Cyne motivait ses auditeurs, à la fin d’un morceau à la boucle accélérée et alimentée par l’ajout de deux échantillons (ligne de xylophone et chant mélancolique) tirés de la version originale, par une phrase expliquant tout le sens du morceau :

« Educated gifted minds shine throughout the ignorance, we thirsty. ».

 

 THE LOYALISTS – WASH (2004)

L’année suivante, dans la Bay Area de San Francisco, un jeune trio réitéra ; The Loyalists, formé d’emcee Framework, le DJ/producteur E-Train et l’emcee/producteur Touch Phonic. Ces derniers auront connu un premier succès mitigé dans ce petit monde peu médiatisé du rap underground de l’époque, avec un premier album maitrisant les rythmes et les refrains accrocheurs guidés par un rap inspiré du golden era, ce skeud portant bien son nom : MoodswingThe Loyalists se sont, à leur tour, laissés emporter par ce tourbillon, cette fameuse boucle de Shawn Phillips avec le très propre titre Wash. Les détails simplistes ajoutés à la fameuse boucle, discrètement accélérée pour l’occasion, jouaient dans l’efficacité avec ses roulements de tambour, cette sonorité de distorsion synthétique vers la fin du sample, qui faisaient tous deux croisière avec cette empilade de métaphores alliant introspection et monde aquatique :

« All hands on deck in the fishbowl
Knowing it’s always staying wet in the fishbowl
There’s decisions which aren’t kept in the fishbowl
The fishbowl of thinking wishful »

 

THE CHICHARONES – BREAKING POINT (2005)

Le point tournant, c’est définitivement cette reprise reproduisant l’ambiance globale (boucle incluse) du morceau The Ballad Of Casey Deiss sur le tout premier album studio du duo américano-canadien The Chicharones formé de Josh Martinez d’Halifax, fondateur du label Camobear Records, et de Sleep de Portland, l’un des membres fondateurs du super collectif à 20 têtes; l’Oldominion Crew. Fait étonnant; le duo a fait tabac seulement cinq ans après la sortie de When Pigs Fly en 2005 grâce au titre Little By Little, courtisé à paraître sur la bande sonore du jeu vidéo NBA 2k11 de 2K Games, le titre « Breaking Point » pour sa part, produit par Earthfire music et Vertigo, frappait fort avec sa formule adaptée à un public plus large. Ajout d’une sonorité constante de distorsion de guitare en arrière-plan, sifflements, des percussions de batterie en intermittence, tous ces éléments savaient alimenter avec succès le chanté copieux de la version originale de Shawn Phillips. L’alternance mélodique entre le rap, les phases et les refrains chantées, dans un registre pop risqué pour un groupe indépendant de rap underground. Sleep et Josh Martinez ont toutefois visé juste, se permettant même d’imager ce « point tournant », mettant en scène ce cowboy pressé de son propre gré, en cette journée, par l’examen introspectif de ses accomplissements de vie, où les questionnements ne cessent de se succéder :

« I don’t know all of the details of the day
But I felt that it wouldn’t be wrong to bow my head and pray »

 

CUNNINLYNGUISTS – REMEMBER ME (ABSTRACT/REALITY) (2006)

Cinq ans après la sortie d’un des grands classiques du rap underground américain ; Will Rap For Food, les linguistes rusés du Kentucky nous avait offert un troisième et solide opus A Piece Of Strange, un album aux samples très variés dans les genres, comportant cette reprise instrumentale gracieuseté Kno de la fameuse boucle de Shawn Phillips. On pouvait y entendre dès les premières secondes ce délire imaginaire :

 « The abstract has become the reality »

Le tout alimenté par les percussions et cette ligne de xylophone reprise de sa version originale, cette juxtaposition des deux samples « flippés » de la même manière que la version de Cyne avec leur First Person présenté ci-haut.

Il n’y a pas de doute, The Ballad Of Casey Deiss inspirait. La mélancolie, l’espoir, le pessimisme, la positivité, la spiritualité, la religion, la croyance, le politique, la philosophie, l’introspection, la remise en question ; c’est cette averse de thématiques prouvant, année après année par son évolution, que la boucle enivrante de Shawn Phillips a définitivement su mettre à profit et motiver la jeune créativité de ces rappeurs et producteurs revendiquant un rap consciencieux, guidant leurs premiers pas dans l’industrie du rap underground américain.

Enfin, petit bonus avec ce remix de 2010 par Bolo du morceau Lumiere des américains Blue Scholars.

MC PINTY + GRÜNT + TONTONS FLINGUEURS @ Petit Bain

A Petit-Bain le 3 avril 2015, MC Pinty, jeune rappeur du sud de Londres viendra pour sa première date à Paris nous dévoiler Midnight Moods, sa première mixtape réalisée en étroite collaboration avec Archy Marshall (aka King Krule) et le beatmaker Maxwell Owin qui l’accompagnera sur scène. Ont été invités à l’événement ceux qui, pour beaucoup, vous l’ont fait découvrir : Grünt. Accompagnés de leurs platines ils livreront un set axé sur le rap britannique et son florilège de jeunes talents. Enfin la soirée sera aussi l’occasion de donner l’opportunité aux Tontons Flingueurs de présenter eux aussi leur première mixtape LDA9Q, dont on vous avait parlé ici. Les Tontons Flingueurs, jeune groupe de rap parisien, puis Grünt pour un DJ set 100% british, et enfin MC Pinty et son DJ Maxwell Owin : vous l’aurez compris, la soirée sera jeune, à l’accent britannique et des rimes plein le cartable. Et on vous file des places ! Avant cela, petite présentation traditionnelle des artistes.

MC PINTY

MC Pinty est un jeune rappeur et beatmaker du sud de Londres dont le premier album Midnight Moods, sortira début mars. Il a eu la bonne idée de s’acoquiner avec une bande d’artistes dont font partie, entre autres, King Krule, Jamie Isaac, Jadasea, ou Rago Foot, qui depuis quelques années inondent allègrement le web de leurs morceaux. En live, il est accompagné par le DJ Maxwell Owin qui est derrière bon nombre des instrumentales de la troupe grâce à univers atypique. Il a aussi su faire preuve d’un véritable talent pour les prestations live lors des nombreux concerts que nos deux anglais ont donné ensemble à Londres.

GRÜNT

Grünt est une « nébuleuse culturelle », un collectif d’artistes et de journalistes en partenariat avec Nova. C’est surtout par le format vidéo que Grünt traite du hip-hop sous toutes ses formes. Ils ont en effet permis à de nombreux rappeurs et beatmakers de se faire entendre dans leurs freestyles devenus incontournables : Caballero, Lomepal, JeanJass, 1995, Espiiem, Georgio ou encore Les Sages Poètes de la Rue s’y sont distingués. Dans le 16ème, c’est MC Pinty, Rago Foot, Jadasea et Rejjie Snow qui sont venus rapper sur les instrumentales sélectionnées par Myth Syzer. Ce freestyle a été pour beaucoup l’occasion de découvrir ces nouvelles têtes du rap anglais. Mais Grünt, c’est aussi de fins DJ’s qui ont organisé de nombreuses soirées sur Paris, et qui viendront au Petit-Bain vous faire découvrir ou re-découvrir les meilleurs sons du rap britannique.

LES TONTONS FLINGUEURS

Enfin, les Tontons Flingueurs sont un groupe de 10 MC’s principalement originaires de Paris Est. Pas de guerre de clan, mais l’esprit du collectif ; pour beaucoup, ils sont amis d’enfance, et le groupe s’est monté il y à 2 ans après un freestyle à RDBS Radio. Les Tontons, de par la variété de style des MCs est un complexe assemblage d’influences américaines, britanniques et évidemment françaises, allant de la rue aux classiques. LDA9Q  aka Le Démon À 9 Queues, leur premier album est sorti le 22 février. En écoute et en téléchargement gratuit sur le site de Haute Culture, il s’est retrouvé sur le podium du top en quelques jours. Un premier projet, c’est toujours un palier de franchi, nos Tontons sont maintenant bien déterminés à se faire leur place, et viendront se présenter en début de soirée.

Pour l’occasion, ReapHit vous fait gagner un lot de 2 places, à remporter par tirage au sort. Pour participer, brandissez le pouce sur le Facebook de ReapHit, puis partagez ce post (partage PUBLIC). Sur Twitter, suivez le fil ReapHit et retweetez ce tweet. Tirage la veille de l’event, bonne chance à tous et toutes !

Infos pratiques :

Vendredi 3 avril – 19h

Petit Bain - 7 Port de la Gare, 75013 Paris

10 – 13 € / Achetez vos places en ligne

OLIGARSHIIIT & DUST DEALERS @ La Scène du Canal

Les soirées Premix ; cette série de concerts printaniers de rap alternatif français que nous propose, dès le 11 mars La Scène du Canal/Jemmapes, où se produiront en concert Ayenalem (11 mars), Pumpkin & Vin’S da Cuero feat. DJ Lyrik (25 mars) et Lautrec (8 avril).

1er avril, date fatidique du calembour, c’est au tour des trois rois du groupe parisien Oligarshiiit, de vous cuisiner leur poisson sur scène. Les trois emcees hyperactifs Enz, Tedji & Doods vous propose en cette journée humoristique ce qu’ils font avec brio depuis plus de 10 ans : un rap positif et fidèle à ses valeurs de base, peace, love, unity and havin’ fun! Pour l’occasion, le trio sera accompagné des musiciens du groupe d’experimental soul parisien GROOVANOVA, un événement live à ne pas manquer!

La première partie sera assurée par leurs deux amis, les Dust Dealers. Cette nouvelle boutique antique de musique située à l’intersection entre le jazz et le hip-hop, conservée avec soin par deux mélomanes, amoureux du vinyle, Oldy Clap Recordz et DJ Skandal (DJ aux scratches incisifs d’Oligarshiiit). Il s’agira du tout premier concert des Dust Dealers sur le vieux continent, alors qu’ils avaient brisé la glace lors de leur passage à Montréal en octobre dernier aux côtés d’Oligarshiiit.

Les deux comparses partageront au public quelques titres de leur premier projet éponyme « Dust Dealers » sorti le 9 février dernier. L’unanimité pour ce projet instrumental est au rendez-vous depuis sa sortie alors que les articles positifs pleuvent à son sujet, se voyant chroniqué par plusieurs webzines dont Cultiz, Mood Of The Day, Le Gros Tas De Zik, Les Échos Du Hip-Hop ou l’Abcdr du Son. Pour voir notre contribution chez ReapHit, c’est par là.

SCOOP : le concert Oligarshiiit & Dust Dealers vous offrira en exclusivité quelques extraits live de l’éventuel projet Tedji & Dust Dealers, à ne pas manquer!

Pour l’occasion, ReapHit vous fait gagner un lot de 2 places, à remporter par tirage au sort. Pour participer, brandissez le pouce sur le Facebook de ReapHit, puis partagez ce post (partage PUBLIC). Sur Twitter, suivez le fil ReapHit et retweetez ce tweet. Tirage la veille de l’event, bonne chance à tous et toutes !

Infos pratiques :

La Scène du Canal, 116 quai de Jemmapes, 75 010 Paris (Métro Gare de l’Est)
20h /10€ / 8€ tarif adhérent CRL10
Page Facebook de l’event

L.O.A.S // NDMA – Récit d’une initiation manquée

Je ne sais plus combien de temps j’ai marché dans cette forêt, mais le poids de mes jambes m’indique que cela a du durer plusieurs heures. Je n’ai plus aucune notion du temps. Je ne sais pas où je suis, ni même qui je suis. Tout ce que je sais, c’est que je suis devant ce club, parmi une faune de gens qui semblent tout aussi paumés que moi. L’enseigne verte de la boîte clignote et se reflète sur les arbres : nDMA. Je fais patiemment la queue en observant les variations de lumière provoquées par les néons, puis arrive finalement au niveau du videur. Il me regarde et me fait signe d’ouvrir la bouche. Il y dépose un cachet violet. Je l’avale. Il hoche la tête et m’indique un escalier du doigt, sans dire un mot.

Niveau -1 : A peine franchie la porte du club qu’une violente montée d’adrénaline me saisit. J’ai besoin de me défouler. Visiblement, la foule semble être de mon avis. Les murs deviennent fluorescents, et les angles de la pièce trouvent des angles irréels. Un pogo général se déclenche, certains vont même jusqu’à danser avec les murs, mais ils ne semblent pas en souffrir. En quelques minutes, je passe par plusieurs états d’esprits, mais toutes ces pensées ne me mènent qu’à une envie : celle d’évacuer mon trop plein d’énergie. Ce rush d’adrénaline est intense mais s’éteint rapidement. La première vague est passée, le produit est assimilé : je décide d’aller voir à l’étage inférieur.

Niveau -2 : L’ambiance semble beaucoup plus calme ici. Les murs sont matelassés, tout le monde porte du blanc. Je baisse la tête pour vérifier la couleur de mes vêtements : visiblement, je n’y ai pas échappé non plus. Je me dirige vers le comptoir, la barmaid est vêtue comme une infirmière. Je commande un shooter, qu’elle me sert à partir d’une seringue. Je l’avale rapidement et me retourne. Une personne détonne parmi la foule : cette fille vêtue d’une robe noire, et d’un pendentif en forme d’Ichtus. A peine l’ai-je remarquée que mes yeux ne peuvent plus se décoller d’elle. Elle m’inspire une peur injustifiée, me rappelle de bien mauvaises sensations. Quelques secondes de plus, et je risquerais de retrouver la mémoire. Une seule solution pour éviter la désincarnation : la fuite en avant. Niveau suivant.

Niveau – 3 : Les choses sont plus saines ici. La décoration est bariolée mais harmonieuse. Mes compagnons de voyage se reposent et méditent au son d’un sitar. Les idées fusent dans ma tête, je n’ai pas le temps de développer une idée que je suis déjà passé à la suivante. La vérité semble se trouver dans ces flashs éphémères. Je sens que le sol s’affaisse tout autour de moi, tandis que mon coin de plancher s’élève. Le monde est immobile et j’ai la sensation que c’est moi qui distribue les cartes. Moi qui jongle avec les idées. Moi qui décide des mouvements de la foule. Les gens m’ennuient ici, et je décide d’aller exercer mon nouveau pouvoir ailleurs.

Niveau -4 : A peine arrivé à destination, que je suis déjà passé à autre chose. La fête semble toucher à sa fin ici, ne reste plus que les gens dopés aux meilleures substances sur la piste. Le long des murs, un certain nombre de clubbers sont affalés, l’air bien entamé. Je saute au milieu de la foule, tente vainement de danser avec les filles qui paraissent les plus inaccessibles, par pur goût du défi. Je ne pense plus qu’à la chair, je ne veux plus rentrer chez moi. Comme dirait l’autre, je veux niquer tout ce qui bouge. Pour oublier. Quelques minutes de triste défoule, un passage par les toilettes avec cette fille… Je ne sais plus si je trouve ça beau ou déprimant, et je passe à l’étage inférieur.

Niveau -5 : Je m’approche de la nouvelle pièce puis m’arrête sur le perron. Elle ressemble à un purgatoire urbain, entièrement bétonnée et bourrée de symbolismes étranges. Je franchis finalement la porte qui se referme derrière moi. Les caméras de surveillance se braquent sur moi. Je m’assois sur un des bancs en cherchant à avoir une vision d’ensemble. Un vieil homme barbu est assis à mes côtés. Il me chuchote à l’oreille qu’il est ici depuis des années, mais qu’il n’a toujours pas trouvé la réponse. Une horde de paumés traînent dans tous les coins de la pièce, certains font les cent pas, d’autres sont recroquevillés sur eux même. Les heures passent et je finis par accepter mon destin. J’accepte ma propre perte, ma haine et mon amour, ma rancune et mon envie de pardon. Mes paradoxes s’unissent et je ne fais plus qu’un. La porte s’ouvre pour moi et je ressors.

Niveau -6 : Des néons bleus ciels. Une seule personne dans cette salle. C’est cette fille que j’ai connu. Très bien connu même, avant que les choses ne dégénèrent. Elle porte un t-shirt blanc sur lequel se reflète les images des moments qu’on a passé ensemble. Son regard est humide. Les choses se dérèglent peu à peu, et aux images de joies, viennent se superposer celles d’aigreur et de tristesse. Les néons bleus virent peu à peu au rouge, et le regard de la fille évolue vers la haine. Un couteau apparaît dans sa main, elle se précipite sur moi. J’attends sans sourciller, mais au moment où le couteau du me traverser, l’image de la fille et de son arme disparaissent. Il ne reste plus que moi, face à l’avenir. Je descends.

Niveau -7 : Je tombe nez-à-nez avec un vieil ami : Hyacinthe. Il n’y a que lui, moi, et nos fantômes dans la pièce. L’obscurité est quasi totale, seules quelques bougies sont allumées. Le mimétisme est immédiat, on est toujours sur la même longueur d’ondes. On échange sur nos problèmes personnels pendant que les fantômes tentent vainement de nous distraire. On les prend à parti en se moquant d’eux. L’opposition par le rire est toujours ce qui nous fait survivre. Après avoir vidé mon sac, je quitte Hyacinthe et poursuit ma route, non sans promesse d’une future réunion.

Niveau -8 : Les lieux sont remplis de miroirs. Chacun d’entre eux me renvoie le reflet d’un de mes alter-ego. Je les contemple un à un, à la recherche de mon vrai visage. Tous mes masques sont présents, certains me saluent de l’autre côté, d’autres me narguent. Je recherche ma vraie face pendant quelques minutes. Elle m’apparaît soudainement, mais je ne peux la contempler : un flash de lumière se répercute sur le miroir et je suis peu à peu envahi par d’étranges acouphènes. Peut être est-ce mieux ainsi …

Niveau -9 :  Toujours personne ici. Le plafond de la pièce est rempli d’étoiles, on y voit même les différentes planètes du système solaire. Je m’allonge par terre pour contempler. Par l’esprit je parviens à déplacer les différents éléments. Je m’amuse à écrire mon propre pseudo avec les étoiles. Je crée des formes abstraites, des symboles religieux. Cela me détend pendant un moment et me permet de commencer à faire le point. Sentant que cette période à durée assez longtemps, je quitte les lieux.

Niveau – 10 : La musique d’une de mes chansons mélancoliques préférée résonne dans la pièce. Cela a quelque chose de reposant. Je suis toujours seul. Soudain, la musique se retourne et défile en mode rewind, comme si elle me forçait à faire le point, à revenir sur mon vécu. Je pense à ma solitude, au destin, à la mort, à tout ce qui m’est arrivé ces derniers mois. Je me sens à côté de mon corps, et me contemple de l’extérieur lorsqu’une phrase traverse mon esprit : « Car si on va tous crever, combien auront vraiment vécu … ». Ces quelques mots défilent en boucle dans mon esprit. Ma respiration s’accélère.

Je décide de ressortir et remonte quatre à quatre les dix étages. Je sors du club et cours au travers de la forêt. Je fonce au travers des arbres et continue ma course jusqu’à n’en plus pouvoir. Je m’effondre à genoux dans la forêt, désespéré. J’entends quelques bruissements de voix au loin et retrouve espoir, la civilisation semble proche. Je me relève et, guidé par les voix, me traîne jusqu’à la terre promise. J’écarte les dernières branches d’un revers de main et constate que je suis encore au même endroit, comme si cette forêt n’avait qu’un seul débouché. C’est le même club, le même videur, la même foule. Je n’ai pas encore trouvé la réponse.

Menage de Printemps

Comme tout le monde, à l’arrivée du printemps on fait le ménage. On fait le bilan des nouveautés qui squattent notre disque dur et on trie. On garde que ce qui pourrait nous servir, ceux qu’on écoutera tout en se prélassant nu dans un champ de jonquille.

MC’s ou beatmakers, des artistes comme ALI, Rodney Hazard, Lalcko, Shyler Chaise et beaucoup d’autres nous accompagneront donc dans ce chemin vers l’été.

Et les acariens n’avaient qu’à bien se tenir….

Emission du 18 Mars

Cette semaine chez les Impromptus, une émission presque 100% sérieuse alors qu’on débute avec une discussion à propos de Pierre-Karl Péladeau. Environ 5 mois après son entrée dans la course à la chefferie, plusieurs restent sur leur faim quant à la vision d’ensemble de PKP pour le Québec. A-t-il l’étoffe d’un premier ministre? Réussira-t-il à nous sortir autre chose que la cassette du politicien?

On discute ensuite du Parti Conservateur du Canada et de Stephen Harper. Plus de prisons, plus d’intransigeance envers les criminels, moins d’ouverture aux réfugiés et maintenant ouverture au port d’armes à feu… le populisme à outrance du PCC lui permettra-t-il de remporter les prochaines élections?

On discute ensuite du CH de Montréal et de son récent passage à vide. La mauvaise fin de saison de l’équipe est-elle signe de séries qui seront courtes? L’équipe en place peut-elle réellement être aspirante à la Coupe Stanley? Où est notre principal problème?

On termine finalement l’émission avec une discussion quant à la démocratie étudiante. Les votes de grève sont-ils légitimes? Que penser des affirmations des carrés verts qui entendent poursuivre tout ce qui bouge pour contrer les grèves étudiantes?

En musique, notre exilé international Ricky-Des-Neiges t’a préparé un bloc dédicacé aux classiques du rap belge, sans compter les nouveautés internationales qu’il nous a déniché, avec : Action Bronson, Chacalcolik, Les Michel Chartrand (Les MC), John Robinson & Chief, Uni-Verse-Soul, Kendrick Lamar et Dernier Bastion.

Playlist :

Action Bronson – Baby Blue ft. Chance The Rapper (Prod. Mark Ronson) (Mr. Wonderful)
DL Incognito – Out Of The Box (Life’s a Collection of Experiences)
Chacalcolik – C.H.A.C.A.L.C.O.L.I.K (Introduction) (La Naissance)
Woodman – Caskets (School Of Dark Knocks)
Les Michel Chartrand – Rétroviseur (prod. Skribe)
Gandhi – Effet Boule De Neige (Le Point G (Jeux De Maux))
Scylla – BX Vibes (Immersion)
Veence Hanao – Midi Pile (Autumn Vol.1)
Convok – Lalala (Les Mots, L’Art…)
Starflam – Monsieur Orange (Donne Moi De L’Amour)
L’Hexaler – Coups Rageusement (Remix) (L’Hexalourd (Le Prologue))
John Robinson & Chief – Fitz Ella feat. Jocelyn Ellis (We The Prolific)
UNI-VERSE-SOUL – Loosing Faith (Feat. DiamondFx & Carmina) (UNI-VERSE-SOUL)
Webster – Nouvelle Époque (Sagesse Immobile)
Ben aka Lindien & Chukk James – Consensus ft. Whisper et Sliq Vicious (De Part Et D’Autre)
Arkeologists x Bobby Balkan – Mama Kin (The Beautiful Ugly)
Kendrick Lamar – Hood Politics (To Pimp A Butterfly)
Dernier Bastion – Veda (feat. Showme & Dj Fade Wizard) (Dissidence)